Barack Obama, avec Joe Biden et Nancy Pelosi. © REUTERS"Notre économie est affaiblie et notre confiance ébranlée; nous vivons des temps difficiles et incertains; mais ce soir je veux que tous les Américains sachent ceci: nous allons reconstruire, nous allons nous rétablir, et les Etats-Unis d'Amérique en sortiront plus forts qu'auparavant", a déclaré Barack Obama mardi soir, tentant de verser de la confiance dans le moteur de l'économie américaine. Dans son discours solennellement adressé aux deux chambres réunies du parlement, et au-delà aux Américains, il a affirmé la nécessité de "sacrifices" pour réduire de moitié d'ici à la fin de son mandat en 2013 un déficit fédéral qui pourrait dépasser le chiffre faramineux de 1.500 milliards de dollars cette année.
Il a aussi utilisé cette tribune exceptionnelle et ce discours équivalant pour les présidents novices à l'allocution annuelle sur l'état de l'Union pour dire à une heure de grande écoute sa volonté de mener à bien cette année une grande réforme de la couverture sociale. Il a promis de faire en sorte que l'Amérique ait à nouveau d'ici à 2020 le plus fort taux d'universitaires diplômés au monde et d'augmenter les impôts sur les nantis. Elu sur la promesse du changement, il a promis d'investir dans les nouvelles technologies et dans les énergies renouvelables pour construire une nouvelle économie. Et il a pressé le Congrès de lui soumettre de nouvelles réglementations pour le système financier et une loi imposant des quotas d'émissions des gaz à effet de serre.
Réforme de la Défense
Mais l'Etat doit apurer son découvert, a-t-il dit. Son premier budget, qu'il présentera jeudi pour l'année 2010, éliminera les contrats sans appel d'offre qui ont coûté des milliards en Irak et réformera le budget de la Défense "pour que nous n'ayons pas à payer pour des systèmes d'armes qui datent de la Guerre froide et dont nous ne nous servons pas", a-t-il dit. Ce budget, reflet de la "réalité crue" de la crise dont il a hérité, taillera dans les programmes inutiles ou inopérants et son gouvernement a déjà identifié 2.000 milliards de dollars d'économies possibles sur 10 ans, a-t-il déclaré. M. Obama s'est à nouveau employé à dresser un tableau "honnête" selon son administration de la crise: "L'impact de cette récession est réel, et il est partout".
Les Américains pensent en majorité qu'il faudra des années pour sortir du marasme le plus profond depuis les années 30. Mais ils paraissent prêts à laisser du temps à M. Obama, qui a trouvé la crise en arrivant. Selon un sondage pour le Washington Post et ABC, 68% d'entre eux approuvent son action.
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