Nappe de kérosène à la surface de l'Atlantique vue depuis un avion cherchant des débris du vol Air France (3 juin 2009) © TF1/LCI |
> Infographie : les opérations de recherche |
L'aviation brésilienne poursuit sa quête de traces du drame du vol AF447 après avoir repéré, mercredi, de nouveaux débris de l'Airbus A330 d'Air France qui s'est abîmé en mer dans la nuit de dimanche à lundi. Pour l'heure, les dernières traces repérées sont notamment une pièce métallique de sept mètres de diamètre, et une nappe de kérosène de 20 km. Les recherches se sont encore intensifiées avec la mobilisation de douze avions brésiliens, français et américains, ainsi que de plusieurs navires, pour trouver et récupérer les débris de l'appareil. Pour les autorités brésiliennes et françaises, il ne fait plus de doute que ces débris sont bien ceux du vol AF 447. "Même si la confirmation formelle reste à obtenir en récupérant un débris et en effectuant une analyse technique, le doute n'est plus permis", a estimé le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, de l'état-major des armées à Paris.
Le premier bâtiment de la marine brésilienne est désormais proche de la zone de la catastrophe la plus grave de l'histoire d'Air France, à environ 1100 km au nord-est du littoral du Brésil. Sa mission sera de collecter les premiers débris. Experts et responsables politiques prévoient une enquête longue et difficile, que les boîtes noires de l'Airbus soient ou non retrouvées. Ces enregistreurs de vol, qui émettent pendant 30 jours un signal détectable à un kilomètre, pourraient reposer à des milliers de mètres de fond. "Je ne suis pas d'un optimisme total, on ne peut pas exclure qu'on ne retrouve pas les enregistreurs", a souligné le président du Bureau d'enquêtes et d'analyses, chargé d'éclaircir les causes de la catastrophe. Même si on les retrouve, "on n'a aucune garantie qu'on aura des informations utiles dedans".
Une fausse alerte à la bombe quatre jours avant la catastrophe
La marine brésilienne estime à 2000 à 3000 mètres la profondeur de l'océan dans les environs, les autorités françaises évoquant une profondeur encore supérieure. Quatre navires de guerre brésiliens sont en route avec des plongeurs à bord mais les mauvaises conditions de mer compliquent les opérations. Des équipements de recherche français capables de descendre jusqu'à 6000 mètres de fond doivent arriver dans le secteur dans une semaine.
Alors que les enquêteurs en sont encore au stade des conjectures, Air France a révélé mercredi avoir reçu le 27 mai - soit quatre jours avant la catastrophe du vol AF 447 - un appel téléphonique anonyme faisant état de la présence d'une bombe à bord d'un de ses vols en partance de Buenos Aires. Selon un porte-parole de la compagnie, l'appareil en question a été fouillé en vain et a pu décoller avec 90 minutes de retard sur l'horaire prévu. Et pour l'heure, tout ce dont le BEA dispose, c'est d'éléments sur l'entretien de l'avion, la météo et des messages automatiques de maintenance envoyés par l'appareil avant sa disparition. Son président a mis en garde les journalistes contre l'interprétation hâtive des premières informations, tout en soulignant "qu'aucun élément ne donne à pense que l'avion avait un problème avant son départ".
Mais si le BEA ne privilégie officiellement aucune hypothèse, une source proche de l'enquête citée par le Figaro évoque la piste d'une désintégration en vol compte tenu de la dispersion des fragments "sur une distance de plus de 300 km". Le président du Bureau d'enquêtes et d'analyses, invité du journal télévisé de France 2, a prévenu que la dispersion des éléments ne pouvait être interprétée pour le moment : "Cela fait quelques jours que l'accident a eu lieu et il y a des courants et du mauvais temps qui peut amener des dispersions". Il a aussi affirmé qu'à "(sa) connaissance", aucun message automatique n'indiquait de dépressurisation, contrairement à ce qu'affirmait Le Point mardi.
D'après agences
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