L'Airbus avait bien un problème de vitesse

le 05 juin 2009 à 14h15 , mis à jour le 05 juin 2009 à 14h25

Dossier : Crash du vol Rio-Paris

Selon le BEA, chargé de l'enquête technique, les données transmises par l'avion avant son accident montrent "l'incohérence des différentes vitesses mesurées".

avion Air France AirbusImage d'archives © DR

Edition spéciale sur LCI.fr : cliquez ici

Alors que plusieurs hypothèses ont été soulevées jeudi par la presse (désintégration en vol, vitesse "erronée"...), le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), en charge de l'enquête technique sur la catastrophe, appelle à la prudence. "Il convient d'éviter toute interprétation hâtive ou spéculation sur la base d'informations parcellaires et non validées", écrit le bureau, qui confirme toutefois que l'enquête montre "l'incohérence des différentes vitesses mesurées" par l'avion.

L'A330 avait transmis une série de messages automatiques de maintenance, faisant notamment état de différentes pannes de systèmes. L'avion possède différents calculateurs afin de mesurer la vitesse et "il s'avère qu'il y avait une incohérence" entre ces mesures, a expliqué une porte-parole du BEA. Mais le BEA ne souhaite pas commenter l'éventuelle signification des données publiées vendredi, renvoyant à une conférence qu'il doit tenir samedi dans la matinée.

Un "telex" d'Airbus

L'enquête a aussi permis de confirmer "la présence à proximité de la route prévue de l'avion au-dessus de l'Atlantique d'importantes cellules convectives caractéristiques des régions équatoriales", c'est-à-dire des phénomènes orageux particuliers. Selon Météo France, une cellule convective correspond à "une région de l'atmosphère dans laquelle l'air est animé de mouvements convectifs, donc verticaux, se traduisant par la persistance de courants ascendants et de courants descendants qui s'entretiennent mutuellement".

Pour sa part, Airbus a adressé à toutes les compagnies utilisant ses avions un rappel sur les procédures à appliquer en cas de mesures de vitesse incohérentes. Ce rappel, appelé dans le jargon aérien "telex d'information sur l'accident" - Accident Information Telexes (AIT) -, a été validé par le BEA. Ce message a été rédigé pour tous les types d'avions Airbus et pas seulement pour les long-courriers A330. Ces AIT sont assez classiques en cas d'accident, ce sont des rappels aux pilotes sur les procédures à suivre dans telle ou telle circonstance, décrites dans le manuel de référence des avions.

Un faible espoir de localiser les boîtes noires

Dans cet AIT, Airbus confirme que l'A330 était confronté à des turbulences extrêmes, qu'il a envoyé plusieurs messages de pannes au centre de maintenance d'Air France et qu'il y avait une incohérence des vitesses mesurées. Ce sont les seuls éléments établis par le BEA à ce stade de l'enquête. De son côté, Louis Gallois, président exécutif d'EADS, la maison-mère du constructeur aéronautique européen, a indiqué vendredi à Hanoï qu'Airbus apportait toute son assistance technique au travail des enquêteurs sur la disparition de l'A330 d'Air France.

Sur place, une flottille d'avions et de navires doit reprendre sa chasse pour récupérer les débris de l'Airbus - et si  possible localiser les boîtes noires - et lever le voile sur sa disparition inexpliquée. La France a dépêché son navire de recherche et d'exploration sous-marine Pourquoi pas afin de tenter de repérer l'épave et les boîtes noires. Mais malgré les moyens déployés, l'espoir de localiser ces enregistreurs de vol, qui seuls pourraient permettre d'acquérir des certitudes sur les causes de la catastrophe, paraît mince aux yeux des experts.

D'après agence

L'hypothèse terroriste pas écartée

Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a répété vendredi que l'hypothèse terroriste n'était pas exclue pour expliquer la disparition de l'Airbus d'Air France entre Rio et Paris. Il n'y a "aucun élément ou piste qui nous permettraient de corroborer cela, mais l'enquête en cours n'a jamais exclu cela", a-t-il souligné devant l'Association des journalistes de la presse aéronautique et de l'espace (AJPAE). Il a également indiqué n'avoir pas été informé de menaces sur le vol ou d'une éventuelle revendication ; mais "dans la plupart des cas, quand il y a eu des actes terroristes sur des avions, il n'y a pas eu de revendication", a-t-il remarqué.


  

le 05 juin 2009 à 14:15
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

214 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Ibou, le 14/06/2009 à 17h17

    Il faut parfois faire montre d'un peu de fatalisme

  • Ibou, le 14/06/2009 à 17h14

    Toutes mes condoléances aux familles éplorées.

  • Mx, le 07/06/2009 à 23h14

    Il pourrait avoir des éléments que personne ne sera jamais en mesure de donner, je prends l'avion environ 5 fois par semaine et il y a toujours une probabilité, malheureusement lorsque l'accident arrive, nous pouvons mesurer la difficulté des recherches en mer malgré tout les moyens tecthnologique mis en place.. La mer est en mouvement et les explications vont diminuer avec le temps si les boites noires ne sont pas retrouver. Nous savons aussi que l'amélioration des produits se font par les utilisateurs qui servent parfois de cobail, Nous vivons dans un monde ou tout va trop vite, c'est le prix à payer pour les financiers qui parlent toujours de retabilité, j'ai bien peur que cela a pris le pas sur la sécurité en suprimant des opérations de controle les autorités on plutot intèrret de ce pencher sur les controles des aéronefs on cour à la catastrophe dans les prochaines années.

  • Airzarbi, le 07/06/2009 à 17h20

    Insupportable cette attitude systèmatique d'accuser les acteurs impliqués dans une tragédie, de malversations , ou d'incompétences. C'est d'autant plus insupportable qu'il n'y a aucune preuve, en méconnaissant tout du sujet. Oubliant, parce que c'est facile, que la technique nécessite des connaissances donc un investissement personnel. Un pilote de ligne,,n'est admis à débuter sa formation qu' après 1500 heures de vol. Le brevet obtenu, il apprend la technique du type d'avion qu'il va utiliser, c'est la qualification de type, ensuite il fait sa formation en tant que pilote ( en second ) on dit en place droite, après une certaine expérience il passe en place gauche, c'est a dire en commandant de bord, sous responsabilité d'un instructeur qui valide sa compérence, il est ensuite l'objet d'un contrôle annuel associé à un minima d'heures de vols. Depuis sont fauteuil, mettre en doute en première ligne la compétence d'un pilote est indécent. Il est bien entendu que les fautes ne sont pas à exclurent pour autant, mais au même titre que les autres hypothèzes.

  • Bamia, le 07/06/2009 à 00h47

    Je pense que l airbus n'avait pas de problème tout simplement il c'est passé quelques chose que l'on nous cache et que l'on ne saura jamais malgré que l'on n'est une petite idée, comment se fait t"il qu'a l'époque ou nous sommes et avec tous les moyens qu'il y a on ne puisse pas retrouver une trace de l'airbus c'est quand même quelque , ce n(est pas normal , moi je dis qu'il y a autre chose et je pense que beaucoup sont d'accord avec moi en tous cas je plains tous ces pauvres gens c'est triste surtout les enfants sa c'est atroce

  • Intol-tasil, le 06/06/2009 à 23h47

    Pour sandy de dijon et quelques autres : Quand on a rien a dire (à part des idioties d'incultes complets), on la ferme. Je vous rappelle pour mémoire qu'un richissime et très célèbre pilote américain qui avait participé notamment au tour du monde en ballon s'est tué dans un crash dans un désert aux US (satellites, GPS, balises et tout le cirque en marche). Son corps et les débris de l'appareil, pourtant à la surface du sol et bien visibles n'ont été retrouvés que des mois plus tard. Il y avait alors déjà les mêmes commentaires. La seule chose à constater est que malheureusement, comme d'habitude, les gens ne savent pas être patients et attendre des FAITS. L'atlantique est grand, très grand et pour information, ces fameux messages de maintenance ne contiennent pas d'infos de positions. Donc pour trouver l'avion, c'est la montre, le cap et la patience. Le silence est d'or et je regrette déjà d'en avoir remis une couche pour faire taire ceux à qui l'essentiel échappe : La retenue...

  • Sinath, le 06/06/2009 à 21h59

    C'est le nouveau triangle de l'atlantique il a tout simplement disparut

  • Mimimystik, le 06/06/2009 à 18h45

    Il y a des choses que je ne m explique pas ... on sonde les oceans depuis des decenies , pour ne prendre l'exemple que de la fosse des Mariannes celle ci fut sondée à plusieurs reprises , d'ailleurs en 1995 la sonde sous marine KAIKO d origine Japonaise releve une profondeur de 10 991 metres , et là , pour une valeur de 4000 metres au large des cotes Bresiliennes on nous donne pratiquement aucun espoir ,, que cherche t on a nous masquer ?

  • Abyssine, le 06/06/2009 à 17h08

    Loin de moi de vouloir ajouter mon grain de sel à l'imbroglio des théorie avancées - sans y arriver- concernant les causes de ce terrible accident. Cependant, je voudrais essayer d'expliquer ces problèmes de différences de vitesses de l'Airbus, pourtant normaux. La densité de l'air que l'on trouve au sol et celle existant à 10000 mètres d'altitude sont totalement différentes. La vitesse d'un avion est donnée par rapport au mouvement de l'air qui l'entoure et non par rapport au sol. Plus l'avion monte, plus l'air se raréfie et devient de moins en moins porteur aux ailes, d'où l'obligation d'augmenter la vitesse pour maintenir la portance. La marge entre le décrochage ou la survitesse est très mince. C'est là où le bât blesse ! Dans le pot au noir très perturbé, le problème se compliique. L'avion se trouve dans un environnement d'énormes bulles ascendantes -à cause de leur chaleur- ou descendantes. A l'intérieur de ces bulles engendrées par les courants aux températures différentes ou les énormes nuages. L'appreil entre brutalement dans ces ascendaces à la densité plus ou moins importante. Les sondes envoient alors la vitesse relative de l'avion par rapport à l'instant présent. D'où des grosses différences de vitesses lues. Mais ce phénomène n'est pas rare.

  • Greg, le 06/06/2009 à 17h02

    Et oui un bon business pour les medias.un petit peu plus de respect pour les familles svp

Lire tous les commentaires

      logAudience