© ReutersLes huit ans de la présidence de George W. Bush ont vu se former en Amérique latine un fort courant anti-américain, personnifié par le président vénézuélien Hugo Chavez. Lors de sa campagne, Barack Obama a promis de détendre les relations avec les ennemis des Etats-Unis, Hugo Chavez compris. Depuis son entrée en fonctions, il a notamment fait des pas en avant, encore prudents il est vrai, vers l'Iran ou Cuba.
Reste désormais à concrétiser la détente avec le Vénézuela. Même si les deux hommes n'auront a priori aucun entretien privé et se contenteront de se jauger lors des sessions plénières, il est donc fort probable que locataire de la Maison-Blanche profite du sommet des Amériques, qui se tient jusqu'à dimanche à Trinidad et Tobago, pour essayer d'entamer une politique dans ce sens avec Hugo Chavez. Reste à savoir quelle sera l'attitude de son homologue. En novembre dernier, lors du succès de Barack Obama à la présidentielle, il avait félicité le vainqueur et exprimé sa volonté d'établir de "nouvelles relations" avec les Etats-Unis et relancer "un agenda bilatéral constructif".
"Ignorant"
Mais depuis, le ton s'est durci. Fin mars, il a ainsi reproché au locataire de la Maison-Blanche de l'avoir accusé d'"exporter le terrorisme", sans pour autant préciser dans quelles circonstances ce dernier aurait prononcé ces paroles. "Maintenant tu viens m'accuser d'exporter le terrorisme ? Le moins qu'on pourrait dire, c'est 'pauvre ignorant' ! Il devrait étudier davantage pour connaître la réalité latino-américaine", a déclaré le chef d'Etat vénézuélien au cours de son programme télévisé "Allô Président". Il affirme que son homologue l'aurait également décrit comme un "obstacle au développement en Amérique latine". "Quelle ignorance ! Le véritable obstacle, c'est l'empire que vous présidez, celui qui a exporté le terrorisme depuis 200 ans, a lancé des bombes atomiques sur des villes innocentes, a bombardé, envahi et ordonné l'assassinat de qui vous souhaitiez", avait-t-il poursuivi.
Lors de cette intervention télévisée, Hugo Chavez avait annoncé sa décision de reporter le retour de son ambassadeur à Washington -les Etats-Unis l'on expulsé en septembre, en représailles à une mesure similaire venue de Caracas. "J'avais déjà prête la désignation d'un nouvel ambassadeur pour envoyer un signal, mais quand j'ai vu ce qu'Obama a dit, j'ai mis la décision dans un tiroir et je me suis dit que nous allions plutôt attendre". Pour Hugo Chavez, le président américain a envoyé de "mauvais signaux". "Si Obama nous respecte, nous le respecterons. Mais s'il veut continuer à nous manquer de respect, nous affronterons l'empire sur tous les terrains".
Cuba, l'absent dont tout le monde parle
Une chose est sûre : malgré son -très relatif- assouplissement en début de semaine, Hugo Chavez devrait demander une nouvelle fois la levée totale de l'embargo américain sur Cuba, le grand absent du sommet. "Cet embargo est criminel, le président Obama est dans l'obligation morale de le suspendre", a-t-il lancé à plusieurs reprises depuis janvier. Sur ce point, le leader de Caracas devrait obtenir le soutien de la majeure partie des 32 autres pays présents à Trinidad et Tobago. Barack Obama, qui compte utiliser le sommet comme point de départ d'une relation apaisée entre les Etats-Unis et l'Amérique latine, pourrait donc se retrouver dans une situation compliquée.
Pour faire monter la pression, Hugo Chavez a annoncé dès jeudi qu'il s'opposerait, si elle n'était pas modifiée d'ici là, à la déclaration finale de ce sommet des Amériques.
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