Guantanamo, torture, crise : Obama rompt avec l'ère Bush

le 22 janvier 2009 à 17h40 , mis à jour le 23 janvier 2009 à 11h03

Le président américain a signé les décrets imposant la fermeture de la base installée à Cuba, des centres de détention que la CIA à l'étranger et le traitement des prisonniers selon la convention de Genève.

Barack Obama signe le décret de fermeture de Guantanamo, le Barack Obama signe le décret de fermeture de Guantanamo, le 22 janvier 2009 © TF1/LCI

Pendant la campagne, il en avait fait les futures mesures symboliques de son début de mandat en cas de victoire. Il l'avait réaffirmé pendant la longue période de transition. Pour montrer sa volonté de rupture avec l'ère Bush et qu'une nouvelle Amérique, plus respectueuse, est en marche, Barack Obama a donc tenu sa promesse.

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Au 3e jour de son mandat, lors d'une cérémonie organisée à la Maison-Blanche, le président américain, entouré d'une partie de son gouvernement, a en effet promulgué jeudi matin, heure locale, deux décrets. Tout d'abord, la fermeture dans un délai d'un an de la prison militaire de Guantanamo (lire : Guantanamo : le casse-tête de la fermeture"). Ensuite, l'interdiction de pratiquer des interrogatoires poussés dans le cas des terroristes présumés. Enfin, la fermeture le plus vite possible des centres de détention que la CIA à l'étranger pour les suspects de terrorisme.
 
Le camp installé à Cuba, qui accueille des détenus principalement capturés en Afghanistan, était devenu le symbole des dérapages commis dans le cadre de la lutte contre le terrorisme par l'administration Bush. Les interrogatoires poussés des détenus -à la limite de la torture- avaient également terni l'image des Etats-Unis. Désormais, les militaires chargés d'interroger les prisonniers devront donc se conformer aux conventions de Genève. Reste à savoir s'ils appliqueront ces nouvelles directives. La Maison Blanche a dit jeudi ne "pouvoir imaginer" renvoyer en Chine les Ouïgours détenus à Guantanamo et s'est engagée à ne pas transférer des prisonniers dans des pays où ils risqueraient d'être maltraités, après la fermeture du centre. Barack Obama a aussi affirmé son engagement à défendre le droit des femmes à l'avortement.

Obama demande l'ouverture des points de passage vers Gaza

Autre mesure symbolique de l'administration Obama : l'amiral à la retraite Dennis Blair, désigné pour diriger le renseignement américain (DNI), s'est engagé à "ne pas soutenir des activités de surveillance réalisées sans autorisation légale".  Au nom de la guerre contre le terrorisme, la CIA, principale agence américaine de renseignement, chapeautée par le DNI, a en effet mis en place un programme controversé d'écoutes extrajudiciaires.

Dans un autre registre, mais d'actualité lui aussi, le président américain se fera rendre compte quotidiennement de la situation économique par ses principaux conseillers, sur le modèle du compte-rendu quotidien que font les services de renseignement, a dit jeudi le porte-parole de la Maison Blanche. Le premier de ces briefings a eu lieu jeudi matin.
 
Dernier sujet abordé par le président au 2e jour de Barack Obama dans ses fonctions : le Proche-Orient. Un thème sur lequel il s'était peu exprimé avant le 20 janvier, arguant toujours du fait qu'il ne devait y avoir qu'un seul et unique président américain aux commandes, ce qui avait pu lui être reproché. Barack Obama demandé l'ouverture des frontières et des points de passage vers la bande de Gaza pour permettre l'entrée de l'aide internationale. Il a aussi annoncé que George Mitchell, tout juste nommé émissaire américain pour le Proche-Orient, irait dans la région le plus vite possible.

le 22 janvier 2009 à 17:40
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