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Est-ce l'A330 d'Air France disparu depuis lundi entre Rio de Janeiro et Paris, avec 228 personnes à bord (dont 73 Français et 58 Brésiliens) ? L'armée de l'air brésilienne a annoncé mardi en début d'après-midi avoir repéré dans la nuit, grâce à un avion radar conçu à l'origine pour la surveillance de l'Amazonie, puis par un autre appareil, des "vestiges et petits débris" métalliques d'avion, à 650 km au nord-est de l'île de Fernando de Norohna. Parmi les objets figure notamment "un siège d'avion". Les militaires ont vu également "des petites taches blanches, une bouée orange, un récipient" et des taches de combustible.
Un cargo hollandais fait actuellement route vers la zone repérée. Et déjà, selon les médias brésiliens, certains débris seraient en cours d'acheminement. Trois autres navires marchands (un Américain et deux Français) et un avion participant aux recherches ont aussi êté déroutés. Le navire de recherche et d'exploration sous-marine "Pourquoi pas", équipé de deux robots sous-marins, devait également rejoindre les lieux, selon le ministère des Transports. Deux navires de la marine nationale, le TCD Foudre, et la frégate de surveillance Ventôse seront en outre dans la zone en fin de semaine.
Fillon : des débris "en deux endroits"
La localisation des débris, s'ils s'avèrent être ceux de l'A330, indiquerait que "l'appareil a essayé de virer à droite. Il se peut qu'il ait eu un problème et qu'il ait essayé de revenir à Fernando de Noronha", a encore dit le porte-parole de l'armée de l'air brésilienne. Au moment du dernier message
automatique envoyé par l'Airbus, rendant compte d'une panne du système électrique et d'une dépressurisation de la cabine à 23h14 locales dimanche (2h14 GMT lundi), l'appareil passait à 820 km au large de l'île touristique de Fernando de Noronha et à 1.100 km de la ville de Natal, située sur la côte nord-est du Brésil. Les recherches s'étaient d'abord concentrées dans cette zone.
Si le porte-parole de l'armée de l'air brésilienne a souligné qu'on ne pouvait pas confirmer qu'il s'agissait de l'avion d'Air France tant qu'au moins "une pièce avec un numéro de série, une identification" n'aurait pas été retrouvée, il s'est montré très catégorique en ce qui concerne d'éventuels survivants : c'est "non". Ces débris ont en tous été repérés "en deux endroits", a précisé François Fillon lors des questions au gouvernement à l'Assemblée, après une minute de silence (voir la vidéo). Les débris constituent "une piste très sérieuse", a estimé l'état-major des armées à Paris.
Les boîtes noires trop en profondeur ?
Le Premier ministre, tout comme le ministre de tutelle des Transports, ont parlé d'une "course contre la montre". Car "les boîtes noires sont le seul élément pour comprendre ce qu'il s'est passé. Et il ne reste que 29 jours", a expliqué Jean-Louis Borloo (voir la vidéo).
Or "on n'a pas de plateau continental à cet endroit-là, donc les boîtes noires seront probablement dans des profondeurs extrêmes", a ajouté le ministre. Les boîtes noires sont conçues pour résister à la pression marine jusqu'à 6.000 mètres et émettre pendant un mois un signal, mais aucune n'a jamais été récupérée à de telles profondeurs, a toutefois expliqué le Bureau d'enquêtes et d'analyse (BEA).
L'A330 venait de dépasser Fernando de Noronha quand on l'a perdu
Le ministre de tutelle des Transports a également détaillé les appareils français, brésiliens et d'autres pays partis à la recherche de l'A330. En tout, "une dizaine d'appareils survolent la zone" (lire notre article). Outre les trois avions de patrouille maritime (deux Atlantique 2 et un Falcon 50) mobilisés, "un Awacs (avion radar, ndlr) doit décoller dans quelques instants", a précisé François Fillon. Le Brésil a mobilisé de son côté six avions, deux hélicoptères ainsi que trois navires qui faisaient route vers la zone où l'avion a disparu, à 1100 km de la ville de Natal, sur la côte nord-est du Brésil, et à 100 km de l'espace aérien du Sénégal. Les Etats-Unis ont envoyé un avion militaire d'observation et une équipe de sauvetage qui devait se joindre mardi aux recherches après que Paris a fait appel aux moyens du Pentagone pour aider à localiser l'appareil.
A la faveur de la nuit, des lueurs orangées, comme quelque chose en feu, et des débris avaient été repérés en surface de l'océan Atlantique à 1300 km de l'archipel Fernando de Noronha par l'équipage d'un avion de ligne de la compagnie brésilienne TAM. Or l'A330 venait de dépasser ces îles situées à 350 km de la côte brésilienne au moment du dernier contact radio. Interrogé sur RTL, Jean-Louis Borloo avait toutefois affiché sa prudence : les appareils chargés des recherches ne confirmaient pas la présence d'"éléments lumineux" sur l'eau.
Trois numéros d'urgence |
Trois numéros d'urgence pour les familles ont été ouverts : un numéro vert pour la France 0.800.800.812 et un autre pour l'étranger 00.33.1.57.02.10.55, par Air France, et le 0.800.174.174. par le ministère des Affaires étrangères, qui a activé son centre de crise. Une cellule de crise a également été mise en place à l'aéroport de Rio de Janeiro. |
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