Simulation de la pratique du "waterboarding" © TF1/LCIS.E.R.E (Survival, Evasion, Resistance and Escape). Il s'agit du titre d'un manuel de survie distribué aux militaires américains en cas de capture par l'ennemi. Il leur présente notamment les méthodes de torture qu'ils peuvent subir et comment y résister. Parmi elles, figure notamment le "waterboarding", qui consiste à simuler une noyade. Le livre a été rédigé sur la base des tortures pratiquées sur les GI's lors de la guerre de Corée, entre 1950 et 1953.
Après le 11-Septembre, la CIA a repris dix de ces techniques pour interroger les terroristes présumés faits prisonniers en Afghanistan. Elles ont ensuite servi à Guantanamo et en Irak. Ces méthodes, que l'administration Bush a avalisées en 2002 en leur donnant un cadre légal, symbolisent aujourd'hui les dérives de la lutte contre le terrorisme.
Rapports enterrés
La semaine dernière, Barack Obama, tout en les révélant officiellement, avait annoncé son intention de ne pas poursuivre leurs auteurs. Depuis, face au tollé, il a néanmoins fait un pas en arrière en laissant la porte ouverte à des investigations, non pas contre les exécutants, mais contre les anciens responsables de l'administration Bush ayant permis de donner une couverture juridique à ces tortures -en théorie, cela pourrait ainsi remonter jusqu'à Donald Rumsfeld, l'ancien ministre de la Défense, Dick Cheney, l'ex-vice président, voire George W. Bush. Sans être au courant de tous les détails, le président en exercice de l'époque a en effet de fait validé le programme.
Mardi, en pleine polémique, la commission des Services armées du Sénat américain a publié un rapport qui revient notamment sur l'origine de ces techniques d'interrogatoires. Rappelant que le manuel S.E.R.E a servi de base à la CIA, elle affirme que les tortures en question ont été jugées inefficaces par les instructeurs militaires américains et qu'elles conduisent en fait à de faux aveux de la part des torturés. Or ni les patrons de l'agence de renseignements, ni les responsables de l'administration n'en ont tenu -ou n'ont pas voulu en tenir - compte avant de réclamer leur application. De même, elle indique que les Etats-Unis avaient criminalisé la technique du "waterboarding" lors des procès qui suivirent la Seconde guerre mondiale.
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