Ce qui attend Obama

Par Dominique LOEILLET, le 16 janvier 2009 à 05h45 , mis à jour le 16 janvier 2009 à 14h21

Crise économique, Irak, Afghanistan, énergie : découvrez les dossiers dont Barack Obama a fait sa priorité dès son entrée à la Maison-Blanche.

barack obama usaBarack Obama, lors d'une interview accordée à la chaîne ABC, le 11 janvier 2009 © TF1/LCI
La relance économique, priorité absolue


Barack Obama hérite de la pire crise économique depuis les années 1930.  Dans les semaines suivant son investiture, il espère faire  voter par le Congrès (à majorité démocrate) un "plan de relance et de réinvestissement" estimé à plus de 800 milliards de dollars.  Son "objectif numéro un"  est de créer et/ou sauver trois millions d'emplois dans les deux ans à venir.

La débâcle financière et la récession, officielle depuis novembre, génèrent une profonde crise sociale : le taux de chômage atteint 6,7% et les suppressions d'emplois concernent tous les secteurs de l'économie.  Plus de 2 millions d'emplois ont été perdus en 2008, plus d'un million ces deux derniers mois.

Le "stimulus plan" d'Obama rappelle le "New Deal" du président Roosevelt dans les années 30 et renoue avec la tradition de l'Etat providence.  Il comporte trois axes :

  • baisses d'impôts pour les classes moyennes et relance de la consommation («mille dollars pour 95% des foyers américains»)
  • grands travaux : construction et rénovation des infrastructures publiques (routes, écoles, hôpitaux, aéroports, technologies de l'information, énergies renouvelables)
  • protection sociale : allongement de la durée d'indemnisation des chômeurs, soutien aux états pour le financement de Medicaid, l'assurance-santé des plus pauvres, aide aux victimes des subprimes menacées d'expulsion de leur logement.

Barack Obama insiste sur l'urgence de ces premières mesures car la situation ne cesse de se dégrader.  Son plan comporte aussi des chantiers à plus long terme : réforme du système de santé, éducation, écologie, comme il l'avait promis pendant la campagne électorale.


La finance sous surveillance


Bernard Madoff nasdaqLe Congrès devrait rapidement convoquer Bernard Madoff et certains membres de la SEC, l'Autorité de contrôle des marchés financiers, pour les interroger sur la fraude de 50 milliards de dollars dont le financier est accusé. 

Barack Obama s'appuie sur l'opinion pour préconiser une stricte régulation des marchés. Mais son secrétaire d'Etat au Trésor, Timothy Geithner, ancien de l'administration Clinton, est plutôt partisan de la dérégulation.


Une politique étrangère plus à l'écoute ?


L'offensive de l'armée israélienne à Gaza bouscule le calendrier diplomatique du futur président. Le conflit israëlo-palestinien n'a pas été au cœur de la campagne électorale et Hillary Clinton, secrétaire d'Etat, est considérée comme une amie d'Israël.  Barack Obama  a déclaré "surveiller la situation". Mais il est resté très prudent dès qu'il a dû évoquer le sujet plus concrètement.
 
AFGHANISTAN-PAKISTAN : LA GUERRE CONTRE LE TERRORISME
taliban afghanistanPendant la campagne, Barack Obama a fait de l'Afghanistan son dossier prioritaire. Il prépare l'envoi de 20.000 à 30.000 soldats américains supplémentaires avant l'été.  Il considère que l'Afghanistan et les zones tribales à la frontière pakistanaise constituent le "vrai front de la guerre contre le terrorisme".  Poursuivant la politique de l'administration Bush, il s'est engagé à lancer des attaques à l'intérieur du Pakistan, s'il dispose d'informations permettant de localiser des chefs terroristes.
 
IRAK : QUEL CALENDRIER ?
Barack Obama a informé le Premier ministre irakien de son intention d'effectuer rapidement une visite en Irak.

Pendant toute sa campagne électorale, Barack Obama, qui s'était prononcé contre la guerre -mais il n'avait pas eu à voter pour ou contre l'intervention en 2003 puisqu'il ne siégeait pas encore au Sénat-, s'est engagé à retirer rapidement  l'armée américaine d'Irak et à fermer le camp de Guantanamo à Cuba

Une fois élu, le futur président s'est donné seize mois : le retrait des « troupes de combat » serait achevé fin mai 2010.  Or l'administration Bush vient de signer un accord de sécurité avec le gouvernement irakien, le Status of Forces Agreement (SOFA), programmant le retrait des troupes de combat pour fin 2011  tout en maintenant une force militaire américaine chargée du contre-terrorisme et des conseillers militaires.  Obama a félicité le gouvernement irakien pour cet accord, souhaitant renforcer la coopération bilatérale et confirmant son respect pour la souveraineté et l'unité de l'Irak.
 
IRAN - COREE DU NORD : LA CRISE NUCLEAIRE
Barack Obama se dit "prêt à discuter avec les ennemis de l'Amérique".  L'administration Bush a retiré, en octobre 2008, la Corée du Nord de liste des pays de l' "Axe du mal" et des négociations diplomatiques ont repris avec l'Iran

Obama semble en fait partisan de l'approche classique de la carotte et du bâton.  HillaryMahmoud Ahmadinejad Iran Clinton appelle ainsi à la relance des efforts diplomatiques pour convaincre le président iranien Mahmoud Ahmadinejad (photo ci-contre) de renoncer à l'arme nucléaire, tout en menaçant ce pays d'anéantissement s'il s'attaquait à Israël.  L'offensive militaire israélienne à Gaza risque de radicaliser les protagonistes.
 
 
D'après les sondages, 80% des Américains attendent d'Obama qu'il améliore l'image des Etats-Unis dans le monde.  En nommant Leon Panetta, un proche de Bill Clinton, comme nouveau directeur de la CIA, le président-élu s'est engagé à mettre fin aux pratiques du passé : torture, désinformation, violations des droits de l'homme, atteintes aux libertés individuelles.  Obama s'engage à respecter les conventions internationales, et notamment la Convention de Genève.


Un président "vert" ?


Le 44e président des Etats-Unis s'est entièrement démarqué de l'administration Bush sur le thème de la lutte contre le réchauffement climatique en promettant de réintégrer les négociations de l'Onu. Il souhaite que son pays joue un rôle moteur dans l'élaboration de la suite du Protocole de Kyoto -que les Etats-Unis n'ont pas ratifié-, lors de la Conférence internationale prévue à  Copenhague fin 2009.

Pendant sa campagne, Barack Obama invoquait un "programme Apollo de l'énergie" : financement massif de la recherche sur les énergies renouvelables et réduction de 80% d'ici à 2050 des émissions de gaz à effet de serre.  Considérant qu' "il est temps de remettre la science au sommet de l'agenda", il s'est entouré d'éminents scientifiques.  La nomination du prix Nobel de Physique Steven Chu, très alarmiste sur le réchauffement climatique et partisan avéré des énergies renouvelables, comme secrétaire d'Etat à l'Energie apparaît comme un signe fort. 

Pour Barack Obama, l'écologie va de pair avec le redressement économique et social du pays.  Devant l'augmentation rapide du nombre de chômeurs, il a promis d'augmenter encore l'effort prévu dans son plan de relance pour qu'un tiers des nouveaux emplois créés soient des "emplois verts".

Par Dominique LOEILLET le 16 janvier 2009 à 05:45
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