Florence Cassez, condamnée en appel à 60 ans de prison au Mexique © TF1-LCI
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"La France exprime sa profonde déception" devant ce rejet "unilatéral" par Mexico. Le communiqué vient du ministère français des Affaires étrangères mais les protestations semblent inutiles. Le président mexicain, Felipe Calderon, l'a annoncé lors d'une allocution télévisée lundi : Florence Cassez, 34 ans, détenue depuis décembre 2005 et qui clame depuis son innocence, devra purger sa peine de prison au Mexique. Paris tentait pourtant de faire transférer la détenue en France. Elle a été condamnée à 96 ans de prison, peine ramenée en appel à 60 ans, pour complicité dans un enlèvement.
Initialement, "les autorités mexicaines avaient exprimé leur disponibilité à examiner la possibilité d'un transfert" selon les dispositions de la Convention de Strasbourg, traité international prévoyant le transfert des détenus dans leur pays d'origine, a rappelé le ministère français des Affaires étrangères. Mais l'éventualité d'un transfert avait suscité de vives protestations dans la presse mexicaine et de la part des organisations de victimes d'enlèvements, dans un pays où les enlèvements font chaque année plus de 8000 victimes.
Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a déclaré mardi que "la France continuera à utiliser, à exploiter toutes les procédures internationales" pour obtenir le transfèrement de Florence Cassez. De son côté, Frank Berton, avocat de Florence Cassez, a estimé sur RTL que sa cliente était devenue "un otage politique". Pour l'avocat, "c'est un argument de campagne électorale, le président s'en sert pour démontrer qu'il lutte contre la délinquance", rappelant que les prochaines élections législatives au Mexique auront lieu le 5 juillet.
Florence Cassez : "Pour moi, c'est la mort"
Florence Cassez a été accusée de participation à des enlèvements en compagnie de son compagnon mexicain de l'époque, Israel Vallarta, présenté comme le chef d'une bande de ravisseurs. Il a avoué avoir commis des enlèvements, et affirmé que la jeune femme n'avait rien à voir avec ces agissements. Des victimes supposées de la bande, qui avaient affirmé sitôt leur libération ne pas reconnaître Florence Cassez, sont revenues sur leurs déclarations plusieurs semaines plus tard. Le gouvernement mexicain "est arrivé à la constatation que les conditions ne sont pas réunies qui lui permettraient de donner son consentement au transfert de Florence Cassez en France", a déclaré Felipe Calderon.
Le président français Nicolas Sarkozy avait évoqué le dossier de Florence Cassez avec son homologue mexicain lors de sa visite d'Etat au Mexique en mars dernier. D'éventuels recours pour obtenir le transfèrement de Florence Cassez doivent être décidés par la famille et ses avocats, a indiqué mardi le ministère français des Affaires étrangères. En qualifiant l'attitude mexicaine de "difficilement compréhensible", le porte-parole adjoint du Quai d'Orsay, Frédéric Desagneaux, a souligné qu'il appartenait "à la famille de Florence Cassez, à ses avocats de déterminer qu'elle est la meilleure manière de continuer le traitement de ce dossier". "Nous allons apporter à Florence Cassez toute l'assistance nécessaire, dont la protection consulaire", a ajouté le porte-parole. Interrogé pour savoir si la France avait convoqué au ministère l'ambassadeur mexicain à Paris pour des explications, Frédéric Desagneaux a répondu qu'un diplomate mexicain de l'ambassade à Paris avait "été reçu" mardi matin au ministère. "Nous lui avons fait part de notre déception", a-t-il dit.
"Pour moi, c'est la mort", a pour sa part réagi l'intéressée depuis sa cellule. "Je suis anéantie, il (le président Calderon) annonce clairement une peine de mort. Soixante ans au Mexique, pour moi, c'est la mort", a-t-elle déclaré au téléphone lors d'une réunion avec la presse organisée par son avocat, Frank Berton. "On a fait confiance au président Calderon qui avait dit le 8 mars qu'il était d'accord avec un rapatriement. Je me sens trahie", a-t-elle confié aux journalistes. "J'avais aussi toute confiance dans le président Sarkozy, mais aujourd'hui, on me condamne à mort, on me coupe tout espoir", a-t-elle ajouté, avant de lâcher : "je n'aurai pas la force pour l'amparo", l'équivalent du pourvoi en cassation au Mexique. "Je suis innocente, c'est plus qu'une injustice, c'est inadmissible, dégueulasse, je n'en peux plus", a-t-elle conclu, avant de raccrocher brutalement le téléphone.
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La justice mexicaine douche les espoirs de Florence Cassez



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