Barack Obama, le 8 janvier 2009 © TF1/LCI"La relance par l'Etat ou le chaos" : c'est en résumé ce que Barack Obama a annoncé aux Américains lors d'un discours sur la crise économique prononcé ce jeudi en Virginie. A l'instar de Winston Churchill aux Britanniques pendant la Seconde guerre mondiale, le futur locataire de la Maison-Blanche a de fait prédit de "la sueur, du sang et des larmes" à ses concitoyens. "Si rien n'est fait, la récession pourrait se prolonger pendant des années. Le taux de chômage pourrait dépasser 10%", a-t-il affirmé. "Je ne crois pas qu'il soit trop tard pour changer de cap, mais ce sera le cas si nous n'engageons pas une action forte le plus tôt possible", a-t-il ajouté.
Sans rentrer dans les détails chiffrés du plan qu'il entend faire voter au Congrès -il est estimé entre 750 et 800 milliards de dollars-, le président élu a présenté une série de mesures qui ont toutes un point commun : elles seront téléguidées par l'Etat et le gouvernement fédéral - une révolution culturelle dans un pays qui ne jure que par le capitalisme depuis des décennies ! Barack Obama entend ainsi créer 3 millions d'emplois dans le secteur public, via quatre secteurs principaux : l'énergie et l'environnement (avec la mise en avant des énergies renouvelables et nouvelles pour remplacer le pétrole), l'éducation, la santé et les infrastructures. Afin de permettre "aux familles de dépenser", il affirme que son plan permettra également de baisser les impôts de 1.000 dollars pour 95% des Américains.
Baisses d'impôts et déficit
Corollaires logiques de ces mesures : le futur président admet que les déficits publics vont se creuser rapidement. Le déficit budgétaire prévu pour 2009 -plus de 1.200 milliards de dollars, un record- sera ainsi aggravé du coût du plan de relance. Et il devrait encore grimper les années qui viennent. "Mais il est certain que ne pas en faire assez, ou ne rien faire du tout, conduirait à un plus grand déficit d'emplois, de revenus, et de confiance dans notre économie", estime-t-il.
Reste maintenant à savoir comment Barack Obama va réussir à faire adopter ce plan au Congrès après son entrée en fonctions le 20 janvier -les tractations ont déjà commencé avec les différents leaders du Sénat et de la Chambre des représentants. Il espère en effet le signer le plus rapidement possible pour que les premières mesures entrent concrètement en vigueur courant février. Mais, Constitution américaine oblige, il ne pourra pas se contenter de la seule majorité démocrate. Il devra donc obtenir l'aval d'un certain nombre d'élus républicains, à qui présenter une relance étatique s'apparente à agiter un chiffon rouge devant un taureau. Néanmoins, l'annonce des baisses d'impôts pourrait permettre d'en convaincre quelques-uns.
Note de la rédaction : certains internautes s'étonnant du terme "héraut" en titre de cet article (voir les avis ci-dessous), en voici donc la définition (Petit Robert) :
"personne qui a pour fonction d'annoncer la venue de quelqu'un ou de quelque chose"
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