Richard Nixon, le 9 août 1974, après sa démission de la présidence des Etats-Unis © ReutersQui a donné aux journalistes les premières informations sur le Watergate, du nom de l'immeuble où se trouvaient en 1972 les locaux cambriolés du parti démocrate à Washington ? Le scoop historique, qui aboutit à la démission du président américain Richard Nixon en 1974, a été révélé par le Washington Post, grâce notamment à "Gorge profonde". L'indicateur de Bob Woodward et Carl Bernstein, les deux journalistes, est resté anonyme jusqu'en 2005. Il s'agissait en fait de Mark Felt, le directeur adjoint du FBI à l'époque.
Trente-sept ans après les faits, le New York Times revendique aujourd'hui la paternité de la découverte de l'affaire. Et de fait révèle que c'est bien le FBI, au plus haut niveau, qui a organisé les fuites puis aiguillé et poussé les journalistes à enquêter sur le sujet. Selon le quotidien, l'un de ses journalistes de l'époque, Robert Smith, a en effet été mis au courant d'une intrigue plus ou moins louche, qui remontait jusqu'à la Maison-Blanche. Et ce avant que le Washington Post ne soit informé.
Ou comment passer à côté d'un scoop historique
Son interlocuteur était le directeur du FBI lui-même, L. Patrick Gray. "Il m'a dit que le ministre de la Justice était impliqué dans l'étouffement de l'affaire", se souvient Robert Smith, cité par le New York Times. "J'ai demandé : 'jusqu'où cela remonte-t-il ? Jusqu'au président ?'. Il est resté assis, m'a regardé et n'a pas répondu. Sa réponse se trouvait dans son regard", ajoute le journaliste.
Robert Smith a alors parlé de cette révélation à un rédacteur en chef du New York Times, Robert Phelps. Ce dernier n'a pas donné suite et n'a pas demandé à son journaliste de pousser ses recherches. Un peu plus tard, Robert Smith quittait le journal pour poursuivre des études de droit à l'université. Pendant ce temps là, le Washington Post révélait le scandale et le New York Times passait à côté du scoop.
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