Barack Obama et George W. Bush, le 11 novembre 2008 © TF1/LCILe 5 novembre 2008 au matin, Barack Obama, élu la veille, se réveillait comme futur président des Etats-Unis (cliquez ici pour revivre son discours de victoire). Mais ce n'est que deux mois et demi plus tard, Constitution américaine oblige, qu'il prend donc ses fonctions ce mardi 20 janvier. En plein marasme économique, il lui a donc fallu combler ce (trop ?) long vide imposé par le texte constitutionnel. Avec un objectif : rassurer ses concitoyens sur ses aptitudes à gouverner sitôt entré à la Maison-Blanche et les préparer à une situation difficile.
Dès le 7 novembre, le président-élu donne ainsi sa première conférence de presse, retransmise non seulement par les télévisions américaines mais aussi à l'étranger. La mise en scène est impressionnante, avec une dizaine de drapeaux américains, toute une équipe de conseillers et de possibles futurs membres du gouvernement.
Rassurer, rassurer et encore rassurer
En revanche, sur le fond, pas d'annonce surprise. Barack Obama tente surtout de rassurer une Amérique qui doute et de montrer qu'il est déjà au travail. "Nous sommes confrontés au plus grand défi de notre temps en matière économique. Nous allons devoir agir rapidement pour résoudre la crise. Immédiatement après avoir pris mes fonctions de président, je m'attaquerai de front à cette crise économique en prenant toutes les mesures nécessaires pour diminuer la crise du crédit, aider les familles de travailleurs et rétablir la croissance et la prospérité", explique-t-il (cliquez ici pour relire notre article).
Trois jours plus tard, toujours dans cette optique de montrer qu'il se projette déjà au soir du 20 janvier, Barack Obama rend visite à George W. Bush à la Maison-Blanche. Les deux hommes, malgré leurs divergences idéologiques et leurs anciens affrontements, font alors part de leur parfaite coopération pour mener une transition digne des Etats-Unis dans une période difficile (cliquez ici pour relire notre article). Le 16 novembre, le président-élu donne sa première interview télévisée. Là aussi, pas d'annonces fracassantes mais l'affirmation que la crise économique sera longue à résoudre (cliquez ici pour revoir un extrait).
Gouvernement d'ouverture
Pendant ce temps, les rumeurs bruissent sur la formation de son équipe gouvernementale. Fin novembre, il nomme son équipe chargée de la priorité des priorités : l'économie et donc le plan de relance (cliquez ici pour relire notre article). Un plan de relance dont il ne chiffre pas le montant, mais qui est estimé à plus de 800 milliards de dollars par la presse.
Début décembre, c'est l'équipe dédiée à la sécurité nationale qui est intronisée. Avec deux annonces importantes : Hillary Clinton, la rivale des primaires démocrates, s'occupera de la diplomatie (cliquez ici pour relire notre éclairage), tandis que Robert Gates, le ministre de la Défense de George W. Bush, est reconduit dans ses fonctions. C'est la première fois qu'un chef du Pentagone reste en place dans une administration de l'autre bord politique. Unanimement apprécié pour son travail en Irak, il permet à Barack Obama de concrétiser sa promesse de réconcilier l'Amérique (cliquez ici pour relire notre article). Autre promesse tenue : la priorité à l'Energie propre avec la nomination de Steven Chu, prix Nobel de physique et partisan des énergies renouvelables. Le reste de l'administration, pour les postes moins importants, sera annoncé au fur et à mesure.
Président-surfeur
Pendant les fêtes, Barack Obama s'offre quelques jours de détente à Hawaï, son Etat de naissance. Evidemment, difficile de ne pas donner quelques images aux médias américains. On le voit donc, torse nu, en short de bain, faire du surf. Bien loin de l'image de cow-boy attribué généralement aux présidents américains lors de leur moment de détente. (cliquez ici pour relire notre analyse). Afin de se montrer proche des gens, il se rend aussi dans un fast-food (cliquez ici pour revoir la vidéo). Emeute garantie.
Le retour à Chicago, où est installée l'équipe de transition, est plus studieux. Barack Obama et ses conseillers économiques mettent la main à la pâte pour préparer le plan de relance que le futur président veut faire voter le plus rapidement possible. "Le rêve américain est en danger", prévient-il d'un ton grave et solennel aux Américains lors d'une allocution solennelle début janvier (cliquez ici pour revoir un extrait). Une manière de se référer à Abraham Lincoln, qui avait pris les rênes de l'Amérique en 1861 dans une période trouble. Abraham Lincoln, qui, symbole suprême, sera présent le 20 janvier puisque le nouveau président prêtera serment sur la même bible que lui à l'époque.
Intervention de l'Etat
Le 8 janvier, sans chiffrer son plan, toujours estimé à plus de 800 milliards, Barack Obama en dessine les grandes lignes. Et c'est une petite révolution culturelle pour l'Amérique capitaliste : ce "New deal" version 2009 est basé sur l'intervention de l'Etat. Barack Obama entend ainsi créer trois millions d'emplois dans le secteur public, via quatre secteurs principaux : l'énergie et l'environnement (avec la mise en avant des énergies renouvelables et nouvelles pour remplacer le pétrole), l'éducation, la santé et les infrastructures (cliquez ici pour relire notre article).
Afin de permettre "aux familles de dépenser", il affirme que son plan permettra également de baisser les impôts de 1.000 dollars pour 95% des Américains. Une manière de faire passer la pilule aux parlementaires réticents, notamment républicains, qui pourraient bloquer le vote au Sénat. Un revers que ne peut se permettre le 44e président des Etats-Unis d'Amérique.
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