Barack Obama © TF1/LCI"Nous avons nous aussi nos responsabilités. Nous devons faire notre part du travail". Au cours de sa première visite de président au-delà de la frontière sud des Etats-Unis, Barack Obama a voulu signifier jeudi à son homologue mexicain Felipe Calderon qu'il n'était pas seul dans le combat contre les cartels de la drogue. Et que les Etats-Unis ne joueraient pas les donneurs de leçons alors qu'ils sont les premiers demandeurs au monde de cocaïne et que leurs lois permettent aux trafiquants de venir se fournir chez eux en armes d'assaut.
Côté mexicain, Felipe Calderon a d'ores et déjà mobilisé l'appareil de l'Etat et 36.000 soldats et policiers contre les cartels, provoquant une violente réaction et une rivalité sanglante pour le contrôle des exportations. Plus de 5300 meurtres ont été attribués aux cartels en 2008, et près de 2000 au cours du premier trimestre de 2009, selon les chiffres officiels. Quinze tueurs à gages et un militaire ont été tués au cours d'une fusillade mercredi soir dans l'Etat de Guerrero, à la veille de la visite de Barack Obama. Ce phénomène a débordé aux Etats-Unis, et le président américain a jugé "absolument crucial que les Etats-Unis se joignent en partenaires à part entière" au combat de Felipe Calderon.
"Stopper le flux d'armes et d'argent"
"Nous devons sévir contre la consommation de drogue dans nos villes. Nous devons stopper le flux d'armes et d'argent vers le sud", a ainsi souligné Barack Obama, en faisant valoir que 90% des armes saisies au Mexique provenaient des Etats-Unis. Aussi a-t-il pressé le Congrès américain de ratifier un accord existant entre Etats d'Amérique et destiné à réduire les flux d'armes et de munitions vers les cartels de la drogue. Cet accord, connu sous son acronyme de CIFTA, est devant le Sénat américain depuis son adoption par l'Organisation des Etats américains en 1997. Les Etats-Unis sont un des rares membres de cette organisation réunissant les pays d'Amérique du Nord, d'Amérique latine et des Caraïbes à ne pas l'avoir ratifié.
Lors de sa conférence de presse avec Felipe Calderon, Barack Obama n'est pas allé jusqu'à annoncer qu'il tiendrait sa promesse de candidat de faire interdire les armes d'assaut, comme le lui demandent maints Mexicains. Il a dit croire toujours qu'une telle interdiction était "sensée". Mais il a dû reconnaître que, dans un pays où tout projet touchant aux armes, se heurte à des groupes d'intérêt et à des objections constitutionnelles extrêmement forts, tenir cette promesse ne serait pas simple.
D'après agence
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