Le club de sport où a eu lieu la fusillade à Bridgeville, en Pennsylvanie, le 4 août 2009 © Reuters
George Sodini, l'homme de 48 ans qui a tué trois femmes avant de se suicider mardi soir lors d'un cours dans le club de sport dont il était membre à Bridgeville, près de Pittsburgh, en Pennsylvanie, avait annoncé son geste sur Internet.
Il tenait en effet apparemment depuis novembre un blog dans lequel il laissait échapper sa haine des femmes. A la veille de la tuerie, il écrivait ainsi : "J'ai pris ma journée, ce lundi, pour m'entraîner et faire en sorte que tout soit nickel... Demain, c'est le grand jour". Le blog, qui doit encore être authentifié par la police, a été retiré du réseau mercredi. La page révélait une photo de son auteur sous les traits d'un homme blanc et mince aux tempes grisonnantes vêtu d'une chemise bleue.
"Les femmes ne me regardent jamais"
Dès le 5 novembre 2008, au lendemain de l'élection présidentielle américaine, George Sodini confiait qu'il voulait "le faire pendant l'été" mais qu'il avait préféré attendre pour connaître le résultat du scrutin. En décembre, il fixait au 6 janvier la date du passage à l'acte. Mais le jour prévu, il se dégonfle : "Il est 20H45, j'ai eu la trouille ! Merde ! J'ai apporté les fusils chargés, tout comme prévu. Quel enfer !" Pendant neuf mois, l'homme déverse sa rancœur envers le sexe opposé. "Je ne comprends pas. Je ne suis ni laid ni particulièrement bizarre. J'ai pas fait l'amour depuis juillet 1990 (j'avais 29 ans)", écrit-il. "La dernière fois que j'ai passé la nuit avec une fille, c'était en 1982. C'est la preuve qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Les filles et les femmes ne me regardent jamais NULLE PART. Il y a quelque chose qui ne marche VRAIMENT pas chez moi".
L'homme se plaint de son frère, qu'il qualifie de brute, et de sa relation distante avec son père. En avril, il confie sa crainte d'être licencié, alors que la récession détruit de plus en plus d'emplois. Par une sinistre ironie, l'auteur explique que le gymnase l'aide à combattre ses problèmes psychologiques. "Ma colère et ma rage sont largement parties depuis que je me suis mis aux haltères", témoigne-t-il. Mais il reste obsédé par sa fin : "C'est comment d'être mort ? J'ai toujours l'impression d'oublier quelque chose, c'est pour ça que j'ai annulé. Cette fois, je ne pourrai pas retourner prendre ce que j'ai oublié".
Dans son dernier message, il s'inquiète d'une rencontre qu'il vient de faire avec un sympathique voisin, de peur que cela ne le détourne de son projet. "Je dois rester concentré et TOTALEMENT absorbé", écrit-il. "La mort vit" sont ses derniers mots.
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