Barack Obama sur CBS, le 16 novembre 2008 © LCIComme prévu, Barack Obama a choisi ce week-end un fidèle, Robert Gibbs, pour être porte-parole de la Maison Blanche. Il sera épaulé par Ellen Moran, qui deviendra directrice de la communication et Dan Pfeiffer, directeur adjoint. D'autres nominations seront annoncées lundi, jour où Barack Obama présentera officiellement son équipe en charge de l'économie. D'ores et déjà, on sait que l'actuel président de la Réserve fédérale de New York, Timothy Geithner, dirigera le département du Trésor. Lawrence Summers prendra lui la tête du Conseil économique de la Maison blanche. Ces deux anciens de la présidence Clinton seront ses principaux lieutenants sur le front de la crise financière et économique.
Lawrence Summers et Timothy Geithner ont étroitement travaillé ensemble dans les années 1990, faisant notamment face à la débâcle russe et à la crise financière asiatique. Leur expérience est considérée comme un plus en cette nouvelle période de crise. Vendredi soir, les premières fuites sur la nomination de Geithner à la tête du Trésor avaient été saluées en fanfare par Wall Street, l'indice Dow Jones rebondissant spectaculairement de plus de 6%. Il leur reviendra de gérer les 700 milliards de dollars du plan de soutien du secteur financier orchestré par le secrétaire au Trésor sortant, Henry Paulson, et de peaufiner le plan de relance sur deux ans qu'Obama a esquissé samedi.
Les hommes, plus performants que les femmes
Lawrence Summers a gagné la confiance d'Obama par ses conseils dans les dernières semaines de la campagne, dominées par la crise. La crédibilité sur ces sujets de celui qui était alors le candidat démocrate à la Maison blanche est présentée comme l'un des facteurs clefs de sa large victoire face au républicain John McCain. Timothy Geithner présente lui la particularité de ne jamais avoir travaillé dans un des grands établissements financiers de Wall Street, quand son prédécesseur, Paulson, fut pour sa part PDG de la banque d'affaires Goldman Sachs avant de rejoindre l'administration Bush. Au moment où un renforcement du contrôle et de la régulation des marchés financiers est en réflexion, ce profil atypique peut être à même de rassurer. Du fait de son poste actuel, président de la Réserve fédérale de New York, il a été intimement mêlé aux plans de soutien et aux opérations financières de ces derniers mois, et sa coopération avec Paulson et le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, augure d'une transition en douceur.
Mais les deux hommes ont aussi un passif. Timothy Geithner fait ainsi partie des responsables américains qui ont décidé de ne pas se porter au secours de Lehman Brothers, mi-septembre. Contrairement à la banque Bear Stearns, dont le sauvetage avait été orchestré en mars par la Fed et le Trésor, les autorités américaines ont laissé Lehman Brothers couler et la faillite de cet établissement de première importance a sans doute été un facteur d'aggravation de la crise. Lawrence Summers a laissé lui un souvenir plus que mitigé à l'université de Harvard, qu'il a présidée un temps après le second mandat Clinton. Ses méthodes de gestion n'ont pas convaincu et il a déclenché un tollé en laissant entendre que les hommes étaient plus performants que les femmes dans le domaine des sciences...
Le point sur la (probable) future administration :
- Secrétaire au Trésor : Timothy Geithner préside actuellement la Réserve fédérale de New York et siège à titre permanent au Conseil de politique monétaire de la Fed, la banque centrale américaine.
- Secrétaire d'Etat : Citant deux de ses proches, le New York Times a affirmé vendredi qu'Hillary Clinton avait accepté de diriger la diplomatie américaine Sa nomination est "sur les rails", dit-on dans l'entourage de la sénatrice de New York. Elle pourrait intervenir après la fête de Thanksgiving, le 27 novembre.
- Conseil économique national : Lawrence Summers a été le secrétaire au Trésor de Bill Clinton dans les dix-huit derniers mois de sa présidence. Il est depuis plusieurs mois un des principaux conseillers d'Obama en matière d'économie.
- Secrétaire au Commerce : A en croire NBC News, le choix d'Obama se porte sur Bill Richardson, gouverneur du Nouveau-Mexique. Lui aussi est un ancien de l'administration Clinton, dont il fut successivement ambassadeur auprès des Nations unies puis secrétaire à l'Energie.
- Secrétaire à la Santé : Tom Daschle est l'un de ceux qui ont convaincu Barack Obama de se présenter à la présidence des Etats-Unis. Cet ancien chef de file du groupe démocrate au Sénat est un poids lourd politique, qui a siégé près de vingt ans au Congrès. C'est à lui que reviendra la tâche de réformer le système de santé dans un pays où plus de 46 millions d'habitants n'ont pas de couverture médicale.
- Conseil national à la sécurité : ce pourrait être James Jones, ancien général du corps des "marines" et ex-commandant opérationnel au sein de l'Otan, tient la corde. Cet homme qui n'a jamais affiché de préférences partisanes jouit d'un respect qui transcende les lignes entre démocrates et républicains. Le nom de James Steinberg, qui occupa les fonctions d'adjoint au Conseiller national à la sécurité de Bill Clinton, est également cité.
- Attorney General : Ancien de l'administration Clinton - il était le numéro 2 du département de la Justice -, Eric Holder a accepté la proposition de prendre la tête du département de la Justice. S'il est confirmé, il sera le premier Noir nommé à ce poste.
- Département à la Sécurité intérieure : Janet Napolitano, gouverneur démocrate de l'Arizona, semble la mieux placée. "Elle est dans les tuyaux, elle pourrait être la favorite", a dit un responsable démocrate. Cette femme de 50 ans a dirigé la justice de son Etat, l'Arizona. Elle est aussi fortement impliquée dans les questions d'immigration (son Etat jouxte le Mexique).
- Secrétariat à la Défense : Robert Gates, nommé fin 2006 par George Bush pour succéder à Donald Rumsfeld, un des architectes de l'intervention militaire en Irak, est un modéré dont la reconduction à la tête du Pentagone par Obama n'est pas exclue. Mais Chuck Hagel, sénateur républicain du Nebraska hostile à la guerre en Irak, et Richard Danzig, conseiller d'Obama et ancien secrétaire à la Marine nationale sous Clinton, sont également cités.
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