Le "oui, mais" de Fidel Castro à Obama

le 22 janvier 2009 à 10h26 , mis à jour le 22 janvier 2009 à 10h43

L'ancien dirigeant cubain salue les "nobles intentions" du président américain, mais estime néanmoins qu'il reste "beaucoup de questions sans réponse".

castro tribune obamaCapture d'écran de l'éditorial de Fidel Castro sur le site Cubadebate.cu, le 21 janvier 2009 © cubadebate.cu

Depuis un peu plus d'un mois, les rumeurs bruissaient sur la dégradation de l'état de santé de Fidel Castro. L'ancien dirigeant cubain n'avait ainsi publié aucun éditorial dans la presse depuis le 15 décembre, comme il en a pris l'habitude depuis son retrait du pouvoir en juillet 2006

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Mercredi, il a fait coup double : en rencontrant Cristina Fernandez, la président argentine, il a tout d'abord fait taire ces rumeurs. Et surtout, il a donné son opinion sur Barack Obama. Selon Cristina Fernandez, l'essentiel de l'entretien a en effet porté sur le nouveau président américain. "Avec beaucoup de passion et de conviction, il m'a dit que c'était un homme sincère, qui croyait absolument en tout ce qu'il dit, qui a beaucoup de bonnes idées et un très bon passé et qu'il espérait qu'il puisse aller de l'avant", souligne-t-elle.

"Il reste bien des interrogations"
 
Fidel Castro a néanmoins tenu à nuancer son opinion dans une "réflexion" publiée sur le site officiel cubadebate.cu. Revenant sur sa conversation avec Cristina Fernandez, il explique lui avoir dit "que je n'avais personnellement pas le moindre doute sur l'honnêteté avec laquelle Obama, onzième président américain depuis le 1er janvier 1959 (ndlr : date de la révolution cubaine), exprimait ses idées, mais que malgré ses nobles intentions, il restait bien des interrogations". Selon lui, l'une d'elles est la suivante : "comment un système engendrant par excellence le gaspillage et la consommation à outrance peut-il préserver l'environnement ?" Il souligne également "l'importance historique" pour Cuba d'avoir déjà vu "transiter" tant de présidents américains sans qu'aucun d'eux n'ait réussi à "détruire la révolution cubaine".
 
Avant l'investiture de Barack Obama, Fidel Castro avait déclaré qu'un homme seul ne pouvait changer un "empire". Un point de vue repris par son frère et successeur, Raul Castro. Ce dernier a souhaité "bonne chance" à son homologue américain, ajoutant qu'il lui "semblait un homme bien". Au début du mois, il s'était prêt à dialoguer sans intermédiaire et d'égal à égal avec le locataire de la Maison-Blanche, qui s'est de son côté déclaré favorable pendant sa campagne électorale à un allègement de l'embargo imposé depuis 1962 à Cuba.

le 22 janvier 2009 à 10:26
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2 Commentaires

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  • Tyr, le 22/01/2009 à 14h49

    D'abord une question m'obsède depuis 30 ans : comment se fait-il que Castro, dictateur impitoyable , résponsable de milliers de tortures et crimes de cubaines et de cubains qui n'étaient pas d'accord avec sa politique, jouit d'une couverture médiatique aussi importante dans les médias et que l'on semble considerer ce criminel comme parfaitement fréquentable, et cela , même dans les salons bourgeoiso-bobo-bien pensants ? Qu'en serait-il si un dictateur d'extrème droite dirigeait à ce jour un pays ? Le facisme de gauche est-il plus propre que le facisme de droite ? Obama serait bien inspiré de mettre les choses au point ..... hélène , paris

  • Batman224, le 22/01/2009 à 14h10

    Je penses qu'Obama ne va pas laisser Castro dicter sa loi aux Etats-Unis et que la question de l'embargo n'est pas encore à l'ordre du jour de l'agenda américain.

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