Zelaya, un tour dans les airs et puis s'en va

le 06 juillet 2009 à 07h13 , mis à jour le 06 juillet 2009 à 08h36

Manuel Zelaya n'a pu débarquer dimanche à Tegucigalpa, où l'armée l'a empêché de se poser, obligeant son appareil à se détourner vers le Nicaragua avant de rallier le Salvador.

Les partisans du président destitué face à l'arméeLes partisans du président destitué face à l'armée © REUTERS

Il avait annoncé son retour dans son pays, malgré l'opposition du régime qui l'a destitué. Mais Manuel Zelaya a dû déchanter ; et c'est finalement au Salvador, après une tentative infructueuse d'atterrissage à Tegucigalpa et une escale à Managua, que le président déchu du Honduras est arrivé dimanche soir.

Manuel Zelaya avait bravé ses adversaires qui l'ont exilé il y a une semaine en "ordonnant" à l'armée de lui ouvrir l'aéroport, puissamment gardé par un dispositif militaire - et alors même qu'il était menacé d'une "arrestation immédiate" à son arrivée. Pourtant, alors que son appareil tentait de se poser à Tegucigalpa, les soldats ont obstrué la piste de l'aéroport de la capitale hondurienne avec des véhicules, après avoir tiré sur les partisans du président destitué qui tentaient de forcer leurs barrages, faisant deux morts et deux blessés. Le dirigeant déchu a expliqué que ses pilotes ont également été avertis qu'ils allaient "être interceptés par des avions des Forces aériennes" s'ils persistaient à vouloir atterrir.

Appels répétés aux Etats-Unis

"Si j'avais eu un parachute, j'aurais sauté de cet avion", a-t-il affirmé dans un entretien à la chaîne internationale Telesur, confirmant qu'il voulait "rentrer au pays". "Si ce n'est pas possible maintenant, nous le ferons demain ou plus tard", a-t-il insisté. Quant à ses partisans, au nombre de 30.000 environ, ils se sont retirés des abords de l'aéroport quand son avion s'est définitivement éloigné.

Manuel Zelaya ne s'avoue pas battu : il a précisé qu'il allait rejoindre "des présidents alliés" au Salvador, où sont arrivés dans l'après-midi de dimanche les chefs d'Etat de l'Equateur et de l'Argentine, Rafael Correa et Cristina Kirchner, en compagnie du secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), Jose Miguel Insulza. Et pour le président déchu du Honduras, désormais, "la responsabilité revient aux grandes puissances, notamment les Etats-Unis" pour prendre "des actions immédiates contre ce régime putschiste".

L'isolement croissant du régime hondurien

Le président vénézuélien Hugo Chavez avait quant à lui rappelé dimanche aux autorités du Honduras qu'elles seraient tenues pour "responsables devant le monde entier" de la sécurité du dirigeant destitué lors de son retour au pays. Chef de file de la gauche anti-libérale dans la région, il demandé à son homologue américain Barack Obama de "clarifier" la position de son gouvernement, disant craindre que le coup d'Etat soit "soutenu par l'impérialisme yankee".

De leur côté, les nouvelles autorités du Honduras, plus que jamais isolées sur la scène internationale, ont proposé un "dialogue de bonne foi" à l'OEA, qui les avait exclues de ses rangs dans la nuit. Roberto Micheletti, le nouveau chef de l'Etat désigné, a également dénoncé des mouvements de troupes au Nicaragua en direction de la frontière commune. Des accusations immédiatement rejetées par le président nicaraguayen Daniel Ortega. Mais ce n'est pas la seule menace pour le nouveau régime hondurien : condamnés par l'ONU, l'OEA et l'Union européenne, les adversaires de Manuel Zelaya ont automatiquement été privés de l'essentiel des financements internationaux indispensables à leur pays, où 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté.

D'après agence

le 06 juillet 2009 à 07:13
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