L'A320 d'US Airways amarré à un dock. © TF1/LCIAprès le miracle, voici venu le temps de redescendre sur terre et de laisser place à l'enquête. Enquête qui s'annonce d'ores et déjà ardue. Les experts ont commencé dès vendredi à chercher les raisons pour lesquelles l'Airbus A320 d'US Airways s'est vu contraint la veille de se poser sur l'Hudson, à New York. Mais la perte des deux réacteurs de l'appareil dans le fleuve pourrait compliquer leurs investigations.
"Les deux réacteurs ne sont plus attachés à l'avion", a expliqué un membre du National Transport Safety Board (NTSB), l'organisme fédéral chargé de l'enquête, lors d'une conférence de presse vendredi après-midi. Guidés par des sonars, des plongeurs tentaient de localiser les moteurs, dont l'examen permettra de vérifier la thèse du choc avec des oiseaux comme origine de l'accident. Autres obstacles pour les enquêteurs : la température de l'eau, particulièrement froide, et le courant. Deux raisons qui ont pour l'instant empêché les enquêteurs de mettre la main sur les boîtes noires, situées dans la queue immergée de l'appareil. La carlingue de l'appareil flottait toujours vendredi, amarrée à un dock de la ville et devrait être mise au sec samedi, dans l'après-midi. Par ailleurs, le constructeur Airbus et l'équivalent français du NTSB, le Bureau d'Enquête et Analyses, qui ont une grande expérience du comportement de cet appareil, sont en route pour New York pour contribuer à l'enquête.
Une jambe cassée
L'autre volet de l'enquête concerne les auditions de l'équipage. Le personnel de cabine a été interrogé vendredi et, samedi, ce sera le tour du copilote et le pilote, Chesley Sullenberger, dont l'incroyable sang froid et l'habileté semblent avoir sauvé la vie des passagers et membres d'équipage. Pour l'heure, les circonstances qui ont mené à l'accident semblent établies. L'avion venait de décoller de l'aéroport new yorkais La Guardia à destination de Charlotte (Caroline du Nord, sud-est), lorsque les deux réacteurs se sont arrêtés, l'un d'eux apparemment en feu. Selon certains témoins et experts, l'appareil a pu plonger dans un vol d'oies juste après le décollage. Le pilote a alors ordonné aux passagers de se cramponner avant l'impact. Il a réussi à maîtriser l'avion en détresse et à se frayer un chemin dans le ciel de New York, pour descendre jusqu'au fleuve et éviter une catastrophe en pleine ville. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la blessure la plus grave semble être une jambe cassée.
Le commandant de bord a à ce titre reçu les félicitations du président George W. Bush, qui l'a appelé personnellement vendredi et a loué "les compétences étonnantes qu'il a démontrées en posant son avion sans encombre, et les efforts héroïques qu'il a consentis pour la sécurité de ses passagers et des personnes" au sol. Le président élu Barack Obama lui a aussi téléphoné vendredi pendant cinq minutes, soulignant "à quel point tout le monde était fier de la façon héroïque et élégante avec laquelle il avait réussi à poser l'avion endommagé". Le commandant de bord s'est aussi vu décerner les clés de la ville de New York par le maire Michael Bloomberg, comme le reste de l'équipage. Le Sénat américain a par ailleurs adopté à l'unanimité une résolution pour honorer M. Sullenberger et l'équipage "pour leur rôle dans l'atterrissage d'urgence du vol 1549 d'US Airways".
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