Depuis 1962, les Etats-Unis imposent un embargo unilatéral à Cuba, sauf pour les produits alimentaires et pharmaceutiques. Cet embargo est régulièrement dénoncé par les Nations unies. Lors de sa campagne, Barack Obama avait fait de la détente avec le régime communiste l'une des priorités de sa politique étrangère. La levée des sanctions en faisait partie. Lundi, le président américain a mis, à très petite dose, ses promesses à exécution.
Il a en effet ordonné la levée des restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Américano-Cubains vers leur pays d'origine. Ils pourront désormais voyager à Cuba et envoyer de l'argent à leurs proches restés sur l'île sans limitation. Ces nouvelles règles, qui ne nécessitent pas l'accord du Congrès, concerneraient près de 1,5 million d'Américains dont un membre de la famille vit à Cuba. Il reste cependant interdit d'envoyer de l'argent à des membres du régime castriste ou de l'armée.
La Maison-Blanche promet qu'elle continuera à alléger l'embargo si elle note des avancées démocratiques à Cuba. "Barack Obama voudrait que le peuple cubain ait plus de libertés. Il y a les mesures qu'il peut prendre, et qu'il a prises aujourd'hui. Mais il n'est pas la seule personne dans cette équation", explique Robert Gibbs, le porte-parole du président américain.
"Cuba ne doute pas de la sincérité d'Obama"
La réponse de Cuba n'a pas tardé. Elle est venue de Fidel Castro. S'il n'est plus au pouvoir depuis février 2008 après avoir passé la main à son frère Raul Castro en raison de ses problèmes de santé, le Lider Maximo garde une influence considérable. Refusant toute "aumône", il exige "la fin du blocus". "Du blocus, qui est la plus cruelle des mesures, on n'a pas dit un mot", assène-t-il dans un article publié sur le site internet officiel Cubadebate.
Néanmoins, dans un souci de détente réciproque, il souligne également que "Cuba n'accuse pas Obama des atrocités commises par d'autres gouvernements des Etats-Unis et ne doute pas de sa sincérité et de sa volonté de changer la politique et l'image des Etats-Unis".








