Les premiers corps sont arrivés à Fernando de Noronha le 9 juin 2009 © ReutersTrois nouvelles victimes du crash de l'A330 d'Air France ont été retrouvées dans les eaux de l'Atlantique. Les corps ont été repêchés par la Marine brésilienne, portant le total des corps récupérés à 44, sur les 228 victimes du crash. Ces corps, les premiers repêchés depuis mardi, ont été repérés par des avions français puis récupérés par la Marine brésilienne et ont été transportés à bord de la frégate Constituiçao. 25 autres corps, qui se trouvaient sur la frégate Bosisio, ont été transférés sur l'île de Fernando de Noronha pour une identification préliminaire. Ils seront ensuite transportés à Recife samedi et dimanche pour des examens plus poussés.
A Paris, l'état-major français a indiqué de son côté que la frégate Ventôse avait récupéré plus de 130 morceaux de l'A330. Le premier des deux remorqueurs de haute-mer affrétés par la France était à Natal où il a embarqué un des deux "pingers locators" (sorte de sonar attaché à un cable long de plusieurs milliers de mètres et tiré sous l'eau) mis à disposition par l'armée américaine Ils doivent aider le sous-marin nucléaire français Emeraude à localiser les boîtes noires au fond de l'océan. Ce sous-marin, qui a commencé mercredi ses recherches à 1.350 km de la côte brésilienne, patrouille à petite vitesse, couvrant une zone de 20 nautiques de côté chaque jour en formant des "sillons" espacés de 2 nautiques, selon l'état-major français.
Plusieurs incidents ces derniers mois
L'enquête, elle, n'offrait pas de nouvelles avancées vendredi. Les syndicats ont mis en cause ces derniers jours les sondes défectueuses de l'Airbus A330, mais le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) chargé de l'enquête technique a souligné qu'il n'y avait "encore aucun lien établi" entre ces sondes et la catastrophe. Dans un rapport d'incidents de la compagnie de septembre 2008, Air France note que cinq incidents d'A330-A340 liés aux sondes Pitot de mesures de vitesses ont donné lieu à de faux messages d'alarmes, dont celui de "décrochage" ces derniers mois. Les cinq incidents figurent dans un rapport de sécurité (Air safety report, ASR) établi par la compagnie, daté du 12 septembre 2008, et authentifié par des pilotes de la compagnie. Pour assurer l'anonymat des pilotes, les dates des incidents, qui ont eu lieu dans les mois précédant ce type de rapport, ne sont pas mentionnnés.
Ils concernent un vol AF 279 sur A340 entre Tokyo et Paris, une liaison entre Paris-Roissy et Antananarivo, un AF 101 entre Canton et Paris, un AF 422 entre Paris-Roissy et Bogota, et un vol entre Paris-Roissy et New-York. "Ce sont tous des incidents graves", commente Guy Ferrer, du syndicat Alter, minoritaire chez Air France. "Ils sont tous liés aux Pitot dans des conditions de givrage ou de turbulences", a-t-il expliqué. Sur le vol Tokyo-Paris, "les premières actions de maintenance ont permis de mettre en évidence une obstruction des trous de drainage des 3 sondes Pitots... vraisemblablement à l'origine des perturbations anémométriques (mesure de vitesse) rencontrées sur cet avion", indique le document. Si le drainage ne peut se faire, la sonde peut givrer et provoquer des dysfonctionnements en chaîne dus à une mauvaise mesure de la vitesse.
"Stall stall stall"
Le document évoque un "reporting complet" fait à Airbus en raison "d'autres cas similaires rencontrés sur la flotte A330/A340" et "fréquemment rencontrés sur la flotte A320" pour laquelle les sondes ont été remplacées. Sur le Paris-Antananarivo, le pilote fait d'une alarme de vitesse incohérente, suivie de l'alarme "Stall stall stall" qui indique que l'appareil décroche. De même, le pilote du vol Paris-Bogota fait état de "pertes des 2 infos vitesse... avec alarme Stall". Alors qu'il commençait la procédure prévue en cas de décrochage et qu'il s'apprêtait à envoyer un "mayday" (SOS), les écrans sont revenus à la normale.
"C'est très stressant. C'est une alarme qui retentit avec un gros panneau qui clignote qu'on ne peut pas arrêter", a expliqué M. Ferrer. "Ce qui peut arriver c'est qu'on entre dans la mauvaise procédure à cause des alarmes", a-t-il dit. Selon les experts, plus l'altitude est élevée et plus la marge de manoeuvre d'un avion en matière de vitesse est réduite. A très haute altitude, la marge est d'environ 30 à 40 noeuds (entre 55 et 75 km/heure). Si la vitesse est trop faible, l'appareil risque de décrocher, et s'il va trop vite, il risque de se disloquer. La direction d'Air France s'est dite jeudi "pas convaincue que les sondes sont la cause de l'accident". Elle a accéléré son programme de remplacement des sondes Pitot sur les A330/A340, après l'accident.
D'après agence
L'A330 est "sûr" |
Thomas Enders, le patron allemand de l'avionneur européen Airbus, a pour la première fois vendredi pris la défense de ses appareils A330, en cause dans le crash du vol Rio-Paris. "L'A330 est l'un des meilleurs avions et parmi les plus sûrs jamais construit" a déclaré M. Enders dans un entretien au quotidien allemand Bild Zeitung. "Un avion Airbus décolle toutes les deux secondes dans le monde, prendre l'avion est et reste le plus sûr des moyens de transport", a-t-il ajouté. |
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