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> Infographie : les opérations de recherche |
La bataille d'experts commence. Les premiers débris retrouvés, les premières images renforceraient l'hypothèse que l'Airbus disparu d'Air France a pu se briser en plein vol. Mais le ministre brésilien de la Défense, Nelson Jobim, a déclaré que la présence de nappes de carburant dans l'eau écartait a priori la piste d'une explosion en vol, ce qui couperait court aux spéculations sur un attentat à la bombe. "La présence de nappes de carburant devrait exclure la possibilité d'un incendie, d'une explosion", a expliqué le ministre. "Si nous avons des nappes de carburant, c'est qu'il n'a pas brûlé".
Une source proche de l'enquête, citée par le Figaro de jeudi, évoque pourtant clairement la piste d'une désintégration en vol, compte tenu de la dispersion des fragments "sur une distance de plus de 300 km". Mais comme mercredi, Paul-Louis Arslanian, président du BEA (Bureau d'enquêtes et d'analyses) a prévenu que la dispersion des éléments ne pouvait être interprétée pour le moment. "Si nous avions une grande dispersion, il peut y avoir plusieurs explications. Cela fait quelques jours que l'accident a eu lieu et il y a des courants et du mauvais temps qui peut amener des dispersions."
La presse espagnole soulève la thèse de la bombe
La thèse de la désintégration, quelle qu'elle soit, pourrait cependant être renforcée par le témoignage d'un pilote de la compagnie espagnole Air Comet, qui volait entre Lima et Madrid non loin de la zone du crash. "Soudain, nous avons observé au loin un éclat fort et intense de lumière blanche, qui a suivi une trajectoire descendante et verticale et qui s'est dissipé en six segments", écrit le pilote dans son rapport à la direction de sa compagnie, laquelle a transmis l'information à Air France, Airbus et à la Direction générale de l'aviation civile espagnole. Le co-pilote ainsi qu'une passagère ont vu la même chose, selon le journal espagnol El Mundo.
A ce moment, l'avion d'Air Comet se trouvait en latitude à 7 degrés au nord de l'équateur et en longitude à 49 degrés ouest, tandis que la position estimée du vol Rio-Paris était sur l'équateur et à 30 degrés ouest, selon El Mundo. "Compte tenu de la coïncidence en terme d'heure et de lieu, je porte à votre connaissance ces éléments pour qu'ils puissent être, éventuellement, utiles à l'éclaircissement des faits", écrit le pilote dans son rapport. Le journal écrit que "le rapport du pilote met sur la table une des hypothèses écartées comme cause de l'accident : l'explosion d'une bombe à bord de l'avion". Toutefois, poursuit El Mundo, "les six derniers messages d'alerte émis par l'Airbus au centre de maintenance d'Air France à Paris," indiqueraient plutôt un enchaînement de type "situation upset" où "le pilote perd le contrôle de l'avion par des pannes dans les équipement de navigation" en raison de "graves turbulences".
Les pilotes ont-ils trop réduit leur vitesse ?
Autre hypothèse, soulevée cette fois-ci par Le Monde : l'A330 volait à une vitesse "erronée", affirme le quotidien, citant des sources proches de l'enquête, sans autre précision. Mais deux responsables du Syndicat national des pilotes de ligne se sont étonnés des indications du Monde. Selon eux, la question n'est pas pour un commandant de bord pris dans de fortes turbulences d'observer une vitesse correcte ou non mais d'éviter les variations de vitesse et de conserver une ligne de vol stable. "D'autre part, il est normal pour le pilote de diminuer la vitesse quand il rencontre des turbulences", a souligné le porte-parole du syndicat, Erick Derivery.
Face à toutes ces hypothèses, le président du Bureau d'enquêtes et d'analyses a jugé toute piste prématurée et a invité la presse à la prudence. Paul-Louis Arslanian a indiqué sur TV5 Monde que les enquêteurs français n'étaient mêmes pas certains que les débris que les autorités brésiliennes disent avoir retrouvés dans l'océan Atlantique étaient ceux de l'Airbus A330. "Il y a une forte probabilité que les débris que l'aviation brésilienne dit avoir repérés correspondent à cet accident, mais des coïncidences existent", a-t-il dit. "Tant qu'on n'aura pas vu, je n'ai pas vu de photos par exemple, et l'aviation française n'a rien vu, il faut être très prudent", a-t-il ajouté. Experts et responsables politiques prévoient une enquête longue et difficile, que les boîtes noires soient ou non retrouvées. Ces enregistreurs de vol, qui émettent pendant 30 jours un signal, pourraient reposer à des milliers de mètres de fond. La marine brésilienne estime à 2000 à 3000 mètres la profondeur de l'océan dans les environs, les autorités françaises évoquant une profondeur encore supérieure.
D'après agence
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