© Reuters/L. DowningLa lutte contre la crise
C'était la priorité de Barack Obama. C'est de là que viennent les premières critiques, très diffuses il est vrai. Comme souvent, on lui reproche en fait de trop se consacrer à la politique étrangère. Surtout, les effets du plan de relance de l'économie -plus de 800 millions de dollars ! -, basé sur des grands travaux publics et des allègements d'impôts, sont encore loin de se faire sentir. Ce n'est évidemment pas une surprise et il est difficile de reprocher au nouveau président la dégradation d'une situation dont il n'est pas à l'origine. Mais face à un chômage qui explose -2 millions de personnes supplémentaires touchées depuis janvier-, les Américains sont impatients, même s'ils gardent confiance en leur nouveau président.
Si le plan propre à l'industrie automobile est bien accueilli, celui du sauvetage des banques avec de l'argent public fait grincer des dents en raison des bonus que les patrons de Wall Steet se sont ensuite néanmoins accordés. Les républicains, sonnés par la défaite de novembre, ont quant à eux réussi à mobiliser leurs troupes pour protester contre les hausses d'impôts le 15 avril.
La rupture symbolique avec l'ère Bush
Le 20 janvier, alors que les cérémonies d'investiture ne sont pas encore terminées, Barack Obama prend sa première décision comme président des Etats-Unis : il demande la suspension des procédures en cours à Guantanamo. Deux jours plus tard, il signe le décret imposant la fermeture de la base installée à Cuba dans un délai d'un an. Son objectif est clair : marquer sa volonté de rupture avec l'ère Bush sur l'un des symboles des dérives de la lutte contre le terrorisme. Reste désormais à trouver une solution pour les prisonniers encore détenus.
Dans la même logique, Barack Obama interdira les techniques d'interrogatoire relevant de la torture utilisées entre 2002 et 2008 par la CIA. Courant avril, il rendra également publics les carnets de l'agence détaillant ces méthodes, en laissant la porte ouverte à des poursuites, non pas contre les exécutants, mais contre les responsables de l'administration Bush ayant permis de légaliser ces pratiques.
Dans un rapport, Amnesty International salue les décisions prises mais appelle à "finaliser les promesses de changement".
La nouvelle diplomatie
Lors de la campagne, Barack Obama avait promis une nouvelle Amérique, plus à l'écoute de ses partenaires et plus globalement du monde. Il s'était même dit prêt à rencontrer les dirigeants des pays "ennemis" des Etats-Unis. Jusqu'à présent, sur la forme, la diplomatie américaine est bien celle de la main tendue : le président a proposé un "nouveau départ" à l'Iran, a levé une partie de l'embargo en vigueur contre Cuba depuis 1962 et a serré la main de Hugo Chavez, le président vénézuélien, lors d'un sommet des Amériques qui lui a été plutôt favorable. La détente est également à l'ordre du jour avec la Russie. En Europe, où il a passé une semaine pour le G20 et le sommet de l'Otan, son discours sur la réduction des armes nucléaires a séduit.
Ce changement sur la forme a-il eu des effets concrets sur le fond ? Cela reste à démontrer. La reprise en main du dossier essentiel du Proche-Orient n'est qu'embryonnaire. Surtout, les dirigeants les plus hostiles n'ont pas véritablement inflexé leur position et ne se gênent pas pour "tester" le nouveau locataire de la Maison-Blanche. L'Iran continue aini son programme nucléaire malgré les injonctions tandis que la Corée du Nord a lancé une fusée, que Washington interprète comme une volonté de développer ses missiles. Résultat : Barack Obama reste très ferme et menace toujours Téhéran et Pyongyang, comme le faisait George W. Bush.
Afghanistan, Irak : un redéploiement aux effets limités
Sur ce sujet intimement lié à la nouvelle diplomatie, Barack Obama prend l'administration Bush à contre-pied. Il a donc revu la lutte contre le terrorisme. Exit l'Irak -que les soldats américains devraient avoir quitter d'ici fin 2010 conformément aux promesses-, l'Afghanistan est désormais la priorité de la nouvelle administration. Barack Obama a ainsi renforcé ses troupes pour lutter contre les talibans. Mais il n'a pas réussi à obtenir l'aide de ses alliés occidentaux lors du sommet de l'Otan.
Pour l'instant, le bilan est mitigé : les talibans ne reculent pas en Afghanistan, la violence et les attentats sont en recrudescence en Irak depuis que les premières unités ont quitté les lieux. Surtout, au Pakistan, dont le sort est indissociable à celui de son voisin afghan, les talibans progressent face à un gouvernement incapable de gérer la situation, malgré l'aide financière américaine.
Les cafouillages |
Avant même son entrée en fonctions, Barack Obama avait dû renoncer à nommer Bill Richardson, le gouverneur du Nouveau-Mexique, comme ministre du Commerce en raison de soupçons de corruption. Début février, il a dû se séparer de Tom Daschle, le ministre à la Santé, et de Nancy Killefer, choisie pour tailler dans les dépenses superflues de l'Etat et pour veiller au bon fonctionnement des programmes fédéraux. Tous deux étaient en délicatesse avec le fisc. Dans un rare aveu pour un président, il a admis "avoir foiré" à la télévision. |
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