Janet, le "grand témoin" de LCI.fr, au moment de son vote © LCI.fr5h30 ce matin. Une très longue journée d'espoir mais aussi de stress commence pour Janet et son mari Alan. Ces New-Yorkais habitent dans le «Village », l'un des quartiers du sud de Manhattan. Afin d'éviter une longue file d'attente pour voter, ils ont décidé de se lever aux aurores et de se rendre à leur bureau avant l'ouverture officielle du scrutin, prévue à 6h à Big Apple. « Je n'ai pas très bien dormi », admet Alan. «Je suis pleine d'espoir, mais aussi très stressée. Il s'agit de l'élection la plus importante de ma vie d'adulte », renchérit Janet.
| Qui est Janet ? |
Après avoir rapidement avalé un café, le couple se rend à l'école de droit Cardozo, une annexe de l'Université Yeshiva, située à cinq minutes de pied de leur immeuble. C'est là qu'est installé le bureau de vote pour le district dont ils dépendent -au total, quatre districts votent ici. A peine entrés dans le hall, où se trouvent les célèbres machines à voter, dont certaines avaient fait scandale en 2000, première surprise : malgré l'heure matinale - il est maintenant 5h45 -, la queue est déjà imposante avec au moins une cinquantaine de personnes présentes. «C'est la première fois que je vois ça. On va devoir patienter un peu. Mais ce n'est pas très grave. Et c'est d'ailleurs très bon signe car cela laisse penser que la mobilisation sera importante », souligne Janet.
Pas besoin de signature !
Après une dizaine de minutes d'attente et alors que la file grandit derrière elle, Janet arrive devant la table que lui avait indiqué l'un des employés du bureau de vote, celle du 70e district. Mais, mauvaise surprise, son nom ne figure pas sur la liste électorale. Et pour cause : Alan et Janet dépendent du 69e district. Direction la table d'à côté pour une nouvelle attente. Vers 6h25, Janet trouve cette fois son nom sur la liste.
Et là, spécificité du système électoral américain, elle n'a pas besoin de prouver son identité, mais doit seulement apposer sa signature sur un registre. «Les employés du bureau sont censés vérifier ma signature avec celle que j'ai laissée quand je me suis enregistrée. Mais ils ne le font jamais. N'importe qui pourrait en fait voter à ma place », souligne-t-elle, un peu fataliste sur l'organisation des scrutins dans son pays. Alan est quant à lui plus catégorique : «si on envoyait des observateurs ici comme nous le faisons dans les pays du Tiers-Monde, je n'ose imaginer le résultat ». « Quand je serai à la retraite, je me porterai volontaire pour améliorer tout ça », plaisante-t-il.
"Je croise les doigts"
Quelques minutes plus tard, c'est fait. Janet et Alan ont voté pour leur candidat préféré. A priori, ils se sont bien sortis de la complexité de fonctionnement de la fameuse machine à voter. «Je ne me suis pas trompée », s'exclame Janet. « Maintenant, je croise les doigts. C'est une longue journée de stress qui m'attend », ajoute-t-elle en sortant de l'école de droit, où la file s'étend maintenant à l'extérieur. « On a bien fait de venir tôt quand même », remarque Alan.
A 6h40, le couple rentre à son domicile. Entre-temps, leur fils s'est levé et a préparé un petit-déjeuner plus copieux. Tandis que Janet monte à l'étage pour faire un peu de vélo d'appartement, Alan prend pour sa part la direction du club de gym, situé à un bloc de là. Ensuite, ils iront travailler chacun de leur côté. « Je pense que beaucoup de monde sera en retard », pronostique Janet. C'est d'ailleurs à son bureau que le prochain rendez-vous avec Janet est fixé, pour sa pause-déjeuner.
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