Cuba © LCIOn en n'est pas à la levée du blocus de 1962 ou à un dialogue au beau fixe. Mais c'est une nouvelle étape vers un mieux dans les relations tumultueuses entre les deux pays. Sur proposition de l'administration américaine, Cuba a accepté de rouvrir les pourparlers avec les Etats-Unis sur l'immigration et l'envoi direct de courrier, a annoncé dimanche un responsable du département d'Etat.
La question de l'immigration empoisonne les relations entre les deux pays depuis des décennies, La Havane ayant par le passé accusé Washington de favoriser l'immigration pour faire monter un mouvement anti-castriste (avec la loi dite d'"ajustement" qui offre un droit d'asile et la green card aux Cubains émigrant illégalement) et Washington ayant répondu que La Havane cherchait à favoriser des vagues de migrations massives vers les Etats-Unis pour engorger les services de migration et les prendre à leur propre jeu. Dans les années 1990, les deux pays avaient alors scellé des accords visant à empêcher un exode massif de réfugiés cubains vers les Etats-Unis. Et depuis l'administration Reagan, les Etats-Unis et Cuba menaient des pourparlers sur la question de l'immigration tous les deux ans... jusqu'à ce qu'ils soient suspendus en 2003 sous la présidence de George Bush.
Un 2e assouplissement
Cette offre américaine constitue donc un nouveau geste d'ouverture de l'administration Obama, qui tente un rapprochement prudent et progressif avec le régime castriste. Geste auquel le régime communiste cubain répond donc positivement. "Ces deux notes constituent un pas en avant positif. Notre objectif a toujours été de parvenir à des migrations sûres et organisées à partir de Cuba", a déclaré un responsable américain.
Depuis son arrivée à la Maison Blanche, le président américain Barack Obama a ordonné la levée des restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Cubano-Américains vers leur pays d'origine, marquant un premier assouplissement de la politique américaine envers l'île. Fin avril, le département d'Etat avait annoncé que des représentants américains et cubains avaient entamé des discussions officieuses pour tenter de relancer le dialogue entre les deux pays. S'il a exclu pour l'heure de lever l'embargo imposé à Cuba, Barack Obama a affirmé qu'il pourrait envisager de le faire s'il constatait des progrès en matière de droits de l'homme dans l'île. Au début du mois, un haut responsable démocrate avait estimé que l'embargo serait sans doute levé par l'actuelle législature, dont le mandat expire fin 2010.
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