L'Amérique doute des bienfaits du capitalisme

le 10 avril 2009 à 07h14 , mis à jour le 10 avril 2009 à 07h18

En pleine récession, le capitalisme n'apparaît plus nécessairement comme le meilleur système économique pour tous les Américains. Près d'un sur deux pense même le contraire.

[Expiré] Panneau "For sale" (à vendre) © www.sxc.hu

Dans un pays considéré comme le bastion du capitalisme, mais aujourd'hui en pleine récession et frappé par l'une des pires crises économiques de son histoire, le sondage a valeur de symbole. Certes, les Américains sont toujours une majorité à considérer le capitalisme comme le meilleur système économique qui soit. Mais ce n'est plus une majorité écrasante, loin de là. En fait, près d'un Américain sur deux a désormais de gros doutes, puisqu'ils ne sont plus que 53% à estimer que le capitalisme est le meilleur système qui soit.

 

Plus étonnant encore : selon ce sondage Rasmussen Reports, 20% des personnes interrogées citent le socialisme comme leur système préféré. Ce terme de "socialisme" est peut-être toutefois à relativiser, alors que les critiques républicains du président Barack Obama ont fustigé son plan de relance à l'aide de centaines de milliards d'euros de dépenses publiques en mettant en garde, précisément, contre le "spectre du socialisme". Or le sondage publié jeudi ne donne aucune définition des mots capitalisme et socialisme, et 27% des personnes interrogées ne se prononcent pas, souligne Rasmussen.

 

Les collusions d'intérêts politiques et économiques dénoncées

 

Ce sondage est d'autant plus riche d'enseignements sur le malaise des Américains lorsqu'on le compare aux résultats d'une précédente étude du même institut réalisée fin décembre, avant que Barack Obama ne prenne ses fonctions : 70% des personnes interrogées avaient fait part de leur préférence pour une économie fondée sur la liberté des échanges.

 

Or, "le fait que le marché libre obtienne nettement plus de soutien que le capitalisme laisse percer un certain scepticisme sur le fait que le capitalisme aux Etats-Unis repose sur le marché libre", soulignent les auteurs du sondage. Ce n'est peut-être donc pas tant le système du capitalisme lui-même qui est aujourd'hui pointé du doigt, mais ses dérives... Précisément, dans un autre sondage réalisé par le même institut le mois dernier, deux personnes sur trois estimaient que la collusion des intérêts du monde politique et de celui des affaires nuisait aux consommateurs et aux investisseurs.

 

Ce sondage a été réalisé par téléphone les 6 et 7 avril auprès de 1000 personnes avec une marge d'erreur de plus ou moins 3 points.

 

D'après agence

le 10 avril 2009 à 07:14
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8 Commentaires

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  • Alain, le 10/04/2009 à 09h41

    Enfin des gens lucides ! Ca va venir quand chez nous ?

  • Claude, le 10/04/2009 à 09h26

    Il n'existe pas de modèle de société idéal, l'humanité sera toujours à sa recherche...

  • Bob, le 10/04/2009 à 09h22

    "le sondage publié jeudi ne donne aucune définition des mots capitalisme et socialisme" : tout est là, les sondages ne font que refléter la réaction épidermique à une situation instantanée. Il y a 50 ans, les mêmes sondés étaient à 99,9% pro-capitalisme, parce qu'à l'époque, d'une part tout le monde y trouvait son compte, et d'autre part c'était idéologiquement le rempart contre la dictature communiste (=socialiste dans le vocabulaire US). Pour les sondés d'aujourd'hui, le capitalisme c'est avant tout des profiteurs qui se gavent sur le dos des travailleurs, y compris aux USA. Le système est assez largement reconnu comme pourri de l'intérieur, d'où les résultats du sondage.

  • DIDIER, le 10/04/2009 à 09h16

    Les Américains sont actuellement sous le coup d'une crise particulièrement aigue et ils ne connaissent pas les dérives du socialisme. Un pays peut-être basé sur le capitalisme tout en étant social : la France est un des pays ou le social est le plus développé pour une économie démocratique de marchés. Le fondement du capitalisme est axé sur la motivation. Tout un chacun souhaite avoir plus de moyens pour lui et sa famille. Pour cela il sait qu'il doit travailler, inover et être le plus performant possible : c'est cela le moteur de toute économie. Par contre un pays capitaliste a le devoir, avec l'argent du système qui profite au pays, à faire un maximum de social (que ceux qui voyagent à l'Etranger se renseignent auprès de leurs compatriotes sur ce qu'est le social en le comparant avec celui de la France : exemple CANADA, G.B.) Bien sur il faut aussi tenir compte que certains pays socialistes (ou autres) disposent de ressources naturelles exceptionnellement importantes (ce qui n'est pas notre cas). Le plus grand danger est la dérive ou conduit le capitalisme (dans le socialisme cela prend une autre forme) du toujours plus. Il faut donc y apporter des règles strictes, une surveillance permanente et ne pas hésiter à punir sévèrement les excès et les infractions aux règles. Il semble bien que ce soit le but vers lequel se tourne les Présidents OBAMA et SARKOZY et pour cela devant une mondialisation inéluctable et nécessaire il faut harmoniser les systèmes. Empêcher les exces en matière de rémunérations de patrons qui souvent ne font que profiter honteusement du travail de leur personnel (sans oublier que cela ne touche guère que de grandes multinationales). Le socialisme conduit trop souvent à s'appuyer sur les autres, à profiter du système, à annihiler la motivation : pourquoi faire soi même ce qu'un autre peut faire le lendemain s'il n'y a pas de sanction financière ?

  • JB, le 10/04/2009 à 09h09

    L'eveil est en marche mes amis !! Le plus dur sera de faire lacher l'elite a qui profite ce systeme et veiller a ce qu'un autre encore plus sournois ne vienne pas le remplacer...

  • AP158C, le 10/04/2009 à 08h44

    Nous ne pouvons pas nier les bienfaits du capitalisme qui a permis l'amélioration des conditions de travail,de permetre à un plus grand nombre de personnes d'accéder à la propriété etc..mais là où le bas blesse c'est que l'argent à tout prix est devenu un objectif prioritaire au détriment de l'humain.On voit aujourd'hui que ce système a atteint plus que ses limitesUne société est efficace si les personnes se respectent et si il faut des dirigeants,il faut des exécutants et revenons aux valeurs fondamentales,conscience professionnelle ,honnêteté et respect d'autrui.

  • Pierre59, le 10/04/2009 à 08h03

    C'est la nature humaine...quand un produit ne convient pas , on lui trouve tous les defauts ! reaction epidermique......de là a engager une veritable reflexion , qui aboutisse, il y a loin.. ceux là colleront a la 1ere opportunité sans risque !

  • Charles, le 10/04/2009 à 07h52

    Je n'ai rien contre les américains bien au contraire ,mais quand il s'agit de politique étrangère et intérieure ils sont un peu niaiseux,car il faut bien dire que ça fait bien longtemps que ce ne sont plus les electeurs lambdas qui decident....

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