Première libération d'un prisonnier sous l'ère Obama

le 23 février 2009 à 18h10 , mis à jour le 23 février 2009 à 22h16

Binyam Mohamed, détenu pendant quatre ans sur la base américaine, est arrivé ce lundi au Royaume-Uni, où il a été remis en liberté sans inculpation.

guantanamo prisonnierUn prisonnier à Guantanamo © TF1/LCI

Après 7 ans en prison, il est libre, totalement libre. Ethiopien mais également résident britannique, Binyam Mohamed avait été arrêté au Pakistan en 2002 sur des soupçons de terrorisme. Il était notamment suspecté de s'être entraîné dans un camp d'Al-Qaïda en Afghanistan et de préparer une "bombe sale" avec des matériaux radioactifs.
 
Avant d'arriver à Guantanamo il y a quatre ans, il avait emmené au Maroc et en Afghanistan où il dit avoir été torturé. Finalement, aucune charge n'a été retenue contre lui et il n'a jamais été jugé. Une commission gouvernementale a examiné son dossier et estimé que son transfert était compatible avec la sécurité nationale, les impératifs des Etats-Unis en matière de politique étrangère et ceux de la justice.

"Incroyablement maigre" et  "très émacié"

Binyam Mohamed a donc été transféré ce lundi vers le Royaume-Uni. "Cette libération est le résultat d'intenses négociations avec le gouvernement américain", affirme  le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband -les accusations de torture ont en effet créé des tensions entre Londres et Washington. Il a été remis en liberté sans inculpation en début de soirée après avoir été interrogé par la police, a annoncé Scotland Yard, expliquant : "Il a été remis en liberté un point c'est tout, c'est la fin" de la procédure. Le Royaume-Uni devrait par ailleurs accorder à Binyam Mohamed un droit de séjour temporaire avant d'examiner en détails son statut migratoire.

Selon son avocat, Binyam Mohamed a retrouvé sa soeur, qu'il n'avait pas vue depuis sept ans. "C'étaient des retrouvailles pleines de larmes", a-t-il raconté à la presse après la libération de son client, qu'il a trouvé "incroyablement maigre" et  "très émacié". "Il veut simplement aller à un endroit que nous lui avons trouvé pour cette nuit, où il puisse être seul avec sa soeur et commencer à reconstruire sa vie", a-t-il ajouté.

Réduire l'isolement des détenus
 
Cette libération permet à Barack Obama de tenir sa promesse de transférer le maximum de détenus vers des pays tiers. Elle ne lui coûte d'ailleurs presque rien puisque la plupart des accusations portées contre Binyam Mohamed avaient été abandonnées avant son entrée en fonctions. Elle lui permet également de reprendre l'initiative sur un dossier symbolique qui a décontenancé les défenseurs des droits de l'Homme, qui espéraient la fin des méthodes de l'ère Bush. Or un récent rapport du Pentagone affirme que les conditions de détention des 245 prisonniers qui se trouvent toujours à Guantanamo respectaient les Conventions de Genève, en contradiction avec ce que rapportent les avocats de la défense. L'Association américaine de défense des libertés civiles (Aclu) estime que ces conclusions reviennent à "blanchir" l'administration Bush pour les mauvais traitements subis par les détenus.

Pour autant, le Pentagone a conseillé, dans un rapport sur les procédures de détention sur la base de Guantanamo publié lundi, de réduire l'isolement des détenus et de leur permettre d'avoir plus d'interactions sociales et de loisirs. Le Pentagone a en outre demandé dans ce rapport une solution rapide pour libérer les 17 Chinois ouïgours détenus à Guantanamo depuis 7 ans et blanchis depuis 5, mais qui ne peuvent pas être relâchés sur le sol américain en vertu d'une décision de justice.

Enfin, le ministre de la Justice américain, Eric Holder, était lundi dans le camp de détention de Guantanamo pour s'informer sur la situation des détenus et visiter les installations, un nouveau pas vers la fermeture de la prison, dans moins d'un an, a annoncé le gouvernement. Eric Holder a aussi nommé Matthew Olsen responsable du réexamen au cas par cas des dossiers des détenus de Guantanamo. Une tâche ardue qui risque de déboucher sur la légitimation de la détention illimitée sans charge, maintes fois reprochée à l'admnistration Bush. Enfin, la décision des avocats du nouveau gouvernement de "se ranger aux positions qu'il avait précédemment adoptées", sous George W. Bush, sur la question des droits des prisonniers de Bagram, en Afghanistan, a également surpris.

le 23 février 2009 à 18:10
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4 Commentaires

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  • Uter, le 24/02/2009 à 12h49

    Guantanamo, mais c'est l'arbre qui cache la fôret, c'est la poudre aux yeux des niais du monde ....Obama va continuer la politique de Bush pour ce qu'on appelle les affaires américaines mondiales et croyez-moi que la réaliste administration Obama va s'y employer sans état d'âme....combien de femmes et d'hommes sont prisionniers ou sous le joug de politiques réprésives , véritable bras armés de la politique américaine dans le monde....L'irak, la palestine....pour ne citer que ceux-là qui sont sous les lumières médiatiques ....rappelons nous que la survie de l'amérique s'est toujours confondue avec des conflits armés aux 4 coins du globe... il suffit de relire l'histoire ...

  • Pierre, le 24/02/2009 à 03h16

    Resident ne veut pas dire de nationalite britanique. c'est aberrant. Pourquoi ne pas le renvoyer dans son pays d'origine. ( pas publie)

  • Tipoussy, le 23/02/2009 à 20h00

    Je fais partie de ceux qui ont cru les promesses d'Obama sur la fermeture de Guantanamo et le retrait des troupes Américaines d'Irak. Mais là je suis déçu, çà prends trop de temps!! On ne peut pas enfermer et torturer des hommes sur un simple soupçon de terrorisme ou parcequ'ils ont combattu les Américains en Afghanistan.

  • Cédric, le 23/02/2009 à 18h53

    Premiere Grosse erreur ....

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