Le statut de réfugié accordé à Cesare Battisti

le 14 janvier 2009 à 07h21 , mis à jour le 14 janvier 2009 à 19h51

L'ex-activiste italien d'extrême gauche, dont l'extradition était réclamée par l'Italie, s'était réfugié au Brésil après avoir fui la France en 2004.

Cesare Battisti Brésil ItalieCesare Battisti. © TF1/LCI

 
L'indignation en Italie après l'octroi du statut de réfugié

Le ministre brésilien de la Justice a décidé d'accorder le statut de réfugié politique à l'ex-activiste italien d'extrême gauche, Cesare Battisti, dont l'extradition était réclamée par l'Italie où il a été condamné pour quatre assassinats. Une décision qui a aussitôt provoqué l'indignation en Italie. L'ambassadeur du Brésil en Italie a même été convoqué mercredi soir au ministère des Affaires étrangères italien qui lui a exprimé "la grande perplexité" de Rome.
 
Cesare Battisti, 52 ans, après avoir fui la France en 2004, s'était réfugié au Brésil où il avait été arrêté en 2007 et écroué dans l'attente d'une éventuelle extradition vers l'Italie. Dans un entretien publié le week-end dernier dans l'hebdomadaire Epoca, il avait affirmé craindre pour sa vie s'il était extradé. "Je suis certain que si je vais en Italie, je serais l'objet de vengeance. Je serais assassiné", avait-il assuré. Il avait appelé le ministre de la Justice brésilien Tarso Genro, "qui a lui-même personnellement souffert de la répression politique quand il était militant" sous la dictature militaire (1964-1985), à refuser son extradition. Le ministre de la Justice est allé à l'encontre d'une décision du Comité national pour les réfugiés du Brésil, où siègent notamment des représentants du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés, qui avait rejeté le 28 novembre sa demande de réfugié politique, ce qui ouvrait la voie à son extradition. Toutefois, la décision finale sur le sort de l'ancien activiste d'extrême-gauche reviendra à la Cour suprême. Si elle décidait malgré tout de l'extrader, l'Italie devra s'engager à ce qu'il n'écope pas de plus de 30 ans de prison, la peine la plus lourde permise par la loi brésilienne. Le ministère italien des Affaires étrangères a demandé au président brésilien de revoir la décision de son ministre de la Justice.

En fuite depuis 2004

Jusqu'alors, le Brésil avait toujours refusé les demandes d'extradition vers l'Italie d'anciens activistes italiens, notamment des Brigades Rouges, considérant qu'ils étaient poursuivis pour des délits de nature politique. Mais en avril, le Procureur général de la République Souza, avait rendu un avis favorable à la demande d'extradition de Battisti, refusant de considérer ses crimes comme "politiques". Il avait estimé "qu'ils avaient été marqués par une certaine froideur et un certain mépris pour la vie humaine".
 
Condamné à la prison à perpétuité par contumace dans son pays pour l'assassinat de quatre personnes entre 1977 et 1979, Battisti avait été arrêté à Rio de Janeiro en 2007 et écroué à Brasilia, dans l'attente d'une décision de la justice brésilienne sur la demande d'extradition déposée par l'Italie. Battisti, qui nie avoir participé aux quatre homicides dont il est accusé, était en fuite depuis août 2004. Il avait quitté clandestinement la France, où il avait trouvé refuge en 1981 sous la présidence du président socialiste François Mitterrand, peu avant que la justice française ne donne le feu vert à son extradition vers l'Italie en octobre 2004.

(D'après agence)

le 14 janvier 2009 à 07:21
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7 Commentaires

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  • Remasy, le 14/01/2009 à 12h57

    Inadmissible! Cette confusion entre répression politique et action judiciaire pour meurtre est tout ce qui a de plus ignoble et de plus arriéré ( [...]qui a lui-même personnellement souffert de la répression politique quand il était militant"[...]) Donc si je comprends bien le fond de cette pensée, on peut assassiner impunément du moment que l'on a des motifs politiques (de gauche hein bien sûr, sinon ce serait inadmissible)... ([...]Jusqu'alors, le Brésil avait toujours refusé les demandes d'extradition vers l'Italie d'anciens activistes italiens, notamment des Brigades Rouges, considérant qu'ils étaient poursuivis pour des délits de nature politique[...]) Et puis évidement lorsque c'est politique un meurtre n'est plus qu'un délit... C'est cette tournure d'esprit totalitaires que l'on reproche au Islamistes (si moi je tue, c'est juste, si c'est l'autre camp c'est le pire des crime), mais des gauchistes bien pensant peuvent dire de telles inepties! Quand je pense que la gauche française à eut la même attitude dans les années 80 (et qu'elle est donc en partie responsable des faits actuels). Je le répète, pour moi cette vision des choses est complètement arriérée au XXI°s

  • Nathalie, le 14/01/2009 à 11h01

    C'est scandaleux. Le Brésil abrite un assassin.

  • Milou, le 14/01/2009 à 10h54

    Le tueur craint pour sa vie !!! Lache du début à la fin le héros gauchiste .

  • Vimal, le 14/01/2009 à 09h35

    Comment set assassin ose-t-il comparer l'époque de la dictature Brésilienne avec la grande démocratie souveraine Italienne et une décision de Justice. Ce meurtrier n'a aucune conscience personnelle et il n'a jamais regretté son geste. La clémence vis à vis des activistes "rouges" devient insupportable et bien étrangement, les médias s'en complaisent. Etrange cette décision, après le passage des Sarkozy-Bruni au Brésil !!!!

  • Lulu, le 14/01/2009 à 08h41

    La soeur de Carla Bruni, Valeria Bruni-Tedeschi, qui aurait plaidé la cause de Marina Petrella auprès du président, a dit son souhait que l'ancien terroriste soit libéré. Nicolas Sarkozy aurait évoqué la possibilité de rencontrer le ministre de la Justice brésilien où Battisti est emprisonné, lors d'un prochain déplacement en Amérique latine. info source le point,europe ,le couple sarko carla étaient au bresil fin decembre!!!!

  • Remib83, le 14/01/2009 à 08h12

    Scandaleux... Terrorisez, tuez au nom de pseudo-valeurs politiques et vous serez absous. Ou est la justice ? Lamentable

  • Rémi, le 14/01/2009 à 08h02

    Une honte! Ignoble est l'amalgame entre répression politique et justice contre un assassin! : [...]le ministre de la Justice brésilien Tarso Genro, "qui a lui-même personnellement souffert de la répression politique quand il était militant"[...] Donc au Brésil on peut assassiner impunément du moment que l'on a des motifs politiques? La France de gauche est de toute façon bien responsable aussi car elle partageait à une époque ces conceptions qu'il faut bien qualifier d'arriérée.

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