Les militaires ont arrêté le chef de l'Etat dans sa résidence présidentielle. © TF1/LCINouveau rebondissement dans la crise politique au Honduras. Depuis que le président destitué, Manuel Zelaya, a confirmé samedi soir qu'il retournerait ce dimanche dans son pays, la tension monte à Tegucigalpa. Dans l'après-midi, le gouvernement provisoire a annoncé qu'il interdisait d'atterir à tout avion qui transporterait le président déchu. "L'atterrissage est interdit à l'avion qui amènera l'ex-président", a déclaré à la radio le ministre, Enrique Ortez. "Peu importe qui l'accompagnerait. Quel que soit l'appareil, l'atterrissage est interdit." Les nouvelles autorités ont menacé de l'arrêter dès qu'il foulera le sol hondurien et ordonné à l'avion du président de se diriger vers le Salvador.
M. Zelaya a réitéré son intention de partir dimanche "à la mi-journée" pour le Honduras, dans l'espoir d'être rétabli dans ses fonctions. Dans les rues de la capitale, les partisans de l'ancien chef d'Etat ont commencé à affluer. Leur leader les a appelé à venir "l'accueillir sans armes." Manuel Zelaya a ensuite ordonné à l'armée de lui ouvrir l'aéroport de Tegucigalpa, dans une déclaration retransmise par la chaîne internationale Telesur, basée à Caracas. "Je suis le commandant général des Forces armées, élu par le peuple, et je demande à l'état-major des Forces armées d'obéir à l'ordre d'ouvrir l'aéroport afin de n'avoir aucun problème pour atterrir et embrasser mon peuple", a lancé M. Zelaya, depuis l'avion qui le ramène au Honduras.Le dirigeant, qui a été renversé il y a une semaine lors d'un coup d'Etat, s'est envolé de Washington pour Tegucigalpa.
Dans la nuit de samedi à dimanche, L'Organisation des Etats Américains (OEA) s'est transformée en caisse de résonance de la revendication de Manuel Zelaya de rentrer dans son pays comme président légitime du Honduras. L'OEA a clairement soutenu M. Zelaya en approuvant à l'unanimité - moins la voix du Honduras qui n'a pas participé au vote - une résolution excluant ce petit pays d'Amérique centrale de ses rangs. L'OEA n'avait auparavant écarté qu'un seul pays: Cuba en 1962, et vient de lui rouvrir ses portes. Le Honduras est dirigé depuis une semaine par un gouvernement que les membres de l'OEA refusent de reconnaître. La résolution adoptée lors d'une assemblée générale extraordinaire à Washington presse aussi les "Etats membres de l'OEA et les organisations internationales de revoir leurs relations avec le Honduras".
Le président évincé a été chassé du Honduras lors d'un coup d'Etat le 28 juin. Il appelle depuis le nouveau gouvernement hondurien à lui rendre son poste, le qualifiant de "secte criminelle". Au pouvoir depuis janvier 2006, M. Zelaya qui a effectué un net virage à gauche au cours de son mandat, a été expulsé manu militari dimanche pour avoir tenté d'organiser une consultation populaire sur la possibilité de briguer un second mandat présidentiel, démarche jugée illégale par la Cour suprême.
(D'après agences)
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