George W. Bush déguste une bière sans alcool avant un dîner officiel à Heiligendamm en marge du sommet du G8 le 7 juin 2007. © REUTERS/Philippe Wojazer"Nous devons lire la page avant de la tourner." Le mot est de Patrick Leahy, le président de la commission des Affaires judiciaires du Sénat américain alors que celle-ci va examiner le 4 mars les moyens d'ouvrir une enquête sur les dérives judiciaires des années Bush. "Nous ne devons pas avoir peur de découvrir ce que nous avons fait si nous voulons rester une nation vigilante dans la défense tant de notre sécurité nationale que de notre Constitution", a déclaré le sénateur.
"Rien n'a fait plus de dégâts à la stature et à l'autorité morale de l'Amérique que la révélation que, ces huit dernières années, nous avons abandonné notre engagement historique pour les droits de l'homme, en outrepassant la loi", a argumenté Patrick Leahy qui, le 9 février, avait dénoncé les dérives, notamment à l'intérieur des frontières américaines, de l'administration Bush dans le cadre de sa "guerre contre le terrorisme".
L'opinion y est favorable
Associations de défense des droits de l'hommes et parlementaires ont multiplié depuis cet automne les appels à l'ouverture d'une enquête sur les écoutes téléphoniques autorisées par l'exécutif sans mandat de la justice ni du Congrès, le recours à la torture dans des interrogatoires antiterroristes ou encore le limogeage de neuf procureurs en 2006 pour des raisons politiques.
Patrick Leahy a précisé qu'il entendait s'attaquer également au programme de transfert de détenus pour des interrogatoires menés par la CIA, les mauvais traitements à la prison d'Abu Ghraïb en Irak, la destruction de documents ou la rédaction de notes internes qui justifiaient ces dérives, notamment le recours à la torture.
Interrogé le 9 février sur l'éventualité d'une commission d'enquête, le président Barack Obama avait déclaré: "Ma position générale est de dire: (...) tournons la page". "Mais je pense aussi que personne n'est au dessus des lois", avait-il ajouté, en se prononçant pour des poursuites judiciaires en cas de méfaits avérés. Selon un sondage Gallup du 12 février, environ deux tiers des Américains sont favorables à l'ouverture d'une enquête de ce type.
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