Sarah Palin. © TF1/LCIQue vont faire John McCain et sa colistière Sarah Palin après la cuisante défaite de leur ticket à l'élection présidentielle américaine ? Si l'avenir politique du sénateur de l'Arizona, âgé de 72 ans, demeure incertain, son ancienne colistière n'exclut pas une carrière politique nationale. Passée en quelques mois de l'anonymat à la lumière, la gouverneur de l'Alaska a en effet reconnu mercredi avoir attrapé le virus des grandes luttes politiques et ne s'interdit pas de se présenter en 2012 face au président sortant Barack Obama. "Je ne sais pas où je serai politiquement à ce moment-là", a-t-elle toutefois déclaré à la presse à Phoenix. Dans son discours mardi soir, John McCain l'a même clairement laissé entendre, envisageant pour sa colistière un destin "au service de l'Alaska, du Parti républicain et de notre pays".
Agée de 44 ans, Sarah Palin a attiré durant ses meetings des milliers de partisans, souvent plus nombreux que ceux venus écouter John McCain, et s'est révélée être une habile oratrice, ravivant la base conservatrice du Parti républicain. Elle a en revanche été moins performante lors de ses apparitions télévisées, à tel point que de nombreux conservateurs ont douté jusqu'au bout de ses capacités à devenir vice-présidente des Etats-Unis. Son style populaire et ses gaffes à répétition ont d'ailleurs fait le bonheur des caricaturistes, notamment celui de son "sosie" Tina Fey dans le show de NBC "Saturday Night Live". "Elle a clairement un avenir en politique nationale", analyse le stratège républicain Scott Reed. "Elle doit refaçonner les pans de son image qui sont devenus caricaturaux mais elle est extrêmement populaire auprès de la base du parti."
"Elle doit se faire réélire"
Pour l'instant, direction l'Alaska, où elle va retrouver son travail quotidien de gouverneur. "Elle aura tout le temps de déterminer sa stratégie après les vacances de Noël", a indiqué Scott Reed. L'analyste républicain Tony Fabrizio pense néanmoins que Sarah Palin ne sera pas favorite à la nomination républicaine en 2012 face à des candidats réputés comme l'ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney, l'ancien gouverneur de l'Alaska Mike Huckabee ou le gouverneur de Louisiane Bobby Jindal. Selon lui, les révélations des médias sur l'affaire dite du "troopergate" ou sur ses dépenses vestimentaires risquent de revenir la hanter à l'avenir. "Il va falloir qu'elle affronte toutes ces choses qui sont apparues durant la campagne présidentielle. Les électeurs de l'Alaska ont découvert beaucoup de choses qu'ils ignoraient sur Sarah Palin. Elle doit rentrer chez elle et se faire réélire", prévient Tony Fabrizio.
Son avenir dépendra aussi en grande partie de l'orientation stratégique du Parti républicain au lendemain de cette cuisante défaite. Or, la frange la plus conservatrice, qui a fait de Sarah Palin son égérie, est une minorité en recul au sein du parti. "Si elle veut devenir une voix influente dans ce Parti républicain qui a échoué, elle devra élargir son appel", estime un membre de l'équipe de campagne de John McCain. La colistière du sénateur de l'Arizona pourrait également pâtir d'éléments extérieurs. Linda Fowler, professeur de sciences politiques au Dartmouth College du New Hampshire, pense ainsi qu'une baisse prolongée des cours du pétrole pourrait la mettre en difficulté dans son Etat. "Je pense que son environnement en Alaska va changer en raison de son exposition nationale, qui n'est pas nécessairement une bonne chose, et de l'évolution de la politique intérieure de l'Etat", estime Linda Fowler.
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