Comment le présumé bourreau s'est finalement trahi

le 30 août 2009 à 11h05 , mis à jour le 30 août 2009 à 11h12

Deux femmes à l'origine de la libération de Jaycee Dugard racontent comment le ravisseur s'est trahi en présentant deux fillettes comme ses filles.

jaycee dugard centre des enfants disparusAvis de recherche de Jaycee Dugard, à 11 ans, et avec son visage vieilli © Center for missing kids

De fil en aiguilles, c'est Phillip Garrido lui-même qui a permis à la police de retrouver Jaycee Dugard, disparue depuis 18 ans en Californie. Le début de la fin pour le ravisseur présumé de la jeune femme a commencé alors qu'il se trouvait sur le campus de l'Université de Berkeley, près de San Francisco. Phillip Garrido s'était présenté lundi à Lisa Campbell, une  responsable de l'université chargée de l'événementiel, en vue d'organiser sur le campus un événement qui devait selon lui "changer le monde", autour d'un livre sur la schizophrénie, "parlant du rôle de l'Etat, du FBI et dans lequel  l'Université de Berkeley était impliquée", raconte-t-elle au quotidien local Sacramento Bee. Son comportement était "bizarre", selon elle, tout comme celui des deux enfants qui l'accompagnaient, qui s'avéreront être les filles de Jaycee, âgées de 15 et 11 ans.
 
Lisa Campbell lui a demandé de revenir le lendemain, ce qu'il a fait, toujours avec les deux enfants. Une policière de l'université, Allison Jacobs, avertie par Lisa Campbell, était également présente. Elle s'était renseignée sur le passé de délinquant sexuel de Garrido. La policière affirme, dans le Sacramento Bee, que Garrido lui a immédiatement dit avoir été, dans le passé, "arrêté pour enlèvement et viol", et assuré avoir changé depuis. L'homme était en effet sous contrôle judiciaire à vie, après avoir fait de la prison pour un enlèvement et un viol, dans les années 1970. L'officier raconte avoir été très marquée par les enfants. "Elles étaient comme des robots. Elles étaient extrêmement, extrêmement pâles avec des yeux bleus pénétrants. J'ai eu une impression bizarre", dit-elle. Selon elle, les enfants appelaient Garrido "Papa" et la plus jeune a affirmé qu'elles avaient une grande sœur.
 
"Je suis très fier de mes filles..."
 
Phillip Garrido "tremblait beaucoup, mais pas de peur, c'était plutôt nerveux, comme quand on doit parler devant une foule", raconte Allison Jacobs. Ne sachant trop si elle pouvait arrêter l'étrange individu, l'officier l'a laissé partir en lui disant qu'elle reviendrait vers lui au sujet du permis pour son événement. En partant, Garrido lui a lancé : "Je suis très fier de mes filles. Elles ne  connaissent aucun gros mot. Elles ne savent rien de mauvais sur le monde". Dès le départ de l'étrange famille, la policière a appelé l'officier chargé du contrôle judiciaire de Garrido, et lui a dit qu'elle avait vu le suspect avec ses deux enfants. "Il m'a dit que Garrido n'avait pas d'enfants. Mon sang n'a fait qu'un tour", dit-elle.
 
Suite à cet entretien, l'officier chargé du contrôle judiciaire a convoqué le suspect, qui s'est présenté mercredi avec sa femme Nancy, 54 ans, les deux filles, et une certaine Allissa. Après vérification, il s'est avéré qu'Allissa était en réalité Jaycee Dugard, enlevée en 1991 et aujourd'hui âgée de 29 ans, et que les deux filles n'étaient autres que ses enfants, conçus avec Garrido pendant sa captivité. Les premiers éléments de l'enquête ont révélé que toutes trois ont été séquestrées au fond du jardin familial, dans un taudis de cabanons et de tentes  à Antioch, à 70 km à l'est de San Francisco. Accusés de 29 chefs d'inculpation, parmi lesquels viol, enlèvement et  séquestration, les Garrido ont plaidé non coupables vendredi. Ils sont aujourd'hui sous les verrous.

D'après agence

le 30 août 2009 à 11:05
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2 Commentaires

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  • Claire, le 31/08/2009 à 16h05

    Comment oser plaider "non coupable" ??

  • Chamaloux, le 30/08/2009 à 13h49

    Pour une fois KAFKA aura eu tort et le fichage des individus - délinquants bien entendu ! - aura permis l'heureux dénouement de cette sordide affaire ! reste le désastre humain pour la famille des victimes et il faudra des années à toutes ces personnes pour tourner la page , l'oubli semblant impossible ! courage à ces gens qui auront besoin d'énormes soutiens pour se retrouver ! bravo à la perspicace policière qui mérite les honneurs de son pays !

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