Un prisonnier à Guantanamo © TF1/LCILes responsables des tortures et diverses entorses aux Droits de l'homme, entraînées par la "guerre" lancée par George W. Bush contre le terrorisme, seront-ils un jour jugés ? Jusqu'à présent, seuls des soldats ou des officiers de l'armée américaine ont eu à répondre de cas de violences ou de meurtres. Mais les associations américaines de défense des Droits de l'homme attendent beaucoup de l'élection de Barack Obama à la Maison Blanche. En tout cas, évoquer les responsabilités, même au plus haut niveau de l'administration Bush, ne semble plus tabou. C'est ainsi qu'un rapport du Sénat américain pointe la responsabilité de l'ancien secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld.
La Commission a centré ses quelques deux années d'enquête sur l'utilisation par le ministère de la Défense de techniques controversées d'interrogatoire, comme l'obligation de se tenir dans des positions stressantes, la nudité, la privation de sommeil ou la simulation de noyade. Des méthodes qui "ont nui à notre capacité à recueillir des renseignements exacts qui pouvaient sauver des vies, ont renforcé nos ennemis et compromis notre autorité morale", indique le rapport, dont la plus grande partie est classée secret défense. Et le secrétaire américain à la Défense de l'époque a eu un rôle majeur dans leur mise en place, souligne le rapport, publié jeudi.
"Le message des hauts responsables était clair"
"L'accord de Rumsfeld pour le recours à des techniques d'interrogatoire agressives à la base (américaine) de Guantanamo (Cuba) a été une cause directe pour que des détenus subissent de mauvais traitements là-bas" et "a influencé et contribué à l'emploi de techniques menant à de mauvais traitements (...) en Afghanistan et en Irak", indique le rapport. Le texte relève notamment que Donald Rumsfeld a autorisé des techniques d'interrogatoire dures à Guantanamo le 2 décembre 2002, tout en faisant des déclarations les excluant un mois plus tard. "Le message des hauts responsables était clair : il était acceptable d'utiliser des procédures dégradantes et des abus contre les détenus", a déclaré le sénateur démocrate Carl Levin, président de la Commission des forces armées du Sénat, qui a élaboré ce rapport.
Outre Rumsfeld lui-même, le rapport a aussi critiqué "la tentative des hauts responsables de faire porter le chapeau à des subalternes en évitant toute responsabilité pour les mauvais traitements". Et il souligne que de hauts responsables de l'administration, dont Condoleezza Rice, ex-conseillère à la Sécurité nationale, devenue ensuite secrétaire d'Etat, ont participé à des réunions sur les techniques d'interrogatoires "dures" dès le printemps 2002. Mais sur le principe, l'usage de méthodes coercitives a eu pour origine un document signé du président George W. Bush lui-même, daté du 7 février 2002, selon lequel les règles de la Convention de Genève sur un traitement humain des prisonniers ne s'appliquaient pas aux détenus du groupe islamiste Al-Qaïda ni aux talibans.
D'après agence
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