Les militaires ont arrêté le chef de l'Etat dans sa résidence présidentielle. © TF1/LCIL'armée hondurienne a chassé du pouvoir ce dimanche le président Manuel Zelaya, qu'elle a aussitôt expulsé vers le Costa Rica. Il s'agit du premier putsch militaire réussi en Amérique centrale depuis la fin de la guerre froide. La Cour suprême du pays s'est empressée de souligner que l'ordre d'arrestation avait été délivré par la justice, affirmant que "les événements d'aujourd'hui ont pour origine un ordre judiciaire émis par un juge compétent", peu avant la désignation par le parlement d'un successeur au président déchu : ce sera Roberto Micheletti, président du Congrès du Honduras.
Manuel Zelaya avait convoqué dimanche une consultation populaire jugée "illégale" par la Cour suprême. Le président, élu pour un mandat de quatre ans non renouvelable fin 2005, espérait ainsi ouvrir la voie à une révision de la Constitution afin de pouvoir briguer un deuxième mandat aux élections générales prévues le 29 novembre. Selon des sources gouvernementales, au moins 8 ministres du président, dont la ministre des Affaires étrangères, ont également été arrêtés. Du Costa Rica où il a été conduit par les militaires, le président déchu a appelé les Honduriens à la résistance pacifique face aux putschistes.
Chavez prêt à riposter
La crise couvait depuis plusieurs jours au Honduras, où Zelaya avait destitué le chef d'état-major, le général Romeo Vasquez, parce qu'il refusait de l'aider à organiser son référendum sur une modification de la Constitution. Dimanche soir, des centaines de partisans du président Zelaya ont manifesté en réclamant son retour devant la présidence. Selon CNN, Zelaya a demandé l'asile politique au Costa Rica. Selon lui, le "gouvernement usurpateur" ne peut pas et ne sera pas reconnu.
De son côté, le président Hugo Chavez a annoncé avoir placé l'armée vénézuélienne en état d'alerte et assuré qu'il pourrait intervenir militairement si l'on s'en prenait à l'ambassadeur du Venezuela au Honduras. Des soldats honduriens, a-t-il dit, ont enlevé l'ambassadeur de Cuba et ont passé à tabac l'ambassadeur du Venezuela, l'abandonnant sur le bas-côté, au cours de leur putsch. S'exprimant à la télévision nationale, il a assuré qu'il ferait tout ce qu'il faut pour "faire échouer" le putsch. "Nous ferons tomber" tout gouvernement hondurien investi après le putsch au Honduras, a-t-il assuré.
Washington dément toute implication
Le président américain Barack Obama a fait part de sa vive préoccupation face à l'arrestation et l'expulsion du président hondurien. "Comme l'Organisation des Etats américains l'a fait vendredi, j'appelle tous les acteurs politiques et sociaux au Honduras à respecter les normes démocratiques, l'état de droit et les principes de la charte démocratique interaméricaine", a-t-il déclaré dans un communiqué. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a également condamné le putsch militaire. L'Union européenne, dont les ministres des Affaires étrangères se trouvaient à Corfou pour une réunion de l'OSCE, a également condamné le putsch contre Zelaya. "Il s'agit d'une violation inacceptable de l'ordre constitutionnel", a déclaré le ministre tchèque des Affaires étrangères Jan Kohout, dont le pays assume la présidence de l'UE.
Zelaya a estimé que l'administration américaine devait exiger le retour au pouvoir du gouvernement légitime. Il a invité en outre Washington à spécifier si oui ou non les Américains avaient joué un rôle dans les événements en cours. Peu après, la Maison blanche a démenti avoir joué quelque rôle que ce soit dans les événements du Honduras. "Il n'y a eu aucune implication américaine dans les actes qui ont visé le président Zelaya", a assuré un responsable à la Maison blanche.
(D'après agences)
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