Barack Obama, en conférence de presse, le 22 juillet 2009 © ReutersSix mois après son investiture, Barack Obama a terminé son état de grâce outre-Atlantique. Même si sa cote de popularité avoisine encore les 55% -dix points de moins environ qu'en janvier-, le président américain essuie les premières vives critiques, y compris dans son camp, et les premiers doutes de l'opinion sur deux sujets primordiaux : la lutte contre la crise économique et la réforme du système de santé.
Ce dernier est l'un des plus chers et les moins performants des pays industrialisés. L'objectif est notamment d'offrir une couverture médicale à 46 millions d'Américains qui en sont dépourvus. Sans surprise, les républicains y sont farouchement opposés, mais aussi les démocrates les plus conservateurs, inquiets de son coût alors que le déficit fédéral vient de dépasser les 1.000 milliards de dollars. En son temps, Bill Clinton s'était cassé les dents sur une réforme similaire, alors menée par sa femme Hillary Clinton, aujourd'hui ministre des Affaires étrangères.
700 dollars par mois, mais pas de prise en charge
Mercredi soir, le locataire de la Maison-Blanche est donc monté au front s'expliquant devant la presse. Il a défendu pied à pied son projet, assénant qu'il sera adopté quoi qu'il arrive avant la fin de l'année. "Nous adopterons une réforme diminuant les coûts, encourageant la liberté de choix et octroyant une couverture santé sur laquelle tous les Américains pourront compter. Et nous le ferons cette année", a martelé Barack Obama.
Il a une nouvelle fois stigmatisé un système dans lequel les traites d'assurance maladie ne cessent d'augmenter pour des prestations de plus en plus médiocres, où de plus en plus de familles doivent renoncer à toute couverture tandis que les compagnies d'assurance s'enrichissent. Pour appuyer son propos, il a cité le cas d'une femme du Colorado qui payait son assurance 700 dollars par mois avant de découvrir qu'elle ne prendrait pas en charge le traitement de son cancer.
"La déficit, c'est Bush"
Face aux critiques sur le coût, le président américain a beaucoup insisté sur le fait que la réforme ne videra pas davantage les caisses de l'Etat : "la dette et le déficit sont des sujets de profonde préoccupation pour moi. La réforme de la santé n'augmentera pas le déficit. Elle est conçue pour le diminuer", a-t-il noté, rappelant que le déficit fédéral de 1.300 milliards provenait de son prédécesseur, George W. Bush.
Outre la santé, Barack Obama a défendu son action économique, comme son plan de relance basé sur les grands travaux, ses mesures de stabilisation du système financier et les mesures de régulation des activités financières. Il a aussi déploré à nouveau que Wall Street, notamment les banques, qui s'apprêtent à distribuer des bonus faramineux à leurs principaux collaborateurs, n'ait pas semblé retenir la leçon de la crise. Alors que le chômage menace de dépasser 10% à la fin de l'année, il a enfin prévenu : "Les embauches sont toujours l'une des dernières choses à repartir après une récession".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




