© TF1-LCIDans la nuit du 31 mai au 1er juin, un Airbus A330 d'Air France faisant la liaison Rio-Paris s'abîmait dans l'océan Atlantique avec 216 passagers et 12 membres d'équipage. Il y avait notamment 58 Brésiliens et 72 Français à bord. Trois mois après le crash, les causes exactes du drame restent toujours inconnues. Tout au plus le BEA a-t-il estimé qu'une défaillance des sondes Pitot qui mesurent la vitesse de l'appareil était "un élément, mais pas la cause" de l'accident.
Paul-Louis Arslanian, le directeur du Bureau d'enquêtes et d'analyses, chargé de l'enquête technique sur le crash, a dû reconnaître lundi ce manque de résultat en s'exprimant une nouvelle fois devant des journalistes, réunis par l'Association des Journalistes de la Presse Aéronautique et de l'Espace. Mais il a aussi annoncé que les recherches des boîtes noires de l'AF447 devaient "reprendre à l'automne".
"Ne pas passer à côté de nouveaux indices"
Sans succès, une première phase de recherches acoustiques des enregistreurs de vol avait pris fin mi-juillet, date à laquelle leurs balises devaient cesser d'émettre. Une deuxième phase avait ensuite été menée par le Pourquoi Pas, un navire de l'Institut français de la recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), avec deux véhicules de plongée, le sous-marin Nautile et le robot Victor. La profondeur des fonds et la taille du périmètre de recherches, que Paul-Louis Arslanian compare à la superficie de la Suisse, ont été régulièrement citées comme les principales difficultés auxquelles les enquêteurs ont été confrontés.
La troisième phase, destinée à localiser l'épave de l'avion, devrait mobiliser de nouveau plusieurs moyens sous-marins. "Il ne s'agit pas d'avoir seulement des promesses pour l'argent. Il faut savoir qui va contribuer financièrement et comment", a souligné Paul-Louis Arslanian. Le directeur du BEA a aussi indiqué que la France compte élargir à de nouveaux pays la troisième phase de son enquête sur les causes de l'accident du vol Rio-Paris "de façon à amener un maximum de dimension internationale et à saisir toutes les chances de ne pas passer à côté de nouveaux indices".
Soupçons et sondes remplacées
Pour l'heure, et sur la foi des soupçons de défaillance des capteurs de vitesse, Air France-KLM a annoncé le 31 juillet le remplacement prochain sur ses A330 et A340 d'une partie des sondes de vitesse Pitot fabriquées par Thales par des modèles conçus par le groupe américain Goodrich. Airbus, constructeur de cette famille d'appareils et principale division du groupe européen EADS, a recommandé à ses clients d'équiper les A330 et A340 d'au moins deux capteurs de vitesse Goodrich sur trois. De son côté, l'Agence européenne de la sécurité aérienne a recommandé l'interdiction du plus ancien des capteurs de vitesse Thales, lequel équipait l'A330 du vol AF447.
Paul-Louis Arslanian a également annoncé que le BEA avait reçu lundi les enregistreurs de vol de l'A310 de la Yemenia. L'appareil s'est abîmé le 30 juin au large des Comores avec 153 personnes à son bord dont 65 Français. Seule une adolescente franco-comorienne a survécu à l'accident.
D'après agence
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