Chavez et Obama se parlent, et se serrent la main

le 18 avril 2009 à 07h11 , mis à jour le 18 avril 2009 à 22h44

Barack Obama et son homologue vénézuélien ont eu une rencontre brève mais symbolique à l'occasion du sommet des Amériques à Trinité-et-Tobago.

[Expiré] Poignée de main symbolique entre Barack Obama et Hugo Chavez (17 avril 2009) © H. New / Reuters

Barack Obama a profité vendredi de l'ouverture du sommet des Amériques pour tendre la main à Cuba et appeler l'ensemble du continent à ouvrir "un nouveau chapitre de dialogue" avec les Etats-Unis. Symbole fort de la nouvelle politique qu'il souhaite incarner envers l'Amérique latine, le président américain a serré la main de son homologue Hugo Chavez, qui avait pris l'habitude de qualifier Bush de "diable" et d'alcoolique, et qui avait traité Obama lui-même de "pauvre ignare" en mars dernier, après que le président américain l'eut accusé de faire obstacle aux progrès en Amérique latine.

 

"J'ai salué Bush avec cette main il y a huit ans. Je veux être votre ami", a lancé Chavez à Obama lors de cette brève rencontre. L'homme fort de Caracas a ensuite expliqué à la presse que ce geste était tout naturel : "Nous nous sommes serré la main comme des gentlemen. Il était évident que ça allait se passer. Le président Obama est un homme intelligent, différent du précédent". Un haut responsable de l'administration américaine a ensuite fait savoir que la poignée de main avait eu lieu à l'initiative d'Obama, qui a traversé la salle dans laquelle étaient alignés les chefs d'Etat pour aller à la rencontre de Chavez et se présenter. Il a précisé qu'Obama n'avait pas répliqué aux commentaires de Chavez, devenu ces dernières années la figure de la contestation anti-américaine en Amérique latine, lui répondant par un simple sourire.

 

"Respect mutuel" et "intérêts communs"

 

Cette volonté d'ouverture du président américain s'est manifestée aussi lors de son discours inaugural. "Nous ne pouvons pas rester prisonniers des désaccords du passé", a lancé Barack Obama, après avoir été chaudement applaudi à son arrivée dans le centre de conférence de Port of Spain, capitale de Trinité-et-Tobago. "Je prends devant vous l'engagement d'un partenariat d'égal à égal", a-t-il dit, appelant à "un dialogue fondé sur le respect mutuel, les intérêts communs et les valeurs partagées". Samedi, le président vénézuélien a continué à se montrer conciliant envers son homologue américain en lui offrant un livre, Les Veines ouvertes de l'Amérique latine de l'Uruguayen Eduardo Galeano.

 

La veille, Barack Obama avait consacré une grande partie de son discours à l'évocation des relations américano-cubaines, confirmant le réchauffement entre Washington et La Havane. "Je crois que nous pouvons faire avancer les relations américano-cubaines dans une nouvelle direction", a-t-il dit, précisant que Washington chercherait à "surmonter des décennies de méfiance" pour impulser "un nouveau départ" avec l'île communiste. "Ces deux dernières années, j'ai indiqué, et je le répète aujourd'hui, que j'étais prêt à faire en sorte que mon administration engage le dialogue avec le gouvernement cubain sur un large éventail de questions: des droits de l'homme, de la liberté d'expression, des réformes démocratiques, de la drogue, de l'immigration et des questions économiques".

 

Rompant avec son prédécesseur George Bush, qui avait durci la politique américaine envers l'île communiste, Obama a mis fin lundi aux restrictions qui visaient les voyages et les transferts d'argent des Cubano-Américains vers Cuba, ouvrant une brèche dans l'embargo en vigueur depuis 47 ans. Lors de son discours, le président américain s'est dit prêt à d'autres gestes si La Havane entreprenait des réformes démocratiques. En retour, le président cubain Raul Castro a déclaré qu'il était prêt à discuter "de tout" avec Washington, y compris de la question des prisonniers politiques, alors que plusieurs dirigeants, de Chavez au président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, ont appelé les Etats-Unis à lever leur embargo à l'encontre de Cuba. Mais des voix plus critiques, émanant de l'Alternative bolivarienne pour les Amériques réunissant le Venezuela, Cuba, la Bolivie, le Nicaragua, le Honduras, la Dominique et Saint-Vincent, ont d'ores et déjà annoncé qu'ils rejetaient le projet de déclaration finale du sommet, un texte qui n'apporte selon eux aucune réponse à la crise économique et exclut "de manière injustifiée" Cuba.

 

D'après agence

 

Brève rencontre entre l'émissaire d'Obama et un ministre iranien

L'émissaire spécial américain Richard Holbrooke a confirmé samedi avoir brièvement rencontré le ministre iranien des Affaires étrangères en marge d'une conférence sur le Pakistan à Tokyo. Holbrooke, représentant de l'administration Obama sur les dossiers afghan et pakistanais, a précisé que sa rencontre vendredi avec Manouchehr Mottaki ne constituait pas à proprement parler un "dialogue".  "Je suis tombé sur le ministre des Affaires étrangères alors que nous attendions, je lui ai dit bonjour et nous avons parlé une minute ou deux", a-t-il précisé. Mais ce bref échange est un signe supplémentaire du changement d'attitude à Washington à l'encontre de Téhéran depuis l'investiture de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis.

 

le 18 avril 2009 à 07:11
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7 Commentaires

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  • Frperetti, le 21/04/2009 à 18h39

    Chavez et obama sont les meilleurs dirigeants de ce monde

  • Tony, le 19/04/2009 à 02h02

    Marie je ne veux pas vous contredire mais chavez est entrain de privatiser les entreprises pétrolières et ils les rachetent pour son compte personnel. Il a fait changé les lois de son pays pour qu il puisse être réelu à vie... Chavez c'est un bush en puissance. Un dictateur !!!!

  • Marie, le 18/04/2009 à 19h35

    J'adore hugo chavez, il est l'un des anges de la terre parmi les plus puissants. mon propos va peut etre en surprendre beaucoup mais je l'écris car je le sais. il a surtout à coeur d'etre aide et respecté, ainsi que obama. j'ai donc bon espoir en un changement un cra plus positif par une amitié entre ex. merci.

  • Alain, le 18/04/2009 à 18h46

    Une seule remarque : Chavez, c'est bien le dictateur à vie du Vénezuela ? Obama devrait se méfier ! ! !

  • Ruffa, le 18/04/2009 à 13h52

    C'est bien pour l'humanité que des guerres unitils avec l'admistration bush, maintenant c'est au tour des israeliens et palestiniens de se mettre ensemble pour une paix durable sans leurs extremistes ça sera bénefique pour leurs enfants et petits enfans de vivre en paix , il faut un effort des deux coté c'est faisable, merci de me publier.

  • Kko, le 18/04/2009 à 12h23

    Montrer du respect pour ses homologues Iraniens et Venezueliens, est la plus grande marque d'intelligence de la part du plus grand chef d'etats...Mais combien avant lui??? Thanks, Mr President Barrack.

  • THIERRY, le 18/04/2009 à 08h02

    Voila du grain à moudre pdt au moins 8j pour les journaleux!!

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