Dick Cheney (archives, mars 2008) © ReutersLa polémique sur les tortures pratiquées par la CIA contre les présumés terroristes capturés après le 11-Septembre en Afghanistan et en Irak ne faiblit pas. Et il est fort probable qu'elle continue avec les nouvelles informations fournies dans un rapport du Sénat américain. Le document affirme en effet que Dick Cheney, le vice-président de George W. Bush, et Condoleeza Rice, ont validé le recours aux tortures, parfois avant même la mise en place de leur cadre légal.
En mai 2002, Condoleeza Rice, alors conseillère nationale à la Sécurité nationale, a ainsi donné son feu vert à la CIA pour utiliser le "waterboarding", la simulation de noyade, contre Abou Zoubaydah, soupçonné d'être un haut responsable d'Al-Qaïda. Or la légalisation de la pratique n'a été donnée que le 26 juillet par John Aschcroft, le ministre de la Justice. Il s'agirait de la première approbation par un membre du gouvernement Bush d'une technique d'interrogatoire que l'actuel ministre de la Justice, Eric Holder, qualifie de "torture".
De son côté, d'après le Sénat, Dick Cheney a au plus tard également donné son autorisation au printemps 2003 lors d'une réunion à laquelle participait notamment le directeur de la CIA, George Tenet. Il aurait à cette occasion réaffirmé "que le programme de la CIA était légal et reflétait la politique de l'administration".
Faux aveux
La semaine dernière, Barack Obama a rendu publics les carnets noirs de la CIA en soulignant qu'il n'y aurait pas de poursuites. Face au tollé, il a fait ensuite un pas en arrière en indiquant que seuls les exécutants ne seraient pas gênés par la justice. Et qu'il laisse la porte ouverte à des investigations contre les responsables de l'administration Bush ayant autorisé la torture. Avec le rapport du Sénat, Dick Cheney et Condoleeza Rice sont de fait susceptibles d'être poursuivis. De son côté, George W. Bush était vraisemblablement au courant du projet, mais sans en connaître les détails.
Pour se justifier, Dick Cheney a récemment réaffirmé que les tortures avaient permis d'obtenir des renseignements intéressants. Un point de vue que ne partage pas le Sénat. Dans son rapport, il relate que même les instructeurs de l'armée américaine jugent que ces méthodes n'aboutissent qu'à de faux aveux (lire notre article : 'la torture jugée inefficace par l'armée")
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