Florence Cassez, condamnée en appel à 60 de prison. © TF1/LCISuivez à partir de 18h20, en direct sur LCI.fr, le point presse de Nicolas Sarkozy
| Une opinion publique très remontée contre Florence Cassez |
A la veille du début officiel, ce lundi, de la visite d'Etat de Nicolas Sarkozy, le président français et son homologue mexicain Felipe Calderon se sont retrouvés dimanche pour un déjeuner "privé" et une visite des pyramides de Teotihuacan, près de Mexico. Aucun détail n'a filtré de cette rencontre privée, au cours de laquelle les deux responsables ont passé en revue pendant deux heures, selon la présidence française, l'ensemble des sujets au menu de la journée de lundi. A commencer par le dossier de Florence Cassez, cette Française lourdement condamnée par la justice mexicaine pour des faits de complicité d'enlèvement qu'elle nie farouchement. Dans un pays où les rapts crapuleux sont devenus un fléau, le sort de la jeune femme, parfois qualifiée de "diabolique" par la presse locale, est particulièrement sensible.
Le président mexicain a d'ores et déjà déclaré que la jeune femme, dont la condamnation vient d'être ramenée en appel de 96 à 60 ans de prison, pouvait encore déposer un recours auprès de la Cour suprême ou demander son transfèrement en France pour y purger sa peine en vertu des conventions internationales. Selon le père de Florence Cassez, c'est cette dernière option qu'elle devrait choisir : elle s'apprêterait à renoncer à se pourvoir en cassation et à demander son transfèrement en France pour y purger une peine réduite à 20 ans de prison. Nicolas Sarkozy, qui l'a reçu jeudi en même temps qu'un avocat de la jeune femme, fera "ce qui peut être utile" pour celle-ci en tenant compte de "la grande sensibilité des Mexicains" sur ce dossier "extrêmement médiatisé", a-t-on indiqué à l'Elysée.
Vers un scénario "à la tchadienne" ?
Florence Cassez avait été arrêtée fin 2005 près de Mexico lors d'une descente de police alors qu'elle se trouvait avec son ex-compagnon, accusé de diriger une organisation criminelle. Elle ne cesse depuis de dénoncer les irrégularités et les incohérences de son dossier. Le chef de l'Etat français semble privilégier dans cette affaire un scénario "à la tchadienne". En clair, il s'agirait de convaincre Florence Cassez de renoncer à son pourvoi en cassation pour obtenir son transfert vers la France pour y purger une peine "aménagée", comme ce fut le cas des six Français de l'association l'Arche de Zoé, condamnés au Tchad fin 2007 avant d'être rapatriés en France puis libérés après une grâce du président tchadien.
Le président mexicain Felipe Calderon a ouvert la voie à cette solution en évoquant mercredi la "possibilité" d'un transfert en France de la prisonnière. L'entourage de Nicolas Sarkozy s'est réjoui de ce "geste courageux (...) qui montre qu'il souhaite trouver une solution", mais s'est gardé d'en dire plus. Quant à l'idée d'une visite de Carla Bruni-Sarkozy à la détenue, suggérée par sa famille, elle n'est "pas prévue", a ajouté l'Elysée.
Gros contrats attendus
En dépit de cette affaire délicate, Nicolas Sarkozy souhaite surtout profiter de sa visite pour donner "un éclat majeur" aux relations entre les deux pays et combler leur "déficit de réalisations concrètes". Des contrats en matière de sécurité - des hélicoptères et un système de surveillance par caméras pour la ville de Mexico - devraient être signés par les groupes EADS et Thales. Aujourd'hui, la France n'est que le quatrième partenaire commercial européen de la deuxième puissance économique d'Amérique latine avec une part de marché de 1%, alors qu'elle est beaucoup plus présente au Brésil, en Argentine ou même en Colombie. Un groupe de dirigeants d'entreprises des deux pays, au nombre desquels figurent GDF Suez, Lafarge, Schneider Electric, Danone, Saint-Gobain ou Safran côté français, a planché sur les moyens de remédier à cette situation et devrait présenter ses conclusions lundi en marge de la visite de Nicolas Sarkozy.
Côté politique, le chef de l'Etat français et son homologue mexicain devraient signer deux déclarations communes. L'une validera une approche commune pour le prochain sommet du G20 de Londres qui vise à réformer en profondeur la supervision des marchés financiers mondiaux et de leurs acteurs. L'autre entérinera la grande proximité de vues entre Paris et Mexico sur des sujets comme le "G13", à savoir l'ouverture du G8 aux grands pays émergents comme le Mexique, et leur volonté de travailler main dans la main dans les grandes négociations internationales.
D'après agence
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