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La prise de fonctions d'un président des Etats-Unis d'Amérique est déjà en soi un moment historique. L'investiture de Barack Obama l'est encore plus que d'habitude puisqu'il est le premier président noir d'un pays où l'esclavage a été aboli en 1865 et où la ségrégation raciale était encore en vigueur dans la capitale et dans plusieurs Etats du Sud au moment de sa naissance en 1961. "Maintenant je vais me tenir là, prêter serment de 44e président des Etats-Unis. C'est quelque chose que nos enfants considèrent heureusement comme acquis. Mais pour nos grands parents, cela reste sensationnel et ce sera un moment extraordinaire", a indiqué Barack Obama dimanche lors d'un entretien à CNN.
La Bible de Lincoln pour le serment
A midi, heure locale (18h, heure française), environ une heure après le début de la cérémonie proprement dite, l'Amérique va donc vivre un moment doublement historique avec l'investiture de son 44e président.
Le plus fort symbole de cet instant si particulier : comme le veut la tradition -sans que la Constitution ne l'impose- Barack Obama prêtera serment sur la Bible. Mais pas sur n'importe quelle Bible : il utilisera en effet celle d'Abraham Lincoln en 1861 (photo afp, ci-dessus), le président républicain qui a justement aboli l'esclavage et qui a conduit la nation lors de l'une de ses pires périodes, en l'occurrence la guerre civile entre le Nord et le Sud.
Discours contre le "laisser-faire"
Dans la foulée, Barack Obama prononcera son discours inaugural. Etant donné le contexte économique difficile auquel le nouveau locataire de la Maison-Blanche va être confronté et l'attente qu'il suscite après avoir redonné l'espoir aux Américains pendant la campagne, cette intervention aura encore plus de poids que d'habitude.
Selon son entourage, il devrait notamment lancer un appel au peuple américain à prendre ses responsabilités, après avoir trop longtemps cultivé le "laisser-faire". Le discours "sera très imprégné de la notion de responsabilité et de celle de remettre notre pays sur les rails", souligne Robert Gibbs, le porte-parole du futur président. "Il dira qu'il faut que cette culture de la responsabilité soit exigée du peuple américain mais que ses dirigeants doivent montrer l'exemple. Il dira aussi que nous avons tous quelque chose à apporter à notre pays, et que nous avons l'obligation de le faire pour qu'il regagne sa grandeur", ajoute Rahm Emanuel, le futur secrétaire général de la Maison-Blanche. Barack Obama se place ainsi sur la même ligne que John Fitzgerald Kennedy, qui avait lancé à ses concitoyens en 1961 le célèbre "ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez vous ce que vous pouvez faire pour votre pays" (cliquez ici pour voir l'investiture de Kennedy en 1961).
Trois millions de personnes
Outre les nombreux invités officiels qui seront installés sur les marches du Capitole -ainsi que ceux qui ont pu acheter les quelques places mises à la disposition du grand public-, plus de trois millions de personnes -un record pour une investiture présidentielle- sont attendues le long du National Mall qui mène jusqu'à l'obélisque et au Memorial Lincoln, soit trois kilomètres. Sans surprise, cela implique des mesures de sécurité extraordinaires et promet des embouteillages de piétons gigantesques. Et Ils sont déjà des milliers, plusieurs heures avant le début de la cérémonie. Seul, en groupe ou en famille, des dizaines de milliers de personnes convergent depuis l'aube vers le Capitole dans une ambiance festive, où ils devront braver le froid glacial et le vent qui souffle sur la capitale américaine.
Après le discours, la parade, pendant laquelle le nouveau président et sa famille devraient quitter leur limousine pour effectuer en partie à pied la descente de Pennsylvania Avenue vers la Maison-Blanche, sera notamment encadrée par des milliers de policiers, de gardes civils et de tireurs d'élite. De leur côté, les participants aux bals, officiels ou non, organisés un peu partout dans la capitale en soirée peuvent s'attendre à des mouvements de foule.
En cas de malheur, Robert Gates deviendra.... président |
Robert Gates, le secrétaire à la Défense du président sortant George W. Bush reconduit par le nouveau président Barack Obama, sera absent de la cérémonie d'investiture, parce qu'il a été désigné pour assurer la présidence en cas de malheur ce jour-là. Il se tiendra dans un lieu secret pendant toute la cérémonie et assumerait la plus haute fonction dans l'éventualité où un attentat terroriste, par exemple, décimerait le président et tous ceux qui suivent dans la ligne de succession. Le vice-président sortant, Dick Cheney, sera lui bien présent à la cérémonie d'investiture... mais en chaise roulante. "Le vice-président a été victime d'une déchirure musculaire au dos en déplaçant des cartons dans son nouveau domicile," a précisé la porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino. |
| SPECIAL SUR LCI RADIO |
- A 17 heures : Thierry Fournet, documentariste français qui a rencontré Barack Obama en 2004, décrypte l'évènement. - A 17 heures 15 : nos correspondants vous font vivre la passation de serment en direct depuis Londres, Rome, Moscou et Beyrouth. - A 17 heures 30 : Louise Couvelaire, auteur de "Desperate White House", décrypte la journée. |
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