© Reuters/F. LenoirLe 2 avril prochain, Barack Obama, lors de son voyage en Europe, rencontrera son homologue russe Dmitri Medvedev. Afin de préparer ce premier sommet, Hillary Clinton et Sergueï Lavrov, les ministres américain et russe des Affaires étrangères, se retrouvent à Genève. Objectif : concrétiser le réchauffement des relations entre les deux pays entamé, au moins sur la forme, depuis le 20 janvier.
De Iran à l'Afghanistan en passant par la Géorgie, le bouclier antimissile ou encore le désarmement, le menu du dîner est donc chargé. Mais si Barack Obama prône une "relance" des relations avec Moscou, sur le fond, les dossiers restent les mêmes : le nouveau président américain paraît résolu à conserver son projet de bouclier antimissile. Après avoir semblé hésitant, il refuse, tout comme le faisait George W. Bush, l'existence d'une zone d'influence russe en Europe de l'Est et défend l'entrée de la Géorgie et l'Ukraine dans l'Otan.
Problème : la nouvelle administration américaine a tout autant besoin que la précédente du soutien de la Russie sur les dossiers nucléaires iranien et nord-coréen. Déterminée à augmenter leur effort militaire en Afghanistan, les Etats-Unis veulent aussi pouvoir convoyer du matériel vers Kaboul via la Russie. Pour rétablir la confiance avec Moscou, Washington cherche donc à relancer les négociations sur le renouvellement du Traité de réduction des armes stratégiques (START-1) qui expire fin 2009.
"Réalisme"
Hillary Clinton a annoncé son intention de faire preuve de "réalisme", notant qu'"il est temps de chercher un nouveau départ" avec Moscou et de reprendre les relations formelles entre l'Otan et la Russie, suspendues après l'opération militaire russe en Géorgie. "Je pense que dans certains domaines, nous allons trouver un grand potentiel de coopération. Dans d'autres, nous aurons des divergences et nous tiendrons bon et ils tiendront bon, et nous espérons parvenir à des accords si possible", explique-t-elle. Elle indique également que dialoguer avec la Russie "n'enlève rien" au soutien américain à Tbilissi.
Dans le même temps, elle prévoit de presser la Russie de renoncer à vendre des missiles sol-air perfectionnés à l'Iran, notant qu'une telle perspective "constitue une menace pour la Russie aussi bien que pour l'Europe et ses voisins dans la région" du Moyen-Orient. Elle espère aussi convaincre Moscou de participer au projet de bouclier antimissile que les Etats-Unis veulent déployer en Pologne et en République Tchèque pour contrer une éventuelle menace balistique d'Etats comme l'Iran. "Je crois qu'ils (les Russes) commencent à vraiment admettre qu'il n'est pas dirigé contre la Russie", estime-t-elle, en évoquant ce système destiné selon elle à la "défense mutuelle" des Etats-Unis et de l'Europe "au 21e siècle".
De son côté, Sergueï Lavrov souligne simplement que "cette rencontre va nous permettre d'examiner tout le spectre de nos relations".
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