© ReutersDécidément, Barack Obama a bien du mal avec les membres de son gouvernement ou ses conseillers. Avant même son entrée en fonctions, il avait dû renoncer à nommer Bill Richardson, le gouverneur du Nouveau-Mexique, comme ministre du Commerce en raison de soupçons de corruption. Début février, il avait dû se séparer de Tom Daschle, le ministre à la Santé, et de Nancy Killefer, choisie pour tailler dans les dépenses superflues de l'Etat et pour veiller au bon fonctionnement des programmes fédéraux. Tous deux étaient en délicatesse avec le fisc. "J'ai foiré", avait-il alors admis à la télévision.
Cette fois, c'est Steve Rattner, son conseiller pour l'automobile -sujet très sensible actuellement avec les ennuis de General Motors et de Ford, au centre d'un plan de relance spécifique-, qui pourrait se retrouver dans une affaire de corruption liée à ses précédentes fonctions. Selon plusieurs quotidiens, dont le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal, le fonds d'investissement Quadrangle qu'il a co-fondé est en effet accusé d'avoir acheté les faveurs d'un fonds de retraite de l'Etat de New York.
1,1 million de dollars
Les journaux affirment qu'un "cadre dirigeant" de Quadrangle se serait entretenu avec un consultant politique sur la possibilité de verser une commission avant de payer 1,1 million de dollars pour bénéficier d'un investissement de ce fonds de retraite. Pour appuyer leurs allégations, ils citent une plainte portée auprès des autorités boursières contre plusieurs responsables de l'Etat de New York. Même si Steve Rattner ne semble pas cité personnellement comme responsable de malversation, il pourrait être poursuivi comme dirigeant de Quadrangle.
Cette affaire peut-elle briser la carrière de Steve Rattner auprès du président ? L'analyste Jonathan Berr, sur le site d'analyse financier 247WallSt.com, estime "pour le bien de tous, Rattner devrait abandonner sa carrière naissante au service du gouvernement".
Mauvais moment
Ces révélations tombent en tout cas mal pour Barack Obama. Les premières critiques sérieuses depuis son entrée en fonctions font en effet leur apparition outre-Atlantique. Du côté républicain, bien sûr, avec les habituelles attaques contre les impôts. Mais aussi de la gauche avec notamment les affirmations de Paul Krugman. Le prix Nobel d'économie 2008, de tendance néo-keynésienne, estime que le plan de relance de l'économie est trop timide et que l'administration d'Obama est encore trop liée avec Wall Street, notamment avec la présence d'anciens de la banque Goldman Sachs.
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