Barack Obama, le 22 janvier 2009 © TF1/LCIBarack Obama veut aller vite. Le nouveau président américain espère faire adopter son plan de relance de l'économie -baptisé "Plan de relance et de réinvestissement américain de 2009"- par les parlementaires avant la mi-février. Signe de l'importance du sujet, le président s'est rendu lui-même au Congrès mardi soir. Il a en effet un problème : il ne dispose pas de la majorité nécessaire pour faire face à d'éventuelles velléités de blocage de l'opposition républicaine au Sénat. Dans cette optique, il faut en effet 60 sièges sur 100 pour passer outre.
Or même en cas de carton plein chez ses troupes -ce qui n'est pas acquis d'avance puisque la discipline de vote n'existe pas outre-Atlantique, le parti démocrate n'en détient que 59, en comptant les deux indépendants qui ont généralement tendance à voter en sa faveur. Conclusion : Barack Obama doit donc convaincre certains sénateurs républicains pour arriver à ses fins. Mardi soir, il a redit "l'urgence" de la situation. "J'espère que nous saurons tous mettre la politique de côté et faire ce qu'il faut pour les Américains", a-t-il lancé. -grâce aux bons scores des candidats du parti démocrate aux législatives du 4 novembre dernier, la Chambre des représentants, qui vote ce mercredi, ne devrait en revanche pas poser de problème.
Surenchère ?
Mais, plus qu'une simple majorité ric-rac, le locataire de la Maison-Blanche espère surtout rallier le plus grand nombre d'élus possibles pour légitimer les investissements massifs que vont engendrer son plan. Celui-ci est désormais estimé à 887 milliards de dollars après l'adoption mardi d'une nouvelle enveloppe de réductions d'impôts. Cette mesure vise à séduir les républicains. Mais ceux-ci, sachant qu'ils peuvent justement se faire entendre au vu de la situation, réclament de nombreux ajouts. Plus globalement, ils sont surtout très réticents à valider un projet qui prévoit une intervention massive de l'Etat dans l'économie (lire notre article : Obama se fait le héraut de l'intervention de l'Etat).
Face à l'assurance des démocrates de pouvoir gouverner à gauche, le parti de l'éléphant tente de ramener la barre au centre. Il propose par exemple que les aides aux Etats en difficulté soient accordées sous forme de prêts et non de subventions. "Je pense que le président aimerait gouverner au centre. La question est de savoir si les chefs démocrates de la Chambre et du Sénat vont le laisser faire. Ils bénéficient de larges majorités dans les deux chambres. Ils vont l'entraîner vers la gauche", affirme Mitch McConnell, le leader de la minorité républicaine.
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