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AF447 : le Rio-Paris a-t-il fait demi-tour ?
La zone où ont été localisés les enregistreurs du vol AF447 Rio-Paris pourrait indiquer que l'appareil a fait demi-tour avant le crash. Le BEA dit se garder de "scénarios prématurés".
Publié le 10/05/2010
Les sondes Pitot, qui ont livré des mesures incohérentes dans le cas de l'A330 d'Air France disparu, permettent aux pilotes de contrôler la vitesse de leur appareil, un élément crucial pour son équilibre en vol. Ces sondes, appelées aussi "tubes de Pitot", sont nées au XVIIIe siècle des recherches d'un physicien français, Henri Pitot. Chaque avion est doté de deux ou trois centrales aérodynamiques, équipées de calculateurs qui permettent d'établir trois paramètres : la vitesse de l'avion, son altitude, et la température extérieure, explique Patrick Magisson, membre du comité technique du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL). Les valeurs présentées par chaque centrale doivent être cohérentes.
Les avions sont d'abord équipés de sondes anémométriques, qui prennent la forme de petites prises d'air placées sur le fuselage et qui calculent la pression atmosphérique, explique Air France. Les tubes de Pitot, eux, sont placés à l'avant de l'avion et calculent la pression "dynamique", c'est-à-dire celle à laquelle l'avion est soumis en traversant l'air. L'Airbus A330 en possède trois. La mesure de la vitesse de l'appareil est obtenue en calculant la différence entre la pression atmosphérique, statique, et la pression dynamique, ressentie par l'avion en vol. "La vitesse de l'avion est une des valeurs fondamentales pour le pilotage de l'avion. C'est elle qui le fait voler. Elle détermine son équilibre aérodynamique", explique Patrick Magisson.
Comment protéger les sondes en vol
Pour préserver ces précieuses sondes des conditions atmosphériques extrêmes rencontrées en vol, les ingénieurs les ont dotées d'une forme permettant d'éviter l'accumulation d'eau. Elles sont aussi réchauffées en permanence pour éviter la formation de glace. En outre, "les centrales sont conçues de telle manière que même si un des calculateurs ne fonctionne plus les autres ne devraient pas être affectés", souligne Patrick Magisson.
L'enquête du Bureau d'enquêtes et d'analyses a établi, à partir de messages envoyés par l'avion, "une incohérence des vitesses mesurées" par ces sondes, sans pouvoir l'expliquer ni la lier à des pannes de systèmes également détectées. Air France a pour sa part annoncé samedi qu'elle avait accéléré son programme de remplacement de sondes anémométriques sur ses A330 et A340, "sans préjuger d'un lien" avec l'accident.
D'après agence
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