© H. New / ReutersLe président américain a passé, avec brio semble-t-il, son premier test avec ses homologues d'Amérique latine au sommet de Trinité-et-Tobago. Les commentaires de ceux qui l'ont rencontré à cette occasion sont élogieux : "C'est le début d'une nouvelle ère très intéressante dans la relation", a déclaré le président équatorien Rafael Correa, l'un des plus critiques envers Washington avec le Vénézuélien Hugo Chavez ou le Bolivien Evo Morales. "Si le climat qui prévaut est le même que celui qu'on a vu au cours de la réunion entre Obama et l'Unasur, le résultat sera très positif", a commenté le chef de la diplomatie brésilienne Celso Amorim. La présidente argentine Cristina Kirchner a estimé pour sa part qu'un "dialogue différent" avait été "ouvert" et a appelé Barack Obama à "être non seulement le produit du changement, mais aussi un acteur", espérant que "ses intentions pourront se traduire en politiques concrètes". La rencontre a été "très positive" et l'échange "franc", a résumé pour sa part son homologue chilienne Michelle Bachelet.
Malgré la question de Cuba, qui reste, il est vrai, non réglée, le sommet a vu des gestes concrets importants dans d'autres domaines. Notamment en ce qui concerne le Venezuela. Entre la poignée de mains très médiatisée échangée par Barack Obama et Hugo Chavez, qui s'est fendu d'un "I want to be your friend" en anglais dans le texte, et un ouvrage sur l'exploitation de l'Amérique latine par les Etats-Unis offert au président américain par son bouillant homologue vénézuélien, un réchauffement certain s'est opéré ces derniers jours. Hillary Clinton et Hugo Chavez se sont même entretenus samedi d'une reprise des relations diplomatiques entre Washington et Caracas, suspendues depuis sept mois.
Une déclaration finale "inacceptable"
Le Venezuela avait expulsé en septembre l'ambassadeur des Etats-Unis à Caracas en signe de solidarité avec la Bolivie, qui était alors en conflit avec Washington. L'administration américaine avait riposté en expulsant à son tour l'émissaire vénézuélien. Pour reprendre le poste d'ambassadeur à Washington, Hugo Chavez a proposé l'ancien ministre des Affaires étrangères Roy Chaderton. Il a été ministre vénézuélien des Affaires étrangères entre 2002 et 2004 et ambassadeur du Venezuela en France entre 2004 et 2007. Il est depuis 2008 le représentant de Caracas au siège de l'Organisation des Etats américains à Washington. Le gouvernement américain "va maintenant oeuvrer" au retour de son ambassadeur à Caracas et à celui de son homologue vénézuélien à Washington, a annoncé samedi soir le département d'Etat.
Le sommet des Amériques s'est toutefois achevé dimanche sans consensus des 34 pays sur une déclaration finale. "Plusieurs pays ont émis des réserves sur certains points et c'est compréhensible car il est très difficile [de parvenir à un accord] dans une réunion et une négociation entre 34 pays", a estimé le Premier ministre de Trinité-et-Tobago, Patrick Manning. Plusieurs pays de la gauche radicale, emmenés par le président Hugo Chavez, avaient en effet jugé "inacceptable" la déclaration finale, qui faisait l'impasse sur l'embargo américain contre Cuba et sa mise à l'écart du sommet continental. Reste que Barack Obama lui-même a promis d'oeuvrer à "l'ouverture d'une nouvelle ère de partenariat" avec Cuba, même si le président américain a déclaré n'attendre "pas seulement des mots, mais des actes" de Cuba et du Venezuela.
D'après agences
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