Les tours du World Trade Center en feu, 11 septembre 2001. © TF1/LCILe 20 janvier 2001, George Walker Bush succède à Bill Clinton et devient le 43e président des Etats-Unis, après un scrutin contesté dont le résultat fut suspendu pendant un mois aux recomptages de voix dans l'Etat de Floride puis tranché par la Cour Suprême. Ses premiers mois de mandat s'écoulent dans une relative indifférence de l'opinion, malgré des décisions unilatérales fortes sur le plan international (comme l'abandon du protocole de Kyoto) et la mise en œuvre d'un plan massif de réduction d'impôts.
Le 11 septembre au matin, le président se trouve entouré d'enfants, dans une salle de classe d'une école primaire de Floride, où il fait la promotion de son projet de réforme de l'éducation (photo ci-contre). L'avion présidentiel Air Force One mettra plus de dix heures pour ramener le président à Washington. Malgré son allocution télévisée vers 20 heures, Bush peine à dissiper le malaise et le sentiment de vacance du pouvoir au moment où l'opinion réclame un "Commandant en chef".
| La guerre contre le terrorisme |
En quelques jours, le président se transforme en "grand communicateur" du combat contre le terrorisme. Il multiplie les interventions : à "Ground Zero" (photo ci-contre), il manifeste sa compassion pour les victimes, félicite les sauveteurs, prêche la tolérance envers la minorité musulmane américaine, affiche sa détermination à capturer "mort ou vif" Oussama Ben Laden et à gagner la guerre "du bien contre le mal". L'ambiance est à "l'union sacrée", sa popularité est au zénith.
Le 7 octobre, début de l'offensive en Afghanistan, en représailles aux attentats. L'Amérique prend la tête d'une grande coalition regroupant 40 pays, dont la France. Le Congrès adopte le "Patriot Act" le 26 octobre. Le décret autorisant le jugement des terroristes par des tribunaux militaire est promulgué le 13 novembre. Le 29 janvier 2002, dans son discours sur l'Etat de l'Union, George W. Bush accuse l'Irak, l'Iran et la Corée du Nord de constituer "l'axe du mal".
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| 2002 : la machine de guerre |
Malgré le rapport de l'Institut international de la presse (IPI) qui soupçonne les Etats-Unis de manipuler l'information et de profiter de la guerre contre le terrorisme pour museler les médias, les faillites frauduleuses de grands groupes proches de la famille Bush et du Parti républicain (Enron, Worldcom), le président bénéficie d'une grande popularité. Le 4 février, Bush propose la plus forte augmentation du budget militaire depuis 20 ans. Il renoue avec la tradition du complexe militaro-industriel. Le 20 septembre, dans un rapport intitulé "la stratégie nationale de sécurité des Etats-Unis" la Maison-Blanche expose sa doctrine de frappes préventives contre les "Etats voyous". Le président tente de rallier la Russie à sa croisade contre l'Irak à l'Onu, sans succès. Le 7 octobre, dans un discours télévisé, George Bush accuse l'Irak d'entraîner des membres d'Al-Qaida et de détenir des armes de destruction massive. Le 11 octobre, quelques heures après la Chambre des Représentants, le Sénat autorise une éventuelle intervention militaire contre l'Irak. Le 5 novembre, à l'occasion des élections de mi-mandat, le Parti Républicain remporte la majorité au Congrès. Le 20 novembre, il donne son feu vert à la création d'un super-ministère de la Sécurité intérieure, regroupant 170.000 fonctionnaires, dédié à la lutte antiterroriste. |
2003 : la "croisade" contre l'Irak |
Dans son discours sur l'Etat de l'Union, le 28 janvier 2003, Bush accuse Saddam Hussein d'avoir cherché à se procurer de l'uranium en Afrique. Le bras de fer avec l'Onu se poursuit. Tous les sondages montrent que, majoritairement, les Américains ne veulent pas d'un conflit qui n'aurait pas l'aval des Nations unies.
Le 20 mars, lancement de la guerre en Irak par une coalition américano-britannique, sous le nom de "Liberté de l'Irak", sans mandat de l'Onu et malgré l'opposition de la France, de l'Allemagne et de la Russie. Le 9 avril, les chars Abrams de la 3e division franchissent les portes de Bagdad, les GI se promènent dans les palais présidentiels, la statue de Saddam Hussein s'effondre lourdement. "W" a presque fini le "job" que son père lui avait laissé en héritage.
Il savoure la victoire avec les faucons qui l'entourent, les Dick Cheney, Donald Rumsfeld, Paul Wolfkowitz, qui l'ont poussé sur la voie de la guerre. Bush a réussi à convaincre, sans preuve, une bonne partie de l'opinion de la responsabilité du régime de Saddam Hussein dans les attentats du 11 septembre. L'opposition démocrate est muette depuis le début de la guerre et contrainte au silence par la victoire. Le 1er mai, George Bush déclare que "l'essentiel des combats est terminé en Irak". |
| Doutes, polémiques et apaisement international |
Dès le mois de juin 2003, les polémiques enflent alors que l'arsenal de Saddam Hussein reste introuvable. Les justifications de la guerre s'écroulent : l'affaire de l'achat d'uranium au Niger repose sur un faux grossier ; les fameux "bunkers" du président irakien n'ont aucune existence réelle. La coalition anglo-américaine s'est livrée à une véritable guerre de désinformation : mise en scène de foule irakienne, du sauvetage de la soldate "Jessica", pressions sur les services secrets. Bush multiplie alors les voyages en Europe et au Moyen-Orient, pour remobiliser les alliés divisés. Le 29 septembre, les Etats-Unis réintègrent l'Unesco, dont ils s'étaient retirés en 1984, sous la présidence de Ronald Reagan. Le 16 octobre, le Conseil de Sécurité de l'ONU adopte la résolution 1511 légitimant l'intervention en Irak et autorisant la création d'une force multinationale sous commandement américain pour gérer l'après-guerre alors que la situation semble s'enliser et que la "paix" a tué davantage de soldats américains que l'invasion. Le 25 novembre, le Congrès approuve la réforme de l'assurance maladie pour les personnes âgées, Medicare, qui renforce le rôle des compagnies d'assurances dans le remboursement des médicaments.  Le 14 décembre, annonce de la capture de Saddam Hussein en Irak. |
| 2004 : l'armée américaine accusée de torture |
Dans son discours sur l'Etat de l'Union, le 20 janvier 2004, George W. Bush insiste sur la mise en œuvre de la démocratie en Irak et dans le "Grand Moyen-Orient". Mais, le 28 avril, la diffusion, par la chaîne CBS, de photos de soldats américains torturant des détenus irakiens dans la prison d'Abou Ghraib a l'effet d'un véritable séisme politique. Le 3 juin, le directeur de CIA, George Tenet démissionne, suite au rapport de la commission sur le 11 septembre critiquant l'échec de l'agence en matière de lutte antiterroriste et les informations erronées sur les armes de destruction massive en Irak. Le 28 juin, la Cour suprême reconnaît les droits des prisonniers de Guantanamo : deux arrêts reconnaissent aux détenus le droit de contester leur détention devant un tribunal civil. Le spectre de la guerre du Vietnam resurgit à quelques mois de l'élection présidentielle et certains dont John McCain, dans les rangs du Parti républicain, commencent à contester la gestion de l'après-guerre.
La campagne présidentielle de 2004 est dominée par les sujets internationaux comme le terrorisme et la guerre en Irak, thèmes principaux des attaques du démocrate John Kerry contre le bilan du président sortant. Il faut remonter aux élections de 1968 et 1972, en pleine guerre du Vietnam, pour retrouver un tel climat. Parallèlement, le FBI enquête sur des disparitions d'explosifs américains à Bagdad et sur les contrats d'Halliburton, entreprise de services pétroliers anciennement dirigée par le vice-président Dick Cheney, en Irak. Quelques jours avant le scrutin, Oussama Ben Laden réapparaît dans une vidéo où il menace les Américains de nouveaux attentats. |
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