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Alors que plusieurs hypothèses ont été soulevées jeudi par la presse (désintégration en vol, vitesse "erronée"...), le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), en charge de l'enquête technique sur la catastrophe, appelle à la prudence. "Il convient d'éviter toute interprétation hâtive ou spéculation sur la base d'informations parcellaires et non validées", écrit le bureau, qui confirme toutefois que l'enquête montre "l'incohérence des différentes vitesses mesurées" par l'avion.
L'A330 avait transmis une série de messages automatiques de maintenance, faisant notamment état de différentes pannes de systèmes. L'avion possède différents calculateurs afin de mesurer la vitesse et "il s'avère qu'il y avait une incohérence" entre ces mesures, a expliqué une porte-parole du BEA. Mais le BEA ne souhaite pas commenter l'éventuelle signification des données publiées vendredi, renvoyant à une conférence qu'il doit tenir samedi dans la matinée.
Un "telex" d'Airbus
L'enquête a aussi permis de confirmer "la présence à proximité de la route prévue de l'avion au-dessus de l'Atlantique d'importantes cellules convectives caractéristiques des régions équatoriales", c'est-à-dire des phénomènes orageux particuliers. Selon Météo France, une cellule convective correspond à "une région de l'atmosphère dans laquelle l'air est animé de mouvements convectifs, donc verticaux, se traduisant par la persistance de courants ascendants et de courants descendants qui s'entretiennent mutuellement".
Pour sa part, Airbus a adressé à toutes les compagnies utilisant ses avions un rappel sur les procédures à appliquer en cas de mesures de vitesse incohérentes. Ce rappel, appelé dans le jargon aérien "telex d'information sur l'accident" - Accident Information Telexes (AIT) -, a été validé par le BEA. Ce message a été rédigé pour tous les types d'avions Airbus et pas seulement pour les long-courriers A330. Ces AIT sont assez classiques en cas d'accident, ce sont des rappels aux pilotes sur les procédures à suivre dans telle ou telle circonstance, décrites dans le manuel de référence des avions.
Un faible espoir de localiser les boîtes noires
Dans cet AIT, Airbus confirme que l'A330 était confronté à des turbulences extrêmes, qu'il a envoyé plusieurs messages de pannes au centre de maintenance d'Air France et qu'il y avait une incohérence des vitesses mesurées. Ce sont les seuls éléments établis par le BEA à ce stade de l'enquête. De son côté, Louis Gallois, président exécutif d'EADS, la maison-mère du constructeur aéronautique européen, a indiqué vendredi à Hanoï qu'Airbus apportait toute son assistance technique au travail des enquêteurs sur la disparition de l'A330 d'Air France.
Sur place, une flottille d'avions et de navires doit reprendre sa chasse pour récupérer les débris de l'Airbus - et si possible localiser les boîtes noires - et lever le voile sur sa disparition inexpliquée. La France a dépêché son navire de recherche et d'exploration sous-marine Pourquoi pas afin de tenter de repérer l'épave et les boîtes noires. Mais malgré les moyens déployés, l'espoir de localiser ces enregistreurs de vol, qui seuls pourraient permettre d'acquérir des certitudes sur les causes de la catastrophe, paraît mince aux yeux des experts.
D'après agence
L'hypothèse terroriste pas écartée |
Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a répété vendredi que l'hypothèse terroriste n'était pas exclue pour expliquer la disparition de l'Airbus d'Air France entre Rio et Paris. Il n'y a "aucun élément ou piste qui nous permettraient de corroborer cela, mais l'enquête en cours n'a jamais exclu cela", a-t-il souligné devant l'Association des journalistes de la presse aéronautique et de l'espace (AJPAE). Il a également indiqué n'avoir pas été informé de menaces sur le vol ou d'une éventuelle revendication ; mais "dans la plupart des cas, quand il y a eu des actes terroristes sur des avions, il n'y a pas eu de revendication", a-t-il remarqué. |
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