Barack Obama lors du dîner de l'association des correspondants de la Maison Blanche (9 mai 2009) © TF1/LCI| Obama égratigne ses proches et adversaires |
L'exercice est très prisé par les hommes politiques américains et tout particulièrement par les présidents. Dans une arène médiatique où aucun faux-pas ne leur est pardonné, où le moindre de leurs gestes, la moindre de leurs expressions sont décryptés, analysés, il s'agit de prendre le contrepied des caricaturistes qui les croquent jour après jour pour se transformer eux-mêmes en humoristes d'un soir. Bill Clinton s'y était prêté avec bonheur, George W. Bush, malgré ses relations souvent difficiles avec les journalistes, avait su lors de telles occasions mettre les rieurs de son côté... Barack Obama vient à son tour de démontrer qu'il a lui aussi le sens de l'humour et de la répartie.
Le président américain participait pour la première fois au dîner de l'association des correspondants de la Maison Blanche, rendez-vous annuel où les grands médias des Etats-Unis invitent à leur table les personnalités politiques, des affaires ou du spectacle en smokings et robes du soir, sous les yeux du chef de l'Etat. S'adressant à une assistance dans laquelle se trouvaient ses ministres mais aussi l'ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, et où le chanteur Sting et les acteurs Robert DeNiro, Natalie Portman, Brooke Shields et Forest Whitaker, ainsi que les réalisateurs Steven Spielberg et George Lucas étaient annoncés, Barack Obama a plaisanté à propos de ses 100 premiers jours de présidence, et des 100 prochains.
"Nous allons apprendre les bonnes manières à Bo"
"Pendant les 100 prochains jours, nous allons apprendre les bonnes manières à notre chien, Bo, parce que (Timothy) Geithner (le secrétaire au Trésor) n'a vraiment pas besoin, en plus de ses ennuis, qu'on le prenne pour un lampadaire. Dans les 100 prochains jours, je vais sérieusement envisager de perdre mon sang-froid. Enfin, je crois que mes 100 prochains jours vont être une telle réussite que je vais les boucler en 72 jours. Et le 73e, je me reposerai", a-t-il blagué, provoquant l'hilarité.
Il a tourné en dérision les cafouillages auxquels a donné lieu le début de sa présidence, comme ses démêlés avec le prompteur sur lequel défilent ses discours. S'en remettant cette fois au bon vieux papier, il a expliqué que si ses deux filles Sasha et Malia n'étaient pas là, c'est parce qu'elles avaient été punies pour s'être servies de l'avion présidentiel pour faire un tour au-dessus de Manhattan. Vendredi, un haut responsable de la Maison Blanche a été contraint de démissionner pour avoir autorisé une opération photo avec l'avion présidentiel survolant à basse altitude New York et provoquant la panique dans une métropole brutalement rappelée au souvenir du 11-Septembre. Et raillant sa promesse de parler même aux ennemis des Etats-Unis, Obama s'est montré sur un écran en grande conversation dans le Bureau ovale avec le Capitaine Crochet.
Hillary Clinton, George W. Bush, Dick Cheney épinglés
Mais ses proches ou adversaires n'ont pas été épargnés. Telle Hillary Clinton : "Aujourd'hui, on ne pourrait être plus proche l'un de l'autre. Au point que, tout juste revenue du Mexique, elle m'a pris dans ses bras, elle m'a fait une grosse bise et m'a dit que je devrais y aller". Rires dans l'assistance, peut-être un peu jaunes... car si le Mexique a été le premier foyer constaté de l'épidémie de grippe A / H1N1, les Etats-Unis comptent désormais davantage de cas confirmés. Mais ont également été pris pour cibles des piques d'Obama George W. Bush, l'ancien vice-président Dick Cheney surnommé Dark Vador, le vice-président Joe Biden, ses conseillers, les principales figures de l'opposition... Lors de cette grand-messe médiatique, décriée parfois comme un acte de compromission entre la presse et le politique, les journalistes eux-mêmes n'ont pas été épargnés : "La plupart d'entre vous avez couvert ce que j'ai fait. Vous avez tous voté pour moi. Mes excuses à la table de Fox (la grande télévision conservatrice), où sont-ils ?"
Pourtant, on ne peut rire de tout. Et Barack Obama, au cours de cette soirée placée sous le signe de la détente, n'en a pas moins repris son sérieux pour relever "la période de grande épreuve" que traverse la presse comme le reste de l'économie. "Il est essentiel pour le succès de notre démocratie qu'au bout du compte vous réussissiez en tant qu'industrie", a-t-il souligné.
D'après agence
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