La perceuse qui relance l'enquête sur les tortures

le 25 août 2009 à 07h08 , mis à jour le 25 août 2009 à 09h57

Après les dernières révélations sur les interrogatoires de suspects de terrorisme, un procureur va enquêter sur les méthodes de l'agence de renseignement.

Guantanamo Cuba terrorisme campImage d'archives : le camp de Guantanamo © REUTERS

C'est la lecture d'un rapport de l'Inspecteur général de la CIA datant de 2004, dont des extraits ont été rendus publics lundi, qui a convaincu le ministre américain de la Justice de rouvrir plusieurs dossiers de violences contre des détenus suspects de terrorisme que ses prédécesseurs avaient classés.

Ce rapport raconte comment des agents de la CIA ont menacé le cerveau autorevendiqué des attentats du 11-Septembre, Khaled Cheikh Mohammed, de tuer ses enfants s'il ne parlait pas. Il détaille également comment le principal suspect dans l'attentat contre le navire américain USS Cole en 2000, Abdel Rahim al-Nachiri, a été menacé d'un revolver puis d'une perceuse électrique en marche avant que les interrogateurs lui laissent entendre qu'ils pourraient violer sa mère en sa présence. Selon le rapport, des pastiches d'exécution sommaire figuraient également dans l'éventail des méthodes d'interrogatoire unanimement condamnées lundi par les organisations de défense des droits de l'Homme.

Le ministre de la Justice a donc annoncé la nomination d'un procureur pour enquêter sur les méthodes violentes utilisées par la CIA dans le cadre des interrogatoires antiterroristes. "Les informations que j'ai en ma possession justifient l'ouverture d'une enquête préliminaire pour savoir si les lois fédérales ont été violées dans le cadre des interrogatoires de certains détenus hors des Etats-Unis", a expliqué Eric Holder. Il a précisé avoir décidé de confier cette "enquête préliminaire" à John Durham, un procureur nommé par son prédécesseur en 2008 pour enquêter sur la destruction par la CIA de 92 vidéos d'interrogatoires.

"De l'histoire ancienne"

Celui-ci lui fera des recommandations quant à l'éventuelle nécessité de mener une "investigation complète", sans pour autant présumer que "des poursuites suivront automatiquement", a assuré le ministre. Barack Obama s'est toujours dit opposé à des poursuites judiciaires contre les politiques antiterroristes pratiquées sous l'administration Bush, estimant qu'il valait mieux "aller de l'avant que regarder en arrière". Toutefois, la Maison Blanche a tenu à faire savoir, dans un communiqué laconique, que "la décision finale de savoir si quelqu'un a violé la loi est prise en toute indépendance par le ministre de la Justice".

Neuf sénateurs républicains se sont déjà dits "profondément déçus" de cette décision. Dès avant la révélation de ce rapport, le directeur de la CIA, Leon Panetta, nommé par Obama dès son arrivée à la Maison Blanche, avait estimé que les faits relatés étaient "de l'histoire ancienne".

Un peu plus tôt lundi, des hauts responsables de l'administration ont annoncé que le président Obama avait approuvé la création d'une nouvelle unité transversale chargée de conduire les interrogatoires de terroristes présumés. La nouvelle unité s'installera dans les locaux du FBI et sera supervisée par le Conseil pour la sécurité nationale, à la Maison Blanche, retirant de fait à la CIA - qui y participera néanmoins - le monopole des interrogatoires antiterroristes.

D'après agence

le 25 août 2009 à 07:08
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

5 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Cyril, le 26/08/2009 à 12h57

    Autre chose, si vous croyez que les aveux obtenus sous la tortures sont fiables, alors je vous plains.

  • Eric, le 25/08/2009 à 17h13

    Même si je ne plains pas les terroristes (et à condition qu'ils le soient vraiment, c'est parfois des innocents un peu trop "bronzés" qui le subissent), comment expliquer aux autres peuples que l'on défend la liberté en utilisant les mêmes méthodes que les terroristes ?? Comment expliquer aux pays arabes que l'on massacre et torture les leurs mais que c'est pour leur bien, que nous on a le droit de faire ça alors que les autres qui font pareil sont les méchants, eux ?

  • Chartonsaves, le 25/08/2009 à 16h39

    Soyons clair, toute torture implique la violence extrème, sans aucune limite morale ou de conscience. Cela est valable dans tous les pays , sous tous les régimes etc.. Comme toute dictature, qu'elle soit religieuse, économique, etc implique des camps de concentration, des tortures. Il y aura toujours, dans les gouvernements ou les organisations qui pratiquent ce genre de choses, quelq'un pour justifier cela et des naifs pour croire aux explications. Il suffit juste de trouver le bon chemin dans l'esprit de la personne qui écoute. N'ayons aucune illusion sur la capacité de l'homme dans ces domaines aussi bien dans la réalisation que dans le mensonge. Et n'oublions pas que la violence est le refuge de l'incompétence.

  • Lolo, le 25/08/2009 à 13h55

    Et on veut obtenir des informations avec un bouquet de fleurs et un café ??

  • Le.grognon, le 25/08/2009 à 13h22

    Faut-il faire la guerre avec des fleurs?J'approuve totalement la pratique de la torture contre ces sauvages de fondamentalistes.D'ailleurs eux ne se genent pas!!!

Lire tous les commentaires

      logAudience