Barack Obama Crise oblige, les questions internationales sont restées au second plan mardi soir, lors de la grande conférence de presse organisée par le président américain Barack Obama à la Maison Blanche. Celui-ci a tenté de rassurer en premier lieu l'opinion publique américaine, en affirmant que sa stratégie contre la crise économique commençait à montrer des "signes de progrès". "Nous sortirons de cette récession. Mais cela prendra du temps, cela nécessitera de la patience", a-t-il averti. Signe d'espoir pour le président américain : le dollar. "Je ferais remarquer que le dollar est extraordinairement fort en ce moment. Et la raison pour laquelle le dollar est fort en ce moment, c'est parce que les investisseurs considèrent que les Etats-Unis ont l'économie la plus forte au monde, avec le système politique le plus stable au monde", a-t-il estimé.
Barack Obama s'adressait aussi à Wall Street, qui s'interroge sur l'efficacité du plan d'assainissement des banques dévoilé lundi par le secrétaire au Trésor Timothy Geithner, et à ses partenaires du G20, qu'il retrouvera la semaine prochaine à Londres pour tenter de trouver des remèdes à la crise mondiale. "Nous avons mis sur pied une stratégie globale destinée à attaquer la crise sur tous les fronts. C'est une stratégie qui vise à créer des emplois, à aider les propriétaires responsables, à relancer le crédit et à accroître notre économie dans le long terme. Et nous commençons à observer des signes de progrès", a-t-il affirmé.
AIG, l'embarras
Evacuant les risques de divergence avec une partie des Européens, le président américain a dit espérer que les dirigeants des principaux pays industrialisés et en développement s'accorderaient à Londres sur la nécessité de stimuler la croissance et de rénover les règles encadrant le secteur financier. Quelques heures plus tôt, dans une tribune publiée par une trentaine de journaux de la planète, il indiquait que "les Etats-Unis étaient prêts à assumer leur leadership" et estimait que les plans de relance mis en place dans différents pays devaient "être poursuivis et consolidés jusqu'à ce que la demande soit rétablie". "Nous ne voulons pas d'une situation dans laquelle certains pays consentiraient à des efforts extraordinaires et d'autres non, espérant simplement que les pays prenant ces mesures importantes permettent à tous de s'élever", a-t-il dit mardi soir.
L'intervention d'Obama, à la suite de multiples apparitions dans les médias, visait aussi à recadrer sur les questions budgétaires et économiques un débat public dominé par l'affaire AIG. Le géant américain de l'assurance, sauvé de la faillite par l'injection de quelque 180 milliards de dollars de fonds publics, a suscité l'indignation en versant 165 millions de dollars de primes et bonus à ses principaux cadres. A plusieurs reprises ces derniers jours, le président américain avait condamné cette décision tout en tentant d'apaiser les esprits et de repousser les appels à la démission de Timothy Geithner, critiqué pour sa gestion de ce dossier. "Il y a eu beaucoup d'indignation et de soupçons la semaine dernière, et c'était dans la plupart des cas compréhensible", a-t-il dit mardi soir. Obama a expliqué avoir attendu "quelques jours" avant de réagir parce que, a-t-il expliqué sèchement, "j'aime savoir de quoi je parle avant de parler".
L'affaire des primes d'AIG a estompé les efforts entrepris par l'administration démocrate pour démontrer le bien-fondé de son plan de relance de 787 milliards de dollars de l'économie et de son projet de budget 2010 de 3.550 milliards de dollars dont l'examen au Congrès s'annonce tendu. Les républicains mais aussi certains démocrates s'inquiètent du coût de ce budget massif, qu'Obama juge crucial pour "passer d'une ère d'emprunt et de dépense à une ère d'économies et d'investissement". "Ce budget est inséparable de la reprise parce qu'il pose les bases d'une prospérité sûre et durable. Le chemin est encore long, et nous aurons notre compte de coups et de revers avant d'arriver au bout", a-t-il dit.
D'après agence
Inquiet sur Israël, muet sur l'Afghanistan et l'Irak |
Les affaires internationales ont été reléguées au second plan, malgré l'approche de grands rendez-vous comme les sommets du G20, de l'Otan, et de l'Union européenne-Etats-Unis, en avril. Le président a quand même reconnu d'un euphémisme que l'arrivée probable au pouvoir en Israël du chef du Likoud (droite) Benjamin Netanyahu, un "faucon" opposé à la création d'un Etat palestinien, risquait de ne pas faciliter la paix avec les Palestiniens. "Ce n'est pas plus simple que cela n'était, mais je pense que c'est tout aussi nécessaire", a-t-il dit. Réponse du camp Netanyahu : "Benjamin Netanyahu est conscient des positions d'Obama et comprend qu'il faut régler le conflit israélo-palestinien qui est au coeur d'un arrangement régional de paix", a affirmé à la radio de l'armée israélienne le ministre sortant des Affaires sociales Yitzhak Herzog. "Nous allons oeuvrer à l'avènement de la paix au Proche-Orient, conformément à notre accord de coalition gouvernementale", a-t-il ajouté. Lors de sa conférence de presse, Barack Obama n'a pas évoqué les guerres en Irak et en Afghanistan. |
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