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Par Propos recueillis par Fabrice AUBERT, le 28 avril 2009 à 16h28, mis à jour le le 28 avril 2009 à 17:19
Interview - Frank Baumgartner, professeur de sciences politiques, analyse pour LCI.fr les 100 premiers jours du nouveau président américain à la Maison-Blanche.
![[Expiré] obama portrait](http://s.tf1.fr/mmdia/i/71/9/expire-obama-portrait-2822719qqrom_1258.jpg?v=3)
Frank Baumgartner est professeur de sciences politiques à l'Université Penn State, en Pennsylvanie.
LCI.Fr : Quel bilan peut-on tirer des 100 jours de Barack Obama à la Maison-Blanche ?
Frank Baumgartner : C'est sans doute le meilleur bilan à ce stade d'une présidence depuis Franklin Roosevelt. Il est plus positif que celui de Ronald Reagan en 1980 ou encore de celui de Newt Gingrich avec son "Contract with America" (ndlr : le programme législatif des républicains après leur victoire à la Chambre des représentants en 1994). Le fait que tout le monde le compare à Roosevelt en dit déjà beaucoup sur ce bilan. C'est une bonne compagnie !
Barack Obama a bien sûr traité des grandes questions financières mais il n'a pas non oublié pas les autres priorités. Il a fermé le camp à Guantanamo au premier jour ouvrable de sa présidence, ce qui n'est évidemment pas un hasard. Il a également lancé un processus qui finira certainement par des investigations sérieuses sur l'utilisation de la torture, en soulignant l'idée de tenir comme responsables non pas les agents mais bien les responsables plus élevés. Le contraste est saisissant avec l'attitude Donald Rumsfeld lors du scandale d'Abou Ghraib.
LCI.Fr : Ce bilan correspond-t-il à ce qu'il avait annoncé lors de sa campagne ?
F.B. : On ne peut certainement pas se plaindre de lui d'avoir oublié ses promesses ni de ne pas avoir créé une rupture avec le passé.
"Il inspire confiance"
LCI.Fr : Peut-on justement parler de réelle rupture avec Bush ? N'y a-t-il pas en effet une certaine continuité avec son prédécesseur selon les sujets ?
F.B. : Naturellement, l'administration publique continue, comme c'est toujours le cas. C'est un grand navire que ne change pas de direction si vite. Et il est vrai qu'il n'y a pas tellement de différence sur certains thèmes. Mais sur les sujets principaux, la rupture est réelle : guerre en Irak, en Afghanistan, relations avec Cuba et l'Amérique latine, actions vis-à-vis des marchés financiers, réforme de la santé (encore à venir), programme de stimulus économique...
Surtout, les Américains ont désormais le sentiment que la situation, très difficile, est reprise en main, avec savoir-faire. Barack Obama inspire au public une grande confiance et un nouveau souffle. A la fin de son mandat, George W. Bush était dans la situation inverse, notamment pour la crise financière. La rupture n'est donc pas uniquement politique. Elle est aussi symbolique, via un nouveau style de leadership.
LCI.Fr : Pour l'instant, l'état de grâce se poursuit. Peut-il continuer ?
F.B. : Il est inévitable que Barack Obama va perdre une certaine partie de son soutien public et politique. Mais, en face de lui, le parti républicain se trouve dans sa pire situation depuis des décennies. Et son choix de "tout refuser", notamment le plan de stimulus économique, indique qu'il cherche désespérément à mobiliser la base. Or comme le président a le soutien d'une énorme majorité des Américains, cela pourrait s'avérer être une erreur stratégique de premier ordre si le public ne perd pas patience avec Obama.
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