Barack Obama sur CNN (3 février 2009) © TF1/LCI| Barack Obama s'expliquant sur CNN |
"Je pense que c'était une erreur. J'ai foiré. J'en assume la responsabilité et nous allons faire en sorte de régler le problème pour être sûrs que cela ne se reproduira pas". Aveu inattendu de faiblesse, plaidoyer pour une erreur très humaine : ces mots ont été prononcés mardi par Barack Obama sur CNN. Le nouveau président des Etats-Unis s'exprimait après une double défection dans les rangs de son équipe : celle de Tom Daschle, son secrétaire à la Santé, et celle de Nancy Killefer, choisie pour tailler dans les dépenses superflues de l'Etat et pour veiller au bon fonctionnement des programmes fédéraux. Tous deux étaient en délicatesse avec le fisc.
En quelques heures, et seulement deux semaines après son investiture, Barack Obama a ainsi vu se bousculer les questions sur sa faculté à tenir sa promesse de gouverner autrement. Les renoncements de Tom Daschle et Nancy Killefer ont aussi éclipsé une grande opération du président américain auprès du public pour faire passer au plus vite un gigantesque plan censé relancer une économie paraissant souffrir chaque jour davantage.
Deux lettres d'excuses
Tout en estimant que Tom Daschle était le mieux à même de réformer le système de santé américain - une priorité pour l'opinion - Barack Obama a reconnu sur CNN qu'après avoir fait campagne sur le thème du changement, il ne pouvait donner l'impression d'appliquer "deux poids et deux mesures, pour les puissants d'un côté, et de l'autre pour les gens ordinaires qui travaillent tous les jours et qui payent leurs impôts". Or, l'intéressé était au coeur d'une controverse sur plus de 100.000 dollars d'arriérés d'impôts qu'il a acquittés il y a quelques semaines seulement.
Nancy Killefer, quant à elle, s'est retrouvée en butte à des informations sur des impôts qu'elle n'aurait pas payés pour une employée de maison depuis que Barack Obama l'a choisie début janvier. Deux affaires qui paraissaient remettre en cause l'engagement de Barack Obama à observer les critères les plus rigoureux jamais instaurés dans le choix de ses collaborateurs, d'autant plus que la confirmation de son secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, avait elle aussi été compliquée par des démêlés avec le fisc. Mais dans le cas de ce dernier, la nomination a été confirmé le 26 janvier.
Tom Daschle a publié lundi une lettre d'excuses plaidant l'erreur de bonne foi pour expliquer ses ennuis fiscaux. Avant de demander mardi au président Obama de renoncer à faire de lui son secrétaire à la Santé. Dans une autre lettre publiée elle aussi par la Maison Blanche, Nancy Killefer a assuré pour sa part se rendre compte que, "dans le climat actuel", ses "problèmes personnels" avec le fisc "pourraient être exploités pour détourner l'attention" de la tâche à accomplir. Voilà donc les accusés repentants et bien décidés à quitter la scène de leur plein gré pour ne pas compliquer la tâche du nouveau président. Et le porte-parole de Barack Obama, Robert Gibbs, a souligné après ces retraits que l'administration n'avait rien fait pour pousser Tom Daschle et Nancy Killefer vers la sortie. Ce qui n'évacue pas, évidemment, le soupçon "d'amicales pressions" sur les intéressés : la nouvelle administration en poste à Washington ne pouvait qu'avoir intérêt à ce que l'abcès Daschle soit crevé rapidement pour ne pas détourner l'attention de l'action de Barack Obama face à la crise économique.
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Avec agences
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